Stratégie globale de l’UE

Stratégie globale de l’UE: une année d’action pour faire face à l’«imprévisibilité prévisible»

25/06/2018 - 16:26
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Le 25 juin, Federica Mogherini, haute représentante de l'Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, a remis aux ministres des affaires étrangères de l’UE le deuxième rapport annuel sur la mise en œuvre de la stratégie globale de l’UE, qui met en évidence des progrès substantiels dans le renforcement du rôle de l’Union en tant qu’acteur mondial.

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Il y a deux ans, la stratégie globale pour la politique étrangère et de sécurité de l’Union européenne prévoyait que les années à venir seraient marquées par une «imprévisibilité prévisible». De fait, le système mondial est depuis devenu plus incertain et moins stable.

Dans ce contexte difficile, l’Union européenne continue de jouer un rôle moteur dans les domaines de la diplomatie, de la coopération et du compromis, guidée en cela par la stratégie globale de l’UE. Nous restons convaincus que les règles internationales ne sont pas une contrainte, mais une garantie pour tous.

En mettant en œuvre la stratégie globale de l’UE au cours de l’année écoulée, l’Union a pris des mesures sans précédent pour accroître la coopération interne dans le domaine de la sécurité et de la défense. Elle a œuvré pour préserver un accord international sur le programme nucléaire iranien, redynamisé la perspective européenne des Balkans occidentaux et établi des partenariats en vue de renforcer la gouvernance mondiale et de rechercher des solutions mutuellement bénéfiques sur des questions d’intérêt commun, comme la lutte contre les effets du changement climatique et la gestion de la migration. Voici quelques points marquants de ce rapport.

Sécurité et défense

Partant du constat qu’il est essentiel pour l’Europe d’assumer une responsabilité accrue pour garantir sa propre sécurité, l’UE a fait des progrès importants dans le domaine de la défense au cours de l'année écoulée. De nouveaux mécanismes de coordination de la planification, des dépenses et des opérations ont été créés pour permettre aux États membres et à l’Union européenne de collaborer afin d'être capables de faire face aux menaces et aux défis de demain. Nous pourrons ainsi faire de la recherche ensemble dans le domaine de la défense, construire et acheter les capacités dont nous avons besoin et mener à bien des projets de défense dans le cadre de la coopération structurée permanente, afin de préserver la sécurité de nos citoyens et de contribuer à la paix et à la sécurité mondiales. La coopération européenne, en étroite coordination avec nos partenaires, notamment l’OTAN, permet de renforcer l'efficacité des dépenses nationales consacrées à la défense, d’éviter les doubles emplois et de tirer parti des économies d’échelle.

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La résilience et l’approche intégrée

Toutefois, la stratégie globale de l’UE a été construite autour de l’idée que pour forger une paix durable aujourd’hui, il faut aller au-delà des dimensions militaire et de défense et adopter une approche intégrée des conflits et des crises.  
En Afghanistan, au Sahel et en Iraq, nous avons investi dans la mise en place d’une force de police, de juges, de médecins et d’une administration scolaire efficaces et professionnels, ainsi que dans une armée fiable et soumise à un contrôle démocratique. Dans la région du Sahel, l’UE est le premier donateur, avec plus de 3,9 milliards d’euros affectés à la coopération au développement. Elle y mène trois missions PSDC distinctes — un exemple de l’approche globale adoptée par l’UE en matière de sécurité. Dans les pays subissant les répercussions de la crise syrienne, tels que le Liban et la Jordanie, les activités axées sur les réformes politiques et économiques ont contribué à stabiliser les populations locales et les réfugiés. Investir dans les réformes dans des pays tels que la Libye, la Tunisie et le Maroc, c'est investir dans la stabilité et la sécurité de l’Europe. En Afghanistan, en Syrie, au Yémen, en Libye et en République centrafricaine, nous sommes engagés dans des activités de médiation. En Colombie, nous contribuons au développement économique post-conflit et à la réintégration d’anciens combattants rebelles dans la vie civile, en mettant l'accent sur les enfants soldats.

Dans le cadre de nos travaux, nous avons accordé une importance particulière à la promotion d’une solution politique au conflit syrien. Une deuxième conférence a eu lieu à Bruxelles en avril 2018 afin de mobiliser les donateurs internationaux d’aide humanitaire et d'aider les pays hôtes à renforcer leur propre résilience et celle des communautés de réfugiés.

L’UE contribue également à la stabilisation de l’Iraq, en soutenant le gouvernement fédéral iraquien dans ses efforts de stabilisation, de réconciliation et de reconstruction. Une mission d’appui à la réforme du secteur de la sécurité a été lancée en novembre 2017 et, en février 2018, l’Union européenne a coprésidé la Conférence internationale des donateurs pour la reconstruction de l’Iraq, organisée au Koweït.


Ordres régionaux de coopération

La volonté de soutenir les ordres régionaux de coopération dans le but de garantir une stabilité et une sécurité accrues constitue un autre élément clé de la stratégie globale de l’UE.

L’UE continue d’intensifier son engagement dans les Balkans occidentaux afin de favoriser la transformation politique, économique et sociale de la région, y compris par une assistance renforcée, fondée sur des progrès tangibles dans le domaine de l’état de droit, du respect des droits de l’homme et des réformes socio-économiques. L’UE a résolument soutenu le dialogue bilatéral, notamment entre la Grèce et l’ancienne République yougoslave de Macédoine (qui a abouti à un accord historique sur le nom de cette dernière), ainsi qu’entre la Serbie et le Kosovo. En ce qui concerne le processus d’élargissement, la Commission européenne a recommandé, le 17 avril dernier, l’ouverture de négociations d’adhésion avec l’Albanie et l’ancienne République yougoslave de Macédoine et a reconnu que la Serbie et le Monténégro ont continué de progresser dans les négociations d’adhésion de leur pays.

