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Troisième visite de terrain de l'Ambassadeur de l'UE en Guinée forestière

23/03/2016 - 00:00
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De 2014 à 2016, l'Union européenne a investi 74 millions d'euros dans la Région (plus de 724 milliards GNF) à travers divers projets de développement.

C'est la troisième mission de terrain de M. GIELEN en Guinée forestière depuis sa prise de fonction à la Délégation en Guinée en septembre 2014.

La région "naturelle" de la Guinée forestière a été longtemps fragilisée par une conjonction de facteurs (enclavement, guerres au Libéria et en Sierra Léone, chômage, litiges entre communautés, mauvaise gouvernance, Ebola, etc.) dont la résultante se traduit par des tensions et des conflits récurrents. Pour remédier à cette situation, l'Union européenne a mobilisé différents instruments financiers pour appuyer le Gouvernement guinéen pour le désenclavement et le développement durable de la Guinée forestière.

De 2014 à 2016, l'Union européenne a investi 74 millions d'euros  dans la Région(plus de 724 milliards GNF) à travers divers projets de développement allant de la prévention et la gestion des conflits, à la santé et à la résilience mais aussi au développement des infrastructures routières pour favoriser le désenclavement.

L'Ambassadeur de l'UE en Guinée, M. Gerardus GIELEN, accompagné de plusieurs de ses collaborateurs de la Délégation et du Siège à Bruxelles, et notamment de M. Didier VERSE, Chef d'Unité Afrique de l'Ouest à DEVCO et de Mme Françoise LOUVEAU, Responsable géographique pour la Guinée (DEVCO), a effectué une visite de terrain dans la Région du 16 au 20 mars 2016. C'est la troisième mission de terrain de M. GIELEN en Guinée forestière depuis sa prise de fonction à la Délégation en Guinée en septembre 2014.

Cette attention à la Région dénote la volonté et l'engagement de l'Union européenne à appuyer les acteurs clefs, publics et privés, qui œuvrent pour le bien-être des populations de cette partie du sud de la Guinée.

PASA, PREPARE et ORME: trois outils en appui au secteur de la Santé

De manière générale, la situation sanitaire reste préoccupante en Guinée. Celle-ci a été aggravée par l'épidémie de la maladie à virus Ebola, détectée pour la première fois en Guinée dans la Région forestière, à Guéckédou, fin 2013.

Depuis lors, l'Union européenne a mis en place le Programme d'Appui à la Santé (PASA) d'un montant total de 30 millions d'euros, dont 20 millions financés sur le 10ème Fonds Européen de Développement (FED), et 10 millions d'euros par l'Agence Française de Développement (AFD). Le projet vise à renforcer le système de santé guinéen en vue de l'amélioration de l'accès à des services de soins de qualité à toute la population, avec un accent particulier porté sur la région pilote de la Guinée forestière, notamment à N'Zérékoré.

Dès son arrivée à N'Zérékoré, le mercredi 16 mars, la mission en visite de terrain a conféré avec les autorités politiques (Gouverneur et préfet), puis sanitaires des Directions préfectorale et régionale de la Santé (DPS et DRS) sous la houlette des responsables locaux du PASA. L'objectif était de s'enquérir des conditions de travail dans les structures sanitaires de N'Zérékoré et de visiter des bâtiments devant être réhabilités dans le cadre du Projet.

L'Ambassadeur et sa suite ont également eu l'occasion d'observer, en pleine formation, les agents de l'Equipe Régionale d'Alerte et de Riposte aux Epidémies (ERARE). L'équipe ERARE de N'Zérékoré fait partie des huit (8) équipes des sept (7) régions administratives de la Guinée (plus la capitale Conakry) en train d'être mises en place dans le cadre du Projet PREPARE, financé par l'Union européenne (4,8 millions d'euros) et la France (1 million d'euros) pour appuyer le relèvement post-Ebola.

La mission s'est ensuite rendue successivement dans les localités de Samoé et de Koulé (préfecture de N'Zérékoré) pour visiter deux centres de santé devant bénéficier des appuis (équipements, réhabilitation, médicaments) dans le cadre du PASA, y compris au sein de la Convention de Contribution avec UNICEF.

MM. GIELEN et VERSE ont également activement pris part aux toutes premières réunions de coordination organisées à la préfecture de N'Zérékoré, aux côtés des autorités locales les 17 et 18 mars, à la suite de la confirmation de nouveaux cas d'Ebola survenus dans la sous-préfecture de Koropara.

En marge, l'Ambassadeur a mis l'occasion à profit pour se concerter avec les principaux partenaires de l'UE dans la Région (UNICEF, UNOPS, DRC, DRS, ALIMA, CROIX ROUGE) et les responsables de la Coordination nationale de lutte contre Ebola pour faire le point sur les capacités humaines, techniques et financières dont dispose chaque acteur pour faire face à la résurgence de la maladie.

Ainsi par exemple, les patients des premiers cas d'Ebola confirmés ont été rapidement pris en charge dans le CTE (Centre de Traitement Ebola) de N'Zérékoré mis en place en 2014 avec le soutien de l'UE et géré par l'ONG Alima qui avait maintenu une équipe de veille sur place.

Pour y parvenir, l'Union européenne a mobilisé différents instruments, et notamment l'Instrument contribuant à la Paix et à la Stabilité (IcSP) à travers lequel 10 projets sont financés depuis 2013 en Rép. de Guinée pour un montant total de 22,68 millions d'euros. Parmi ces projets, dont plus de la moitié est mise en œuvre en Guinée forestière, figure le "projet d'appui à la promotion des mécanismes de prévention et de gestion des conflits pour une gestion pacifique et durable des ressources naturelles en Guinée forestière".

Doté de 2,5 millions d'euros ce projet mis en œuvre en partenariat avec le Conseil Danois pour les Réfugiés (DRC), a contribué à la mise en place de 15 Comités de Paix dans les six préfectures de la Région administrative de N'Zérékoré au nombre desquels celui de la sous-préfecture de Gouécké (45 km de N'Zérékoré-ville) auquel la Mission a rendu visite le 17 mars.

Le Comité de Paix de Gouécké composé de 46 membres (dont 19 femmes) dispose d'une Maison de la Paix pour ses réunions et d'une presse à huile de palme en guise d'activité génératrice de revenus (AGR) pour l'autofinancement de ses activités. Depuis sa mise en place fin février 2014, le Comité de Paix a à son actif plusieurs sessions de formation à l'intention de ses membres et de nombreux conflits résolus pacifiquement en jouant notamment un rôle central dans la gestion de la crise de la localité voisine de Womey en 2014.

Dans l'après-midi du jeudi 17 mars, les membres de la mission ont rencontré deux jeunes bénéficiaires du "Projet d'appui à la réinsertion et à l'accompagnement économique et social en Guinée forestière (PARECO, 2 millions d'euros en partenariat avec UNOPS). Ces jeunes de 23 et 26 ans, en difficulté auparavant, ont pu se réinsérer dans la société grâce à un appui qui leur a permis de développer une activité génératrice de revenus (plomberie et menuiserie respectivement).

Au total, ce sont 1.100 jeunes qui ont été formés et accompagnés à N'Zérékoré et à Guéckédou dans le cadre de ce projet qui s'est achevé fin 2015.

Un succès qui fait écho à celui rencontré par l'Union des femmes étuveuses de riz de la commune urbaine qui ont tiré profit du projet d'appui aux filières riz et huile de palme financé par l'UE (0,8 millions d'euros avec l'ONG GRET). Il a permis l'amélioration de la productivité de plus de 70 groupements d'agriculteurs et l'amélioration des conditions de vie de plusieurs milliers de femmes à travers des techniques améliorées d'étuvage et de décorticage du riz.

Dans le domaine de la Justice, la mission a rencontré le personnel de la Clinique Juridique, un instrument d'appui aux citoyens en quête de justice mis en place dans le cadre du Programme d'Appui à la Justice (PARJU, 20 millions d'euros, 10ème FED) en partenariat avec l'ONG guinéenne Même Droit pour Tous (MDT). La Clinique Juridique de N'Zérékoré accomplit un méticuleux travail d'accompagnement et de défense des droits de l'homme dans la région.

Un constat que partage le personnel du Tribunal de Première Instance qui n'a pas manqué de souligner ses difficiles conditions de travail dues à la déficience notamment de moyens matériels. Les 282 détenus de la Maison Centrale de N'Zérékoré (visitée par la mission) ne sont pas les mieux lotis dans le hangar désaffecté qui tient lieu de pénitencier.

Des routes pour désenclaver la région

Pour contribuer au désenclavement de la Région forestière, l'Union européenne a financé la réhabilitation de 53 km de tronçon de la Route Nationale N°2 (RN 2, Kissidougou – Guéckédou – PK53) sur le 10ème FED pour un montant de 58,5 millions d'euros (y compris les frais de la Mission de contrôle). Le niveau d'exécution de travaux (qui ont enregistré du retard dû en partie à l'épidémie d'Ebola 2014-2015) se situe actuellement aux alentours de 55%.

Des mesures de sensibilisation et de contrôle ont été développées et mises en œuvre par UNOPS, sur financement UE, afin de minimiser l'impact des activités de transport dans la propagation des épidémies (Ebola, VIH/ Sida).

Par ailleurs, l'Ambassadeur M. GIELEN, a déploré le déficit d'entretien des routes guinéennes dont une partie desservant la Guinée forestière a été réalisée sur dons par l'UE. C'est notamment le cas des tronçons Kondémbadou – Sérédou sur les fonds du 9ème FED et Faranah – Kissidougou (7ème FED). M. GIELEN n'a pas manqué d'en faire la remarque aux autorités locales des zones concernées.

Enfin, sur le chemin de retour, la mission a rencontré, dimanche 20 mars, les autorités de Kindia (Gouvernorat, Préfet, Président de la Délégation spéciale) pour discuter des mesures de sécurité et de protection du site dépollué au pied du Mont Gangan dans le cadre du projet de dépollution pyrotechnique financé par l'UE (0,6 million d'euros) et la France (0,1 million d'euros) sur demande des autorités guinéennes.

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