European Union External Action

Forum de haut niveau sur l’appui de l’Union européenne à la réforme du secteur de la sécurité, volet défense, en RDC

Brussels, 20/05/2021 - 08:52, UNIQUE ID: 210520_2
Speeches of the Ambassador

 

Discours de l’Ambassadeur de l’Union européenne en République démocratique du Congo, M. Jean-Marc Châtaigner

Kinshasa, Collège des Hautes Etudes de Sécurité et de Défense (CHESD), 19 mai 2021

(Seul le prononcé fait foi)

#UE60ansRDC

 

Monsieur le Ministre de la Défense et Anciens Combattants,

Mesdames et Messieurs les Membres du Gouvernement de la RDC,

Monsieur le Chef d’Etat-Major Général des FARDC,

Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs accrédités en RDC,

Monsieur le Commandant du CHESD,

Mesdames et Messieurs en vos titres, grades et qualités,

Cher(e)s ami(e)s,

C’est un plaisir et un honneur de prendre la parole ce jour dans ce lieu d’excellence qu’est le CHESD à l’occasion du forum de haut niveau organisé par le Programme d’appui à la réforme du secteur de la sécurité, Volet défense, plus connu sous le nom de PROGRESS.

Je m’en réjouis d’autant plus, Monsieur le Ministre et Monsieur le Chef d’État-Major Général, que les occasions de se réunir et de dialoguer ensemble dans le cadre de la mise en œuvre de ce programme n’ont pas été si nombreuses.

Financé dans le cadre du 11e Fonds européen de développement, PROGRESS avait pour ambition de poursuivre et consolider l’engagement européen au service de la paix en RDC, matérialisé dès 2003 par le déploiement de l’opération ARTEMIS, celui des mission EUPOL et EUSEC en 2005, soutenues par l’opération EUFOR en 2006.  

Toutefois, de par les principes d’engagement contenus dans l’Accord de Cotonou, PROGRESS ne pouvait être totalement conçue comme une missions PSDC.

La mission EUSEC a concentré ses efforts sur le Plan de Réforme de l’Armée, la modernisation de l’administration et la redynamisation du système de formation militaire.

PROGRESS a également concentré ses appuis sur le Plan de Réforme de l’Armée et la modernisation de l’administration, mais n’a pu poursuivre le volet formation pour se consacrer plutôt à l’amélioration de redevabilité des Forces armées de la RDC (FARDC).

Alors que nous sommes réunis ici aujourd’hui pour en écouter le bilan et en tirer des leçons utiles, je souhaiterais avant tout remercier chaleureusement tous les acteurs qui ont contribué à sa mise en œuvre : les cadres du Ministère de la Défense et de l’Etat-Major Général, les Commandants d’unités à Kinshasa et en provinces, les membres du consortium conduit par le cabinet TRANSTEC, l’équipe l’assistance technique basée à Kinshasa, sans oublier bien sûr les services de l’Ordonnateur national du FED.

Votre engagement à tous, parfois dans un contexte difficile, nous permet de nous retrouver aujourd’hui et de nous projeter dans le futur. Encore une fois, soyez en remerciés.

Le 9 mai dernier, à l’occasion de la fête de l’Europe, j’ai eu l’occasion de rappeler que l’Union européenne se tient aux côtés de la RDC dans ses efforts pour un retour à une paix durable, préalable indispensable au développement et à l’amélioration des conditions de vie des populations.

Presque chaque jour, l’actualité nous rappelle les difficultés à surmonter pour atteindre cet objectif. Si nous pouvons être sûrs d’une chose, c’est qu’il n’existe pas de solution simple et rapide pour éliminer le système de violence qui s’est établi et enraciné depuis un quart de siècle à l’est du pays.