En novembre 2017 s’est tenu le sommet des pays du partenariat oriental, rassemblant l’Arménie, l’Azerbaïdjan, la Biélorussie, la Géorgie, la Moldavie et l’Ukraine. Ce sommet  a insufflé l’élan nécessaire pour progresser dans vingt domaines de coopération concrets, en vue d’obtenir des résultats tangibles pour les citoyens de cette région. Ces «20 objectifs à atteindre pour 2020» comprennent l’amélioration de la sécurité énergétique, le soutien au développement économique, le renforcement de l’environnement médiatique contre la désinformation, l’appui aux réformes du secteur public et du secteur de la sécurité, la lutte contre la corruption, le soutien au processus de décentralisation, la construction ou la reconstruction d’infrastructures critiques et l’élargissement de l’espace dévolu à la société civile.

L'approfondissement de notre partenariat avec l’Afrique et ses organisations régionales constitue un autre exemple. En novembre 2017, lors du 5e sommet Union africaine-Union européenne à Abidjan, nous avons mis sur pied un groupe de travail conjoint réunissant nos deux organisations et les Nations Unies, afin d’aider les migrants placés dans des centres de détention en Libye à rentrer chez eux en toute sécurité et dans la dignité. Le soutien que nous apportons à la force conjointe du G5 Sahel illustre bien à quel point il est important d’investir dans des partenariats mondiaux et régionaux en matière de sécurité. Le plan d’investissement extérieur européen, doté de 4,1 milliards d’euros, vise à mobiliser un total de 44 milliards d’euros d’investissements pour promouvoir l’emploi et la croissance.

Façonner un ordre multilatéral pour le 21e siècle

À l'heure où de nombreuses voix s’élèvent pour la remettre en cause, l’Union européenne défend un ordre international fondé sur des règles. L’UE joue un rôle de premier plan dans la promotion et la défense des accords mondiaux, comme le montrent les travaux de l’UE sur la diplomatie climatique qui ont contribué à l’accord de Paris sur le changement climatique, ainsi que l’engagement ferme de l’UE envers le plan d’action global conjoint avec l’Iran. L’UE s’est par ailleurs investie dans des partenariats ciblés. À titre d’exemples, on peut citer la coopération trilatérale entre l'Union africaine, l'UE et les Nations unies – qui a ouvert la voie à une coopération renforcée, non seulement en matière de migration, mais aussi dans le domaine de la paix et de la sécurité en général – et le lancement de l’initiative «Spotlight», un nouveau partenariat entre l’UE et les Nations unies qui vise à éradiquer toutes les formes de violence à l’encontre des femmes et des filles.

Renforcer le lien entre les politiques intérieure et extérieure

La stratégie globale de l’UE favorise un mode de travail caractérisé par une plus grande coordination des politiques extérieure et intérieure afin de permettre à l’UE de relever plus efficacement les défis transversaux complexes d'aujourd'hui que sont le changement climatique, les migrations et le terrorisme. Notre principale avancée au cours de l'année écoulée a été de faire le lien entre les dimensions intérieure et extérieure dans nos travaux sur les migrations, la cybersécurité et la lutte contre le terrorisme.

Dans le domaine des migrations, plus de 25 000 migrants placés dans des centres de détention en Libye ont pu rentrer en toute sécurité dans leur pays, les arrivées de migrants par la route de la Méditerranée centrale ont diminué de 77 % et un mécanisme d’évacuation pour les personnes nécessitant une protection a été établi au Niger.

Dans le domaine de la cybersécurité, un vaste train de mesures visant à améliorer les capacités de  résilience, de détection et de réaction face aux menaces a été présenté en septembre 2017.  Par ailleurs, l’UE a adopté la «boîte à outils cyberdiplomatique», organisé plusieurs exercices dans le domaine de la cybersécurité, tels que PACE17, et y a contribué. Elle a renforcé les dialogues menés dans le domaine de la cybersécurité avec les États-Unis, le Japon, l’Inde, la Corée du Sud, le Brésil et la Chine et travaille en étroite collaboration avec des organisations internationales telles que l’OTAN, le Forum régional de l’ANASE, l’OSCE et le Conseil de l’Europe. De façon plus générale, l’UE prend des mesures concrètes pour lutter contre les menaces hybrides. Elle a ainsi créé  le centre d’excellence pour la lutte contre les menaces hybrides à Helsinki et mis en place une plateforme informatique dédiée.

En ce qui concerne la lutte contre le terrorisme et la prévention de l’extrémisme violent/la lutte contre ce phénomène, l’UE a renforcé, dans les pays partenaires prioritaires, la coopération entre les missions et opérations PSDC et les agences compétentes dans le domaine de la justice et des affaires intérieures, notamment Europol et Frontex. Elle a également intégré la  lutte contre le terrorisme, la prévention de l’extrémisme violent et la lutte contre ce phénomène dans ses politiques extérieures. Enfin, elle a instauré ou renforcé des dialogues sur la lutte contre le terrorisme avec les Balkans occidentaux, la Turquie et le Moyen-Orient, ainsi que l’Afrique du nord.

Promouvoir la diplomatie publique et la communication stratégique

L’UE intensifie la lutte contre la désinformation délibérée, notamment au moyen de la coopération internationale. Elle a axé sa communication stratégique sur le voisinage oriental et méridional ainsi que sur les Balkans occidentaux, créant des task-forces spécifiques pour promouvoir une communication stratégique et une diplomatie publique efficaces.