Délégation de l'Union européenne au Royaume du Maroc

Discours ambassadeur: lancement jumelage institutionnel Maroc UE - Appui au Renforcement des capacités institutionnelles de la Délégation Générale à l’Administration Pénitentiaire et à la Réinsertion du Royaume du Maroc

Rabat , 18/10/2018 - 11:47, UNIQUE ID: 181018_8
Speeches of the Ambassador

Discours de l'ambassadeur de l'Union européenne au Maroc Claudia WIEDEY pour le lancement du jumelage institutionnel Maroc Union européenne : Appui au Renforcement des capacités institutionnelles de la Délégation Générale à l’Administration Pénitentiaire et à la Réinsertion du Royaume du Maroc, le 18 octobre à Rabat au siège de la Délégation Générale à l’Administration Pénitentiaire et à la Réinsertion.

Excellences,

Messieurs les Ministres,

Monsieur le Délégué Général de la DGAPR

Monsieur le Secrétaire général de la DGAPR,

Mesdames et messieurs,

 

Je suis très heureuse de pouvoir participer au lancement officiel de ce jumelage "Maroco-européen" entre la Délégation Générale à l'Administration Pénitentiaire et à la Réinsertion et trois prestigieuses institutions européennes.

Comme vous le savez, le partenariat entre l'Union européenne et le Maroc est vaste, historique et varié. Ce nouvel appui prend la forme d’un projet de jumelage qui est un instrument d’appui de l’Union européenne privilégié puisqu’il permet de faire intervenir des administrations pairs des Etats Membres mettant leur connaissance du secteur et leurs experts à disposition des administrations bénéficiaires.

L'appui à la réforme pénale, de la justice et du secteur pénitencier sont des programmes phares, nouveaux et complémentaires pour notre coopération au Maroc et nous nous réjouissons de pouvoir accompagner les efforts nationaux majeurs consentis, pour faire aboutir des   réformes très ambitieuses.

Permettez-moi tout d'abord de rappeler les avancées majeures institutionnelles de la réforme de la justice, avec l’établissement du     Conseil Supérieur du Pouvoir Judiciaire (CSPJ) et la réforme du Statut des Magistrats. Enfin, la présidence du Ministère public en charge   des poursuites a permis de parachever les changements de l'organisation      institutionnelle du secteur de la justice.

Egalement, un nouveau cadre politique et juridique est désormais proposé pour l'introduction des peines alternatives à la privation de liberté, pour simplifier les conditions d’application d'aménagement de la peine, faciliter la réintégration des détenus après leur libération, mais aussi améliorer des conditions de séjour des détenus et le renforcement de la protection des femmes et des enfants en conflit avec la loi.

De grands défis qui ne peuvent évidemment pas être relevés sans un travail complémentaire et coordonné avec la mission de la DGAPR et dont je voudrais saluer ici la noblesse : garantir aux personnes incarcérées une dignité humaine et développer leur confiance dans leurs capacités à réintégrer la société après leur libération est une grande tâche.

Je me réjouis ainsi que l’Union européenne et le Maroc aient pu s’engager dans une coopération stratégique dans la modernisation du secteur pénitencier. Au Maroc comme en Europe, les administrations pénitentiaires sont en permanence confrontées à des questions multiples, parmi lesquelles, la surpopulation carcérale, la prévention de la récidive, la préparation à la sortie de la prison. Elles sont ainsi amenées à gérer des situations souvent complexes, liées aux conditions de détention mais également aux conditions de travail du personnel pénitentiaire, et donc aux relations entre détenus et entre agents pénitenciers et détenus.

Aussi, aujourd'hui, je souhaite saluer votre travail, Mesdames et Messieurs et tout particulièrement féliciter la DGAPR, pour la mise en œuvre de sa nouvelle stratégie; pour son travail remarquable en matière d'amélioration des conditions des détenus et de réinsertion. Je pense notamment au superbe "Ouvrage sur l'art carcéral", avec presque 200 œuvres de détenu/es et plus récemment à l'ouvrage "Artisans d'un destin autre", pour la valorisation des produits réalisés par les détenu/es dans des ateliers pénitentiaires.

Tout autant d'initiatives que nous souhaitons appuyer afin de promouvoir la réinsertion par la créativité et l'art. J'exprime également l'intérêt et la volonté de pouvoir assister à la prochaine du programme « Universités dans les Prisons », qui, j'ai entendu dire par mes équipes, est un vrai laboratoire thématique riche en témoignages et débats.

Je voudrais, pour terminer, citer les mots d'un grand homme, M. Nelson Mandela, et à qui nous devons les nouvelles règles minima, "Règles Nelson Mandela", adoptées par l’ONU en faveur des droits des détenu/es et leur traitement durant leur incarcération : "Cela semble toujours impossible, jusqu'à ce qu'on le fasse".

Aussi, notre espoir est que ce jumelage permette le renforcement de la capacité organisationnelle et institutionnelle et de la DGAPR, et dans une plus large mesure, la modernisation de l’administration pénitentiaire et la coordination avec les acteurs clés du secteur; afin de garantir in fine les droits détenu/s pendant et après leur détention.

Les prestigieuses administrations de France, de Belgique et d'Italie engagées dans ce jumelage, participeront ainsi aux côtés de la DGAPR, au renforcement du dispositif de gouvernance. Enfin, nous sommes confiants que la Cellule d’appui pour les jumelages (la CAP-RSA) du Ministère de l’Economie et des Finances jouera un rôle très important pour faciliter ces échanges.

Mesdames et messieurs, honorable assistance, je vous remercie pour votre attention et formule tous mes vœux de réussites aux équipes marocaines et européennes de ce jumelage.

 

 

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