Les efforts doivent donc être poursuivis pour éradiquer les groupes armés, mettre fin aux violences commises contre les civils et à l’économie de guerre, redonner confiance aux communautés, rendre justice pour tous les crimes commis, prévenir les nouveaux conflits et donner l’opportunité aux combattants de renoncer aux armes et se réinsérer dans la vie civile, pour autant qu’ils n’aient pas commis de crimes de guerre.

Monsieur le Ministre de la Défense, Monsieur le Chef d’Etat-Major Général de l’Armée,

Depuis la fin de l’année 2019, l’Union européenne et ses Etats membres dont je salue la présence aujourd’hui, ont entrepris une profonde réflexion sur leur engagement futur en matière de soutien à la réforme du système de sécurité en RDC.

Parmi les nombreuses pistes de réflexions qui ont été abordées figure notamment la nécessaire complémentarité de nos appuis dans le domaine de la défense, de la police et de la justice dans le cadre d’une vision stratégique globale de la réforme du secteur de la sécurité pour le pays. Je voudrais insister sur la justice, sans laquelle jamais aucune paix ne peut se construire durablement.

C’est ainsi que nos nouveaux programmes d’appui à la réforme de la justice et de la police qui démarreront dans quelques semaines travailleront en étroite synergie, notamment dans les zones où l’insécurité est la plus grave pour les populations.

Nous avons également partagé le constat que nos efforts conjoints ne doivent pas se limiter aux seules réformes de long terme telles que la modernisation de l’administration à travers la maîtrise des effectifs ou l’amélioration de l’éthique professionnelle. Ces réformes sont certes essentielles, mais il faut aussi pouvoir répondre aux préoccupations immédiates des forces de sécurité et des populations.

Les conditions de vie et de travail des forces de sécurité doivent ainsi pouvoir être améliorées. Un effort particulier doit être consenti pour appuyer les forces de sécurité et les acteurs de la justice dans les zones où les conflits sont les plus graves et où donc les attentes de la population sont les plus fortes.

Partout dans le pays, mais plus encore dans ces zones, l’armée congolaise doit être en mesure d’assumer pleinement sa noble mission de protection des personnes et de leurs biens.

Mais toute intervention de l'UE devra faire partie d'une stratégie nationale. Nous vous encourageons donc à élaborer une stratégie de stabilisation à long terme, plus large qu'une approche purement militaire, mais qui contiendrait également d'autres aspects. C’est dans cet esprit qu’à l’occasion de la récente visite du Président du Conseil européen Charles Michel, les grands axes de l’engagement de l’Union européenne et de ses États Membres aux cotés de la RDC ont été évoqués.

Permettez-moi de citer, peut-être pour s’en inspirer, une réflexion d’un certain colonel de Gaulle en 1932 dans son ouvrage « Vers l’armée de métier » : « Nous devons non pas conserver l’armée de nos habitudes, mais construire l’armée de nos besoins ».

Le forum de haut niveau qui nous réunit ce jour a pour objectif de lancer une réflexion conjointe sur l’identification de ces besoins et l’accompagnement européen pour y répondre.

Celui-ci passe par une analyse objective des acquis de PROGRESS, leur consolidation et leur enrichissement dans le cadre d’un nouveau programme de coopération. Nous serons donc particulièrement attentifs à l’exposé qui nous sera présenté ce matin et aux débats fructueux qui j’espère s’en suivront.

Au-delà,  nous vous invitons également à penser plus loin la coopération européenne, en considérant l’offre de sécurité globale déployée par l’UE sur le continent. Je pense ici au Sahel, à la Corne de l’Afrique, à la RCA, et demain au Mozambique, où l’UE a démontré sa capacité à accompagner la formation et l’équipement d’unités engagées sur les théâtres d’opérations, dans le cadre de la politique de sécurité et de défense commune.

Je formule donc le souhait que le forum de ce jour nous permette d’initier ce cycle de concertation pour contribuer ensemble à la réalisation des objectifs de paix, de sécurité et de développement dans lesquels les FARDC doivent avoir un rôle majeur à jouer.

Je vous remercie.

사설 섹션: