Délégation de l'Union européenne en Tunisie

Les jeunes en Tunisie - Permettre à cette grande richesse de fleurir

08/12/2017 - 10:04
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La jeunesse au cœur du soutien de l'UE à la Tunisie

Yassine, jeune ingénieur agronome tunisien, voit son avenir en Tunisie. "Ce qui me motive c'est de pouvoir bien vivre ici en Tunisie, de ne pas être obligé d'immigrer vers un autre pays" dit-il. Yassine a créé sa start-up et il est aujourd'hui l'un des premiers à produire des intrants biologiques pour l'agriculture. Comme Yassine, des milliers de jeunes Tunisiens débordent d'idées innovantes et d'envie de lancer des projets professionnels ambitieux.

La révolution de 2011 a suscité un élan d'espoir et d'optimisme parmi les jeunes Tunisiens et dans toute la région. Six ans plus tard, ces aspirations au changement ne les ont pas quittés. Les jeunes Tunisiens veulent jouer un plus grand rôle dans la construction de leur pays et être impliqués à tous les niveaux. Et même s'il reste encore de nombreux défis à relever, l’énergie et le potentiel sont là, immenses - 30% des Tunisiens ont moins de 30 ans.

"Les jeunes Tunisiens sont quotidiennement confrontés à de nombreux problèmes. Nous avons besoin d'emplois et d'opportunités pour gagner notre vie! Ensuite, nous ne sommes pas représentés dans les différents secteurs de notre société,” explique AbdelAziz en décrivant son sentiment, avant de se rendre compte qu'il pourrait avoir un rôle et changer les choses.

Après la révolution, AbdelAziz, 24 ans, a éprouvé le besoin de se sentir acteur à part entière de son avenir et de celui de son pays.

"Comment pouvons-nous être entendus quand nous nous exprimons?” s'interroge-t-il.

La vie d'AbdelAziz a basculé lorsqu'il a commencé à croire en l'engagement civique et la «citoyenneté». A 24 ans, il se retrouve engagé avec d'autres jeunes dans la reconstruction de son pays © UNESCO

Depuis la révolution, des efforts sont déployés par les autorités tunisiennes pour mettre en place une politique en faveur de la jeunesse qui réponde aux attentes et aux besoins de celle-ci. Le Ministère des Affaires de la Jeunesse et du Sport travaille sur une stratégie nationale intégrée pour la jeunesse à l’horizon de 2030. La société civile tunisienne, aussi très engagée à soutenir les ambitions des jeunes Tunisiens, agit pour faire entendre leur voix et lancer des actions concrètes qui touchent à leur quotidien.

Dans ses actions en faveur des jeunes, la Tunisie peut compter sur le soutien de l'Union européenne qui s'engage fortement pour accompagner le pays dans la consolidation de sa transition démocratique. "La Tunisie peut compter sur l'UE, en gardant constamment à l'esprit surtout la situation de la jeunesse tunisienne... Notre objectif reste toujours d'offrir aux jeunes Tunisiens des possibilités d'avenir et aussi leur place dans le présent du pays, dans la société du pays", a déclaré la Haute Représentante Mogherini lors de sa dernière visite en Tunisie.

 

La Haute Represent ante Federica Mogherini dialoguant avec des jeunes tunisiens 

Dans le cadre de leur partenariat privilégié, l'Union européenne et la Tunisie ont lancé le 1er décembre 2016 le Partenariat UE-Tunisie dédié à la jeunesse.  Ce partenariat renforce l'appui de l'UE à la jeunesse tunisienne dans plusieurs domaines: l'éducation, la formation et l'insertion professionnelle avec une attention particulière aux zones les plus défavorisées, la mobilité d'étudiants et des jeunes, ainsi que leur participation dans la vie publique.  Cet appui à travers des activités en cours dans tous ces domaines s'élève à environ €400 millions.

