European Union External Action

Communiqué de presse conjoint UE-Maurice: Troisième dialogue politique de haut niveau UE- Maurice sur le genre

Mauritius , 29/06/2020 - 13:01, UNIQUE ID: 200629_6
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La Ministre de l'Egalité des Genres et du Bien-être de la Famille et l'Ambassadeur de l'Union européenne auprès de la République de Maurice ont co-présidé le troisième dialogue politique sur le genre. Le dialogue a eu lieu en présence de l'Ambassadeur de France, S.E.M. Emmanuel Cohet. Il a permis de faire un état des lieux de la mise en œuvre du partenariat Union européenne-Maurice pour l'égalité du genre, avec comme mot d'ordre "protéger les femmes contre la violence" notamment dans le contexte de la pandémie de COVID-19. Il a aussi permis d'identifier un certain nombre d'améliorations à apporter et de mesures à mettre en œuvre pour que l'égalité de genre devienne une réalité à tous les niveaux.

Dans son allocution d'ouverture, l'Ambassadeur de l'Union européenne auprès de la République de Maurice, S.E.M. Vincent Degert, a déclaré:

- "La question qui nous préoccupe le plus en ce moment, c’est le phénomène grandissant de feminicide et l’impact de la pandémie sur la violence conjugale.  La mise en place d'un Comité de Haut Niveau sur la violence contre les femmes sous l'égide du Premier Ministre est un signal fort qui doit imprimer une nouvelle dynamique dans les administrations comme dans la société.  A travers ce dialogue politique dédié sur le genre, nous voulons réaffirmer notre engagement à appuyer le gouvernement dans sa lutte contre ce fléau et plus généralement de renforcer la place de la femme dans la société mauricienne."

La Ministre de l'Egalité des Genres et du Bien-être de la Famille, l'Honorable Madame Kalpana Devi Koonjoo-Shah, devait pour sa part déclarer :

- "Le troisième dialogue politique sur le genre est l’occasion pour l’Union Européenne et le gouvernement  mauricien de faire le bilan des progrès accomplis durant l’année écoulée sur la base du cadre de suivi conjoint adopté en mai 2018. Nous avons vécu ces derniers mois une nouvelle expérience, nous faisons d’ailleurs face à de nouveaux défis. Cette situation nous oblige à revoir toute notre stratégie en ce qui concerne la promotion et le respect de l’égalité hommes-femmes. La pandémie Covid-19 a eu un impact sur le rôle de la femme dans la société. Il est de ce fait primordial de revoir nos stratégies. L’émancipation économique et sociale de la femme et des jeunes filles, les différentes formes de violence à l’égard des femmes et des filles et la participation féminine dans les prises de décision, sont autant de thématiques qui nous interpellent. Et c’est ce dont nous avons justement discuté aujourd’hui. Dans le contexte de la Pandémie Covid-19, la collaboration de l’Union Européenne, avec qui nous partageons une vision commune, demeure très importante. "

Le dialogue politique de haut niveau genre est un rendez-vous annuel entre le Gouvernement de Maurice et l'Union européenne. Lancé en mai 2018, ce dialogue a deux objectifs:

  1. Faire le suivi, sur la base d'un cadre conjoint, des actions mises en œuvre par l'UE et le gouvernement de Maurice pour promouvoir l'égalité du genre à tous les niveaux.
  2. Discuter des actions à mettre en œuvre pour que l'égalité du genre devienne une réalité dans toutes les sphères de la vie - économique, sociale et politique.

Pendant 2 heures, réunis dans la salle de conférence du Ministère, les participants y compris les points focaux genre de plusieurs ministères, ont discuté des progrès réalisés en matière d'égalité de genre (objectif de développement durable No 5). Ils ont évoqué les actions conjointes mises en œuvre par l'UE et le gouvernement notamment la marche silencieuse du 23 novembre dernier et la promotion d'un message commun de la Ministre et de l'Ambassadeur de l'UE pendant le confinement pour encourager les citoyens à agir contre la violence envers les femmes et les filles. Ils ont également discuté des recommandations pour promouvoir l'égalité du genre à Maurice formulées par Madame Nicole Ameline, membre du Comité des Nations Unies pour l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes (CEDAW) lors de sa visite en janvier dernier.

