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Déclaration de la porte-parole sur la récente escalade de la violence au Myanmar

02.12.2016
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The announcement by the Government of Myanmar of the establishment of a Commission of Inquiry into the recent violence in Rakhine State is a welcome one.

Text

L’annonce faite par le gouvernement du Myanmar sur la création d’une commission d’enquête sur les violences perpétrées récemment dans l’État de Rakhine est louable. Les travaux de cette commission doivent être objectifs et contribuer à éviter dorénavant la survenue de tels événements, notamment en veillant à ce que tous les coupables répondent des actes de violence et de haine qu’ils ont commis.

Lors des attaques violentes contre des postes de police aux frontières qui ont eu lieu le 9 octobre 2016 dans le nord de l’État de Rakhine et des opérations de sécurité qui s’en sont suivies, des civils aussi bien que des membres du personnel de sécurité ont trouvé la mort et des milliers de personnes ont été déplacées et ont perdu leurs moyens de subsistance. L’interruption de l’aide humanitaire régulière depuis de nombreuses semaines met en péril plus de 150 000 personnes vulnérables. Les rapports indiquent une nette détérioration de la situation des droits de l’homme dans le nord de l’État de Rakhine.

Le représentant spécial de l’UE pour les droits de l’homme, M. Stavros Lambrinidis, a réitéré, lors de ses réunions des 22 et 23 novembre 2016 avec la conseillère d’État et le commandant en chef des forces armées du Myanmar, son appel à une reprise immédiate des activités humanitaires et à la mise en place d’une enquête indépendante et crédible portant aussi bien sur les attaques que sur les actions menées par la suite. Tant que la zone restera inaccessible, y compris pour les observateurs indépendants et les médias, les allégations et les soupçons de violations graves des droits de l’homme persisteront. Il est indispensable que le gouvernement mette en œuvre ses initiatives visant à s’attaquer aux causes profondes de la situation dans l’État de Rakhine.

La réouverture limitée de l’accès humanitaire au nord de l’État de Rakhine, à la suite des garanties données par la conseillère d’État, Mme Daw Aung San Suu Kyi, et d’autres membres du gouvernement, constitue un pas dans la bonne direction. Nous comptons à présent sur une amélioration rapide de cet accès, de façon à permettre l’acheminement rapide et efficace d’une aide vitale à tous ceux qui en ont besoin.

Poussés par la peur, la perte de leurs moyens de subsistance et de leur hébergement et les témoignages faisant état d’un recours disproportionné à la force par les forces armées, de nombreuses personnes, notamment des femmes et des enfants, cherchent refuge au Bangladesh. Tout en reconnaissant la solidarité et l’hospitalité de longue date du gouvernement et du peuple bangladais, il importe de veiller à ce que les personnes fuyant les violences au Myanmar ne soient ni expulsées ni refoulées. En apportant une aide et une protection à celles-ci jusqu’à ce que la situation soit stabilisée dans le nord de l’État de Rakhine et que leur retour en toute sécurité puisse être garanti, les autorités bangladaises continuent de contribuer à la stabilité de la région.

La paix et la réconciliation nationale au Myanmar restent essentielles. L’escalade des combats dans les États de Kachin et de Shan au cours des derniers mois a fait plusieurs milliers de victimes et de déplacés internes dans la population civile. En outre, l’accès humanitaire aux zones de conflit a été restreint, de sorte que l’aide n’a pu parvenir aux communautés touchées. La poursuite des combats sape la confiance à l’égard du processus de paix. La signature de l’accord national de cessez-le-feu par huit groupes ethniques armés et l’organisation de l'«Union Peace Conference 21st Century Panglong» ont constitué des étapes importantes sur la voie de la réconciliation nationale. Les travaux doivent à présent se concentrer sur le renforcement du caractère inclusif du processus, y compris la participation de tous les groupes armés, des femmes et de la société civile. L’Union européenne est disposée à envisager une assistance supplémentaire dans ce contexte.

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