"Notre but est de permettre à cette grande richesse  -la jeunesse- de fleurir. Il est urgent de trouver la façon de leur donner une perspective plus forte pour leur développement personnel et professionnel, par la création d'emplois, mais aussi par la formation professionnelle ou l'éducation et la participation politique", a expliqué la Haute Représentante Mogherini.

Depuis le lancement du Partenariat, près de 1800 étudiants et universitaires ont bénéficié d'une mobilité entre l'UE et la Tunisie, soit le triple par rapport à l'année 2016, grâce au renforcement du programme Erasmus+.

Chadhe Brahem, étudiante de Mastère en littérature anglaise de 25 ans, a bénéficié d'un échange à l’Aristotle University of Thessaloniki en Grèce, dans le cadre du programme Erasmus+. « Ça a été l’une des plus belles expériences de ma vie avec un des plus riches programmes d’Europe dans ma spécialité. J’ai eu la chance d’étudier avec des jeunes venant du monde entier : Allemands, Russes, Français, Grecs, Italiens etc., avec lesquels j’ai eu des échanges très enrichissants. »

Chadhe Brahem

 

Le Partenariat apporte aussi un soutien à l’entrepreneuriat, et en 2017 plus de 61 000 jeunes ont bénéficié d'un accès à des microcrédits pour lancer ou développer leurs entreprises et projets.

A l'occasion de la célébration de la première année du Partenariat pour la jeunesse, 14 jeunes Tunisiens, venant des domaines de la culture, de l'entrepreneuriat et de l'enseignement supérieur et provenant de différentes régions, ont présenté au Président de la République tunisienne leurs parcours, ainsi que les défis qu'ils ont rencontrés. Ils ont également témoigné de l'impact que les programmes européens ont eu dans leur vie quotidienne et pour leur futur. 

 

Renforcer le soutien de l'UE à la Tunisie

Notre objectif est de lutter ensemble contre le chômage important chez les jeunes, de réduire les disparités sociales, de soutenir la société civile et la réforme de l'administration publique, de mieux gérer les migrations et la mobilité, de combattre la corruption et de résoudre les problèmes d'ordre sécuritaire.

Dans le même temps, nous continuerons à soutenir la mise en œuvre de la Constitution tunisienne et le renforcement des institutions démocratiques du pays et de la société civile tunisienne, de même que la promotion et le respect des droits de l'homme. L'UE est convaincue qu'il est dans notre intérêt commun de favoriser un rapprochement et de renforcer le dialogue entre l'UE et la société tunisienne, au moyen de contacts et d'une mobilité accrus.

Il importe pour ce faire de reconnaître le rôle essentiel joué par la culture dans le développement politique, social et économique. Dans le cadre de son soutien, l'UE continuera à être particulièrement attentive aux jeunes et aux femmes et à associer systématiquement la société civile à son action.
 

Se sentir acteur à part entière

C'est en 2013 que la vie d'Abdel-Aziz a pris un nouveau tournant, lorsque son professeur d'université lui conseille de rejoindre un club d'étudiants.

"J'ai donc rejoint '2main tu crées' et avant que je ne le sache, j'étais profondément impliqué dans la société civile. Le président du club m'a recommandé pour représenter l'association au sein du projet NET-MED Jeunesse, financé par l'UE et mis en œuvre par l'UNESCO. Je ne pouvais pas y croire! J'avais l'habitude de voir l'UNESCO à la télévision et d'en entendre parler dans les nouvelles, pensant que c'était un endroit réservé aux ambassadeurs. Je ne savais pas que l'UNESCO travaille aussi avec les jeunes."

AbdelAziz explique que les consultations, sessions de formation et échanges qu'il a eus avec différents interlocuteurs allant de responsables ministériels, universitaires, chercheurs, aux organisations de la société civile et d'autres, lui ont appris davantage sur la défense des droits des jeunes et sur la situation des jeunes en Tunisie. "J'ai à présent une vue d'ensemble de la situation. Je peux mieux comprendre la vision de nos partis politiques et de nos décideurs en matière d'inclusion des jeunes", dit-il.

