Humanitarian & Emergency Response

HRC 41 - Intervention de l'UE: Dialogue interactif sur la République Démocratique du Congo

Genève, 09/07/2019 - 16:18, UNIQUE ID: 190709_12
Statements on behalf of the EU

41ème Session du Conseil des Droits de l'Homme Genève, 24 Juin – 12 Juillet 2019 Intervention de l'UE: Dialogue interactif sur la République Démocratique du Congo

L’Union européenne remercie la Haute-Commissaire, la Ministre des Droits humains et le Président de l’équipe d’experts au Kasaï pour leurs présentations.

L’UE salue le travail de l’équipe d’experts sur les Kasaï et la bonne collaboration des autorités congolaises avec cette dernière. Il demeure plus que jamais nécessaire de continuer à travailler sur le processus de réconciliation dans la région du Kasaï, en rejetant toute forme d'impunité. L’UE salue la volonté exprimée par le Président Tshisekedi d’en faire des priorités d'action et l’invite à intensifier leurs mises en oeuvre. Alors que les tensions ethniques restent aiguës, toutes les parties au conflit doivent intensifier leur efforts afin de rétablir les bases d’une stabilité et d’une paix durables dans cette région de la RDC. Au vu de l’ampleur des graves violations et abus des droits de l'Homme commis, y compris des violences sexuelles, l’UE s’inquiète des avancées insuffisantes dans les poursuites judiciaires et rappelle la nécessité de poursuivre l’ensemble des auteurs, y compris lorsque ceux-ci sont issus des ou affiliés aux forces de sécurité.

L’UE est aussi particulièrement alarmée par les informations concernant le nombre  de femmes et d'enfants qui sont contraints à des travaux forcés et utilisés comme esclaves sexuelles par des miliciens Bana Mura. Une action urgente doit être menée pour libérer ces victimes et leur apporter tout l’appui nécessaire.

Concernant les procédures judiciaires relatives aux meurtres de Zaida Catalán, de Michaël Sharp et de leurs accompagnateurs, l’UE regrette les retards et rappelle la nécessité de poursuivre sans délais l’ensemble des auteurs devant la justice en assurant la mise à disposition efficace des suspects à la justice.

L’UE accueille positivement les démobilisations spontanées de membres de milices suite aux élections de décembre 2018. Néanmoins, des milices restent actives dans la région et une stratégie holistique de désarmement, démobilisation et réintégration doit être développée et mise en œuvre sur l’ensemble du territoire, y compris en prenant en compte les besoins spécifiques des enfants qui ont été associés au conflit armé.

L’UE condamne fermement la flambée de violences en Ituri et s’inquiète de la vague de déplacés internes qu’elle engendre. Par ailleurs, l’UE appelle à une enquête approfondie sur les massacres commis en décembre 2018 à Yumbi qui pourraient constituer des crimes contre l’humanité afin de faire la lumière sur les faits et de déterminer les responsabilités.

Sur le plan des réformes internes et dans l’attente d’un nouveau gouvernement, l’UE encourage le Président de la République à poursuivre la mise en œuvre de ses engagements, notamment concernant l'ouverture de l’espace politique, le respect des droits de l'homme et des libertés fondamentales, la consolidation de l’Etat de droit et du pouvoir judiciaire, de bonne gouvernance et de la lutte contre la corruption. L’UE est préoccupée par les entraves constatées récemment à la liberté de réunion pacifique. Une action continue reste également nécessaire pour s’assurer d’une plus grande représentativité des femmes dans les assemblées et de leur participation effective à la vie politique et aux processus de reconciliation.

Monsieur Ndiaye,

Votre équipe a porté une attention particulière à la justice transitionnelle dans son rapport. Quelles sont les opportunités et peut-être les initiatives existantes les plus prometteuses dans ce domaine qui sont susceptibles de contribuer concrètement à la justice, la paix et la réconciliation ?

Je vous remercie.

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