European Union External Action

Appui de l’UE au secteur de l'éducation : un partenariat pour que les apprenants au Maroc puissent réussir leur parcours d’apprentissage !

26/06/2020 - 14:00
Education and Research

L’éducation des jeunes générations constitue un axe constitutif des sociétés de demain. Pouvoir bénéficier d’un système éducatif accessible, inclusif, équitable et de qualité est un droit reconnu dans la Constitution marocaine. C’est la raison pour laquelle le Royaume du Maroc et l’UE consolident leur coopération de confiance et de long terme qui vise à améliorer la performance du système d’enseignement marocain au fil des années.

 

 

L’éducation des jeunes générations constitue un axe constitutif des sociétés de demain. Pouvoir bénéficier d’un système éducatif accessible, inclusif, équitable et de qualité est un droit reconnu dans la Constitution marocaine. C’est la raison pour laquelle le Royaume du Maroc et l’UE consolident leur coopération de confiance et de long terme[1] qui vise à améliorer la performance du système d’enseignement  marocain au fil des années. Ainsi, notre partenariat couvre de multiples dimensions :

  • L’éducation de base couvrant l’éducation primaire, le collégial et le lycée
  • L’enseignement supérieur, notamment à travers le partenariat Erasmus + et de recherche
  • La formation professionnelle
  • L’alphabétisation

Pourquoi l’UE s’investit-elle dans ce secteur ? 

L’éducation d’aujourd’hui prépare les sociétés de demain. La "Résolution du Parlement européen sur l’aide européenne au développement dans le domaine de l’éducation"[2] de novembre 2018 déclare l’aide à l’éducation une priorité :

« l’éducation est un droit humain fondamental et est centrale pour la réalisation de l’ensemble des Objectifs de développement durables. Elle empêche la transmission de la pauvreté entre les générations et joue un rôle capital dans la réalisation de l’égalité entre les femmes et les hommes. » 

Ainsi, l’UE finance actuellement trois programmes dans le domaine de l’enseignement au Maroc, le Programme Intégré d’Appui à la Formation et l’éducation (PIAFE), signé en avril 2020, mobilisant un don de 1.5 milliards de dirhams, le programme FORCAP en appui au secteur de la formation professionnelle, et la troisième phase de l’appui à la lutte contre l’analphabétisation. Toutes ces actions accompagnent l’opérationnalisation de la Loi-cadre 51.17 de l’enseignement, mettant au centre du système l’individu et son droit à un apprentissage de qualité tout au long de la vie.

« L’éducation, le développement des compétences et l’épanouissement des individus, qui sont au cœur de notre action, font partie intégrante du développement des sociétés au 21° siècle. En ce moment particulier, où le monde entier est touché par cette pandémie, nous nous devons d’investir encore plus dans les compétences et le développement humain. Nous devons accompagner en particulier la jeunesse, lui donner le bagage dont elle a besoin pour s’intégrer socialement, professionnellement et économiquement. Ne pas le faire serait prendre un risque pour le développement harmonieux de la société d’aujourd’hui et de demain, et nous amènerait à devoir assumer dans le futur un coût bien plus important. » Mme Claudia WIEDEY, Ambassadrice de l’UE au Maroc

L’enseignement au Maroc à fait du chemin ... mais il y a encore tant de défis pour un enseignement de qualité pour toutes et tous

Le Maroc a réussi son effort de massification de l’enseignement primaire et renforcé la scolarisation au niveau collégial. Ceci a représenté un effort remarquable en termes d’infrastructures, surtout en zone rurale, où souvent il n’y avait pas d’école. Il a été nécessaire dans le même temps de recruter parmi les citoyens marocains des milliers de nouveau enseignants, qui parfois débutaient dans le métier. L’urgence était de pouvoir accueillir, en très peu de temps, des millions de nouveaux élèves partout au Maroc pour un accès démocratisé à l’école.

La généralisation de l’accès à l’éducation était la base de départ pour la construction d’un système scolaire propre au pays. Ainsi, la durée de « vie scolaire » moyenne des élèves au niveau national[3] a fortement évolué: en 1982, celle-ci était de 0,8 année de scolarité ; en 1994, elle s’établissait à 3,13 années pour atteindre 4,04 en 2004. En 2014, avec le renforcement du système collégial, le système a atteint 5,64 années de scolarité en moyenne[4] (sachant que les écarts entre les territoires les plus défavorisés, scolairement parlant, et ceux les mieux nantis, peuvent être de plus de 11 années de scolarité[5]).

Avec la généralisation de l’accès, l’autre pilier de l’éducation est celui de la qualité des apprentissages. Réussir les deux à la fois est un pari extrêmement difficile pour lequel le Maroc déploie beaucoup de moyens humains et financiers et d’efforts et que notre partenariat soutient.

Ainsi, après le Plan d’Urgence, la Vision stratégique à 2030 et sa Loi-Cadre 51.17 d’application ont recentré l’attention tant sur la qualité que sur l’équité et l’apprentissage tout au long de la vie. Il s’agissait d’assurer l’inclusion de ces citoyens qui n’ont pas pu fréquenter l’école et sont analphabètes, ou qui ont eu un parcours difficile et qui se retrouvent aujourd’hui en situation de vulnérabilité.

Le chantier de la qualité et de l’équité, complémenté par les dotations en infrastructures, replace l’humain en tant qu’élément central. Ce sont des actions dont les impacts se mesureront sur le moyen et long terme.

Le partenariat Maroc-UE se concentre sur toutes ces dimensions depuis quelques années, à appuyer la réforme de l’éducation dans le Royaume. Il s’agit également d’associer tous les acteurs possibles pour relever ces défis. Les familles, le secteur privé, la société civile, les partenaires internationaux, chacun à un rôle à jouer pour la réussite de ce chantier de priorité nationale.

# Madrastna !

 Le PIAFE, un nouveau partenariat UE – Maroc pour remettre au centre du système l’apprenant et son projet personnell

Avec le PIAFE (Programme Intégré d’Appui à la Formation et l’éducation) la coopération entre le Royaume du Maroc et l’Union européenne prend un nouvel élan. De par sa conception, le programme vise à fédérer les acteurs du système autour du projet de l’élève. Une meilleure coordination des institutions et personnes responsables des services d’enseignement pour mutualiser les efforts, synergies et offrir une réponse aux attentes des apprenants, qu’ils soient des élèves de l’éducation nationale, stagiaires de la formation professionnelle ou bénéficiaires de cours d’alphabétisation…   

  • L’apprenant et ses projets au centre du système d’enseignement …

Accompagner le parcours de chaque apprenant pour lui offrir les meilleures opportunités d’enseignement possibles : c’est l’ambition que se donne le Maroc avec la nouvelle Vision que l’UE soutient. Il n’est pas toujours aisé pour un jeune, de trouver sa voie, de dessiner son parcours, son rêve. Avoir un rêve, une projection de soi dans le futur, c’est l’ingrédient qui permet de dépasser les difficultés et parfois qui porte à franchir à nouveau la porte d’un établissement d’enseignement.

Clarifier la voie de son projet personnel nécessite souvent un dispositif d’orientation scolaire et professionnelle performant, un appui de la famille et des proches. Il nécessite aussi d’avoir une « deuxième chance » pour ne pas se sentir délaissé ou exclu.  

Le Maroc a saisi l’enjeu et a décidé le déploiement d’un dispositif d’orientation plus proche des jeunes, avec la mise en place du nouveau rôle de « professeur principal » qui, en complémentarité avec les conseillers en orientation, permettra un suivi plus précis des projets des élèves au collège (chaque professeur principal pourra suivre un maximum de 4 classes en même temps).

 Par ailleurs, de nouveaux modes de gestion des établissements s’articuleront autour des projets personnels des apprenants. Ceci en passant notamment par l’inclusion de ce volet dans les projets d’établissement.

Cependant, la participation des familles et de l’environnement de l’établissement d’enseignement est cruciale pour réussir les défis de la qualité de l’enseignement. Ainsi, le partenariat Maroc-UE accorde une place importante aux actions de mobilisation des parents et tuteurs, comme des acteurs de terrain. Afin de leur permettre de s’impliquer davantage dans la scolarité de leurs enfants, le premier pas est celui d’organiser, systématiser une interaction régulière entre les parents et le personnel éducatif. Les moyens technologiques existent déjà, notamment via l’application MASSAR, mais le dialogue autour des apprentissages des élèves entre l’enseignant et le parent reste une clé pour aider un apprenant à ne pas décrocher. Des textes réglementaires sont prévus par le département de l’Education Nationale, pour instaurer l’obligation de ces moments d’échange - en début d’année et lors de la remise des bulletins