 

Il est convaincu que de nombreuses questions peuvent être résolues si un dialogue est établi entre les jeunes et les institutions publiques. "Si nos décideurs s'assoient pour nous écouter et répondre à nos besoins, nous serons moins attirés par les forces négatives qui gâchent nos vies. Donc, avec d'autres membres de NET-MED Jeunesse, nous avons élaboré un plan. Mais d'abord, nous voulions commencer petit et tester notre plan", explique Abdel Aziz.

Avec ses pairs de NET-MED Jeunesse, AbdelAziz a commencé à travailler à l'élaboration d'une politique publique orientée vers la jeunesse à plus petite échelle, à Kalaat al Andalous - une commune située à 37 km de Tunis. 

Ils ont réuni les organisations de la société civile locale, les jeunes et les décideurs communaux lors d'une réunion à la mairie. Les jeunes avaient beaucoup à proposer pour améliorer leur ville. Les décideurs ont interagi avec eux, écouté leurs idées et finalement donné le feu vert à trois projets: un espace récréatif pour les jeunes et les familles; une maison de la culture et un musée pour promouvoir le patrimoine culturel de la commune; et des espaces TIC permettant aux jeunes d'apprendre et d'accéder à l'information.

 

Un potentiel qui ne demande qu'à éclore

Abdel-Aziz, n'est qu'un exemple parmi tant de jeunes Tunisiens qui aspirent à jouer un plus grand rôle dans la construction de leur pays et à y être impliqués à tous les niveaux. Et ce, pas seulement avec l'ambition d'améliorer leur situation personnelle. 

La société civile tunisienne que l'on a vu émerger au lendemain de la révolution regorge de jeunes femmes et hommes décidés à créer un changement positif dans le pays. Des jeunes femmes et hommes tout aussi motivés sont en train de changer le paysage de l'entreprenariat en Tunisie en y introduisant des idées et pratiques innovantes.

Yassine, le jeune agronome, a pu réaliser son projet d'entreprise après avoir bénéficié de formations dans le cadre de projets européens.  Des formations grâce auxquelles il a pu acquérir des compétences dans le domaine de l'entreprenariat et concrétiser son projet.  

 

Comme Yassine, mais dans un autre domaine, Nesrine, une jeune Tunisienne qui rêvait d'offrir à ses jeunes compatriotes un espace culturel pour s'exprimer et échanger, a suivi une formation dans le cadre du projet européen Med Culture. À la suite de cette formation, elle a lancé son projet de centre culturel à Tunis. 

Le centre "AfroMed" est un espace participatif citoyen pour la formation, la création artistique et la promotion de l’activisme culturel.  En proposant aux jeunes des activités et l'opportunité d'échanger et d'exprimer et améliorer leurs talents dans différents domaines artistiques, allant de la dance au graffiti en passant par le théâtre, le centre contribue à l'effort pour l'inclusion des jeunes dans la société et à la promotion des arts et de la culture, l'un des antidotes, avec l'éducation, à la radicalisation et l'extrémisme.

 

Il est indéniable que les jeunes tunisiens ont les capacités, la motivation et l'énergie de faire évoluer la société. Seulement, il faut leur en donner les moyens et les opportunités.

"Nos jeunes doivent toujours être au centre de notre attention et surtout de nos actions. Ce n'est pas une faveur que nous leur accordons, ce n'est pas que pour investir dans le futur, parce que, quand la moitié de la population a moins de 30 ans, il n'y a pas de développement, il n'y a pas de démocratie, il n'y a pas de présent si les jeunes ne sont pas directement engagés et parties prenantes du processus de décision du pays", affirme la Haute Représentante de l'Union Européenne Federica Mogherini.

 


Avec 250 millions d'euros accordés par l'UE en 2016 et 1,2 milliard d'euros entre 2017 et 2020, l'UE renforce son soutien financier à la Tunisie pour l'accompagner dans la consolidation de sa transition démocratique et la relance de son économie.