European Union External Action

Dans un monde troublé, l'Europe a besoin de partenaires

10/07/2020 - 19:27
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10/07/2020 - J'ai eu le plaisir de participer ce 9 juillet à une table ronde réunissant des experts renommés dans le domaine des affaires internationales issus de tous les continents, organisée par l'Institut d'études de sécurité de l'UE et le groupe de réflexion Carnegie afin d'examiner comment évoluer ensemble dans ce monde bousculé par la pandémie.

"L'Europe doit être guidée par des principes sans être dogmatique, ouverte sans être faible, progressiste sans faire preuve de naïveté. Nous nous efforçons d'agir dans un cadre multilatéral chaque fois que nous le pouvons et de manière autonome si nous le devons".

 

Dans mon introduction, j'ai essayé de synthétiser les grandes tendances qui façonnent le nouveau paysage géopolitique. À cet égard, il convient, pour commencer, de reconnaître que l'ordre inspiré par l'Occident est en crise.

En effet, pour la première fois depuis des décennies, la pandémie de COVID‑19 constitue une crise majeure dans laquelle les États-Unis ne montrent pas la voie à suivre, le gouvernement américain actuel ayant pris presque totalement ses distances avec l'ordre mondial qu'il a contribué à édifier dans le passé.

 

La Chine affirme de plus en plus sa puissance

La Chine, pour sa part, affirme de plus en plus sa puissance, et nous sommes les témoins d'une rivalité stratégique entre ce pays et les États-Unis, qui constituera probablement l'axe principal autour duquel s'articulera la politique mondiale dans les années à venir.

Nous sommes dorénavant confrontés à une véritable crise du multilatéralisme: le G7 et le G20 sont absents, tandis que le Conseil de sécurité des Nations unies est paralysé et que de nombreuses organisations "techniques" sont devenues des lieux d'affrontement de pays tentant de gagner en influence.

"Le monde est devenu davantage multipolaire que multilatéral".

Il en résulte un monde qui est davantage multipolaire que multilatéral.

Nous assistons aussi à une augmentation des inégalités et à un accroissement des divergences économiques, en Europe comme dans le reste du monde. Et partout sur la planète, nous constatons des tensions entre, d'une part, le respect de la science et l'élaboration de politiques fondées sur des données probantes et, d'autre part, l'attrait persistant qu'exercent le nationalisme et l'autoritarisme sur le plan politique.

Il est évident qu'aucune de ces tendances n'est nouvelle en soi. Cependant, dans le contexte de la crise provoquée par la COVID‑19, c'est leur combinaison qui rend la situation si délicate.

 

L'Europe doit protéger notre modèle

Alors que nous combattons la pandémie et ses conséquences, l'Europe doit protéger l'ouverture de notre modèle et le caractère démocratique de notre système, qui sont à l'origine de notre réussite. Nous n'"imposons" rien à personne. Mais nous ne saurions accepter que notre choix en faveur de la démocratie fasse l'objet de railleries ou d'attaques.

"L'Europe se sent un peu seule, à essayer de maintenir la flamme du multilatéralisme. Nous savons sans le moindre doute que nous avons besoin de partenaires".

Si le diagnostic doit être prudent, nous devons également nous garder de tout fatalisme et de toute paralysie. L'Europe se sent un peu seule, à essayer de maintenir la flamme du multilatéralisme. Nous savons sans le moindre doute que nous avons besoin de partenaires.

J'ai affirmé notre souhait de faire de l'Europe un partenaire de choix. Nous devons être guidés par des principes sans être dogmatiques, ouverts sans être faibles, progressistes sans faire preuve de naïveté. Nous nous efforçons d'agir dans un cadre multilatéral chaque fois que nous le pouvons et de manière autonome si nous le devons.

 

Le partenariat avec l'Afrique est essentiel

Les débats se sont concentrés sur les nombreux domaines dans lesquels la coopération multilatérale pourrait être renforcée, depuis la lutte contre la pandémie et la recherche d'un vaccin fiable reconnu comme bien public mondial à la relance économique et au lien qui l'unit à l'action en faveur du climat, en passant par les défis urgents en matière de sécurité, dans le voisinage de l'Europe et ailleurs dans le monde. Notre partenariat avec l'Afrique a occupé une place importante dans nos échanges de vues, tout comme la question de savoir comment réformer et raviver le multilatéralisme pour faire face aux défis anciens et nouveaux.

"Nous devons être capables de résoudre les problèmes et de protéger les citoyens. Pour le moment, les résultats sont insuffisants. Nous devons faire mieux collectivement."

Enfin, nous devons prouver à nos concitoyens que "le système" est capable de résoudre les problèmes et de les protéger. Pour le moment, les résultats sont insuffisants. Il est de notre responsabilité collective de faire mieux.

Nos échanges m'ont convaincu que nombreux sont ceux qui, dans d'autres régions du monde, aspirent à travailler en partenariat avec l'Europe. Ils veulent que l'UE se mobilise davantage, mieux et plus rapidement. Ce ne sera peut-être pas toujours facile à réaliser, mais le message a été parfaitement entendu.

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