Droits de l’homme et démocratie

Droit de réponse à un article publié dans El Watan

Alger, 20/10/2019 - 11:01, UNIQUE ID: 191021_13
Press releases

Ce droit de réponse a été publié dans le journal El Watan du 20 octobre 2019

 

Je me réfère au commentaire exprimé par M. Cherif Lahdiri sur les pages d'El Watan du 15 octobre dernier (L'Algérie, la grande perdante de l'accord avec l'UE) dans lequel il décrit les effets "catastrophiques" sur l'économie algérienne du démantèlement tarifaire prévu dans l'Accord d'association entre l'Algérie et l'Union européenne.

Outre le fait que depuis 2015 le partenaire algérien déroge à l'Accord d'association en introduisant un relèvement des barrières tarifaires et non-tarifaires sur plusieurs produits, la question qu'il faut se poser est: Quelle est la relation entre la libéralisation progressive des échanges commerciaux et les défis auxquels l'économie algérienne est confrontée?

Au niveau macro-économique, le bilan commercial UE-DZ est globalement équilibré, et enregistre régulièrement de modestes surplus pour l'Algérie. Cela n'est pas le cas des autres partenaires commerciaux de l'Algérie, et en particulier la Chine, avec laquelle un important déficit commercial se creuse depuis plusieurs années. Dans ce contexte, il est à mon avis spécieux de parler de l'équilibre des échanges commerciaux "hors hydrocarbures", tout comme il n'y aurait pas de sens de parler du bilan commercial de l'Allemagne "hors industrie automobile".

Au niveau micro-économique, M. Lahdiri déplore la "faiblesse des investissements européens" qui devraient être porteurs de croissance, de diversification, d'innovation et de transfert de savoir-faire. Mais la décision d'investir relève des opérateurs économiques, que ceux-ci soient domestiques ou étrangers, et force est de constater que jusqu'ici ils ont jugé le climat des affaires algérien peu propice. Les facteurs qui influent sur le climat des affaires sont multiples et les mesures protectionnistes n'en sont qu'un, souvent ayant des effets ambigus. Son amélioration relève de décisions souveraines de l'Algérie. Loin d'être réticente, l'UE est prête à accompagner son partenaire algérien dans ce processus – car c'est aussi dans son propre intérêt.

En espérant que ces quelques lignes pourront contribuer à une discussion dépassionnée sur les avantages et désavantages de l'Accord d'association, je vous prie d'agréer, Monsieur le Directeur, l'expression de mes salutations les plus distinguées.

 

John O'Rourke

Ambassadeur / Chef de délégation de l'Union européenne en Algérie