Les participants ont également examiné les obstacles à l'égalité de genre et identifié un certain nombre de points à améliorer en particulier la détermination de l'ampleur du phénomène à travers des statistiques précises et leur analyse par l'observatoire, mais aussi l'adoption de lois progressistes et leurs applications. Dans un contexte de pandémie de COVID-19, la réunion a également été l'occasion pour les participants d'analyser les enseignements tirés de l’impact de la pandémie sur la violence conjugale et familiale et de formuler les propositions pour mieux répondre à ce type de situations à l'avenir.

A l'issue de la réunion, les co-présidents ont acté une série de conclusions et ont fait état des travaux qui restent à accomplir pour atteindre l'objectif de développement durable No 5:

  • Ils ont établi, sur la base du suivi du cadre conjoint, que si des avancées importantes ont été réalisées, il reste un chemin à parcourir ;
  • Ils ont identifié les chantiers en cours et les priorités sur lesquelles il est nécessaire de se mobiliser, d’allouer des ressources financières selon le "costed gender action plan" et ainsi de renforcer les interventions en faveur des femmes;
  • Ils ont confirmé leur engagement à continuer à travailler ensemble pour lutter contre toutes les formes de discrimination envers les femmes et les filles et promouvoir leur pleine participation dans toutes les sphères de la vie - économique, sociale et politique en y associant la société civile et le secteur privé;
  • Ils ont annoncé un certain nombre d'actions prioritaires sur lesquelles ils travailleront ensemble, notamment sur l'adoption des lois et leur mise en œuvre.

Contexte :

Le dialogue politique genre fait suite à une réunion technique préparatoire, organisée le 18 février dernier, à laquelle les points focaux genre des ministères et les représentants de la Délégation de l'Union européenne avaient pris part. Le cadre conjoint (Joint Monitoring Framework), qui est au centre de ce dialogue, a été adopté en 2018; il inclut trois priorités sur lesquelles le gouvernement de Maurice et l'UE ont convenu de travailler, à savoir:

  1. La lutte contre toute forme de violence à l’égard des femmes et des jeunes filles;
  2. L'émancipation économique et sociale des femmes et des jeunes filles: accès à une éducation et à une formation de qualité, à des emplois décents, aux services financiers et aux services de base tels que l’eau potable ou l’énergie;
  3. Le renforcement de leur voix et de leur participation: notamment la participation des femmes à l'élaboration des politiques et à la prise de décision à tous les niveaux.

L'Union européenne est engagée à plusieurs niveaux à Maurice pour promouvoir l'égalité de genre:

  • Financement d'une analyse sur les inégalités entre les hommes et les femmes ('gender gap analysis') pour la République de Maurice; cette analyse est utilisée pour intégrer le genre dans l'ensemble des actions de l'Union européenne à Maurice.
  • Appui au gouvernement pour l'élaboration du projet de loi sur l'égalité de genre (Gender Equality Bill), pour les enfants (Children's Bill) et sur l'adoption (Adoption Bill).
  • Financement du projet de la Commission nationale des droits de l'homme pour sensibiliser les différents groupes cibles à Maurice et à Rodrigues sur le respect des droits de l'homme, notamment sur la protection des droits des femmes et des enfants. Plus de 10 000 personnes y compris des jeunes et des femmes ont déjà été sensibilisées sur les droits humains et les voies de recours en cas de non-respect de ces droits. Par ailleurs, la Commission Nationale des Droits Humains (NHRC) a invité, en janvier dernier, Madame Nicole Ameline, membre du Comité des Nations Unies pour l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes (CEDAW) pour animer une série de conférences, y compris une conférence intitulée "Procédures du CEDAW à l'égard des femmes: les enjeux pour Maurice"
  • Financement du projet de l'Ombudsperson for children pour sensibiliser les enfants sur leurs droits.
  • Appui aux projets de la société civile pour l'autonomisation des femmes et l'éducation des filles avec le Decentralised Cooperation Programme et des lignes thématiques budgétaires pour les organisations de la société civile. L'UE attribuera d’ici fin 2020  des subventions pour un montant d'EUR 1 315 000 à des organisations non gouvernementales dans le cadre d'un appel à projets dans des domaines tels que l'égalité de genre et l'autonomisation des femmes et des filles.
  • Actions de sensibilisation avec la campagne Rise and Shine; cette campagne a mis en avant, pendant toute une année (en 2019), 10 ambassadeurs qui défendent les droits humains et permis de mobiliser les citoyens lors d'une marche silencieuse dans les rues de Port Louis pour dire non aux violences faites aux femmes. Ces actions de sensibilisation se poursuivent cette année.
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