Nouvel outil pour faire face aux cybermenaces: la force de réaction rapide de l’UE

27/06/2018 - 16:16
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Les cybermenaces se sont multipliées au cours des dernières années. Elles constituent une grave menace pour l’UE, ses États membres et ses citoyens. Le 25 juin, six pays de l’UE ont signé une déclaration d’intention pour la mise en place à l’échelle de l’UE d’une force de réaction rapide en matière de cybersécurité, qui devrait rapidement s’élargir à d’autres pays.

Cette initiative visant à créer une force de réaction rapide et à garantir une assistance mutuelle en matière de cybersécurité est menée par la Lituanie. Il s’agit d’un des 17 projets approuvés par les États membres de l’UE fin 2017 dans le cadre de la «coopération structurée permanente» (CSP).

La CSP est le nouveau cadre contraignant mis en place par l’UE pour renforcer la coopération dans le domaine de la sécurité et de la défense. Chaque projet comprend un pays chef de file et des groupes de pays participants, qui varient d’un projet à l’autre.  Dans ce cas, six États membres de l’UE — l’Estonie, la Croatie, la Roumanie, la Lituanie, l’Espagne et les Pays-Bas — ont pour l’instant répondu présents. Ils devraient rapidement être rejoints par d’autres pays.

Le ministre de la défense lituanien, Raimundas Karoblis, a souligné la volonté politique de ces pays de jeter les bases de capacités de cyberdéfense conjointes renforcées au niveau européen. Pedro Serrano, secrétaire général adjoint du Service européen pour l’action extérieure (SEAE), a salué cette initiative, qui est à ce jour le projet le plus avancé dans le cadre de la CSP, et a souligné son importance dans la mise en place d’une cyberdéfense collective. 

PESCO Cyber Rapid Response Teams: signing ceremony
PICTURE: PESCO Cyber Rapid Response Teams: signing ceremony (25/06/18, Luxembourg)
From left to right: Mr Jorge DOMECQ, Chief Executive of the European Defence Agency; Mr Pedro SERRANO, Deputy Secretary General for the External Action Service (EEAS); Mr Petar MIHATOV, Croatian Assistant Minister for Defence Policy; Mr Juri LUIK, Estonian Minister of Defence; Mr Raimundas KAROBLIS, Lithuanian Minister for National Defence; Mr Mircea DUSA, Romanian Secretary of State for Defence Policy and Planning; Ms Margarita ROBLES, Spanish Minister of Defence; Mr Ank BIJLEVELD, Dutch Minister of Defence.

Mettre en place des équipes d’experts en cybersécurité prêts à agir

Les équipes de la force de réaction rapide de l’UE en matière de cybersécurité réuniront des spécialistes issus des pays participants. Ces spécialistes seront mobilisables et viendront renforcer les actions de neutralisation et d’enquête en cas de cyberincident majeur.

Les premières équipes composant la force de réaction rapide devraient participer à un exercice de cybersécurité en Lituanie, cet automne, afin de tester et d’entraîner cette nouvelle structure.

Selon les données fournies par le centre national lituanien pour la cybersécurité, le nombre de cyberincidents croît d’un dixième chaque année, tandis que les enquêtes révèlent leur sophistication croissante. Des incidents graves sont survenus dans des infrastructures énergétiques critiques, mais aussi dans des systèmes informatiques utilisés dans le domaine répressif et dans celui des affaires étrangères. De tels incidents requièrent une réponse particulièrement rapide et un nouveau type d’instruments et de niveau de préparation.

Rôle de l’UE dans la lutte contre les cybermenaces

L’UE est préoccupée par la capacité et la volonté accrues d’acteurs étatiques et non étatiques de perpétrer des actes de cybermalveillance pour parvenir à leurs fins. Elle a commencé à élaborer une série d’initiatives visant à améliorer la prise de conscience et à renforcer les capacités de réaction aux cyberattaques.

L’ «internet des objets» est déjà une réalité: on prévoit que l'UE comptera des dizaines de milliards de dispositifs numériques connectés d'ici 2020. Outre qu’elles menacent notre sécurité, les cyberattaques coûtent 400 milliards d’euros par an à l’économie mondiale, selon les estimations. C’est pourquoi l’UE s’emploie à renforcer les capacités par des mesures de soutien, une coordination accrue et de nouvelles structures permettant de déployer des contre-mesures rapides et efficaces en cas d’attaque.   

Federica Mogherini, haute représentante de l'Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, a présenté en 2016 la nouvelle «stratégie globale pour la politique étrangère et de sécurité de l’UE», qui a défini la voie à suivre pour relever le niveau d’ambition dans le domaine de la sécurité et de la défense. Depuis, une série de nouveaux instruments et mécanismes ont été élaborés, dont la coopération structurée permanente est l’un des exemples les plus importants.

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