Droits de l’homme et démocratie

“Je viens de réaliser mon plus grand rêve.”

09/09/2020 - 16:42
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Sidibé, 16 ans, est débatteuse. De Conakry à N'zérékoré, elle met sa passion des mots au service de la paix en Guinée.

En ce jour du 29 février 2020 à Conakry, de nombreuses routes aux alentours de la maison de Sidibé sont bloquées. À l’approche des élections, la tension monte dans tout le pays. En période de crise croissante, la population se trouve plus exposée au risque d'exploitation des clivages potentiels : politiques, religieux ou ethniques.

Dans le cadre du projet "Unis dans nos différences" financé par l'Union européenne, Search for Common Ground mobilise la jeunesse guinéenne pour sensibiliser leurs communautés à la prévention des discours exclusifs et violents. Dans les principales villes du pays, 40 clubs de la paix sont créés. Ils proposent aux jeunes des formations en matière de leadership et de communication positive, de techniques de facilitation et de gestion des conflits.

Sidibé est membre de l'équipe de débat du club de paix scolaire de Matoto. Dans la petite boutique familiale, une dizaine de regards mêlés de curiosité et de fierté sont tournés vers elle : parents, frères et soeurs, même les voisins sont présents. “Je viens de réaliser mon plus grand rêve : devenir une grande débatteuse”, confie-t-elle.

Depuis 2019, la jeune fille et ses camarades mènent des activités culturelles et des concours extrascolaires afin d'étendre la portée de leurs messages de prévention. Le mois dernier, à N'zérékoré, à mille kilomètres de la capitale, ils matérialisent leurs acquis en organisant un festival de la paix. "J’ai pu me faire des amis originaires de villes où je n'étais jamais allée. Avant, mon monde s'arrêtait à Conakry”, dit-elle.

L'événement donne l'occasion à une centaine de jeunes d'horizons divers de révéler leurs talents à travers la projection de mini-films, de la danse, du théâtre et des compétitions de débats. Sur scène, Sidibé puise ses arguments dans son quotidien. Cette expérience, loin de chez elle, lui offre une multitude de nouvelles anecdotes pour promouvoir un meilleur vivre ensemble.

 "Dans le bus pour Nzérékoré, nous avions tous très froid. En traversant un village, nous avons salué une vieille femme. Ni une ni deux, elle nous a invité à nous réchauffer. Elle incarnait parfaitement notre message : coexister avec des gens qui ne sont pas de la même ethnie, de la même région et les accepter malgré leurs différences".

Son éloquence et sa maturité impressionnent à la fois le jury, le public et ses adversaires. Sidibé rentre chez elle gagnante, portée par les messages véhiculés pour sensibiliser son public. "Les débats me donnent constamment des arguments que je peux utiliser dans la vie quotidienne pour résoudre les conflits. Je veux continuer à m’investir dans des initiatives visant à rapprocher les gens".

Dans le cadre du projet "Unis dans nos différences" financé par l'instrument de stabilité et de paix de l'Union européenne (IcSP), 40 clubs de paix ont été créés dans des écoles secondaires, des communautés et des universités de tout le pays. Ces clubs offrent aux jeunes un espace pour développer leurs compétences en matière de communication positive, de leadership, de techniques de facilitation et de gestion des conflits et des rumeurs. Ensemble, les jeunes leaders des différents clubs ont participé à un festival pour la paix où ils ont mis tous leurs efforts à développer la meilleure initiative pour promouvoir le vivre ensemble. Les activités comprenaient de la danse, du théâtre, des débats et la réalisation de mini-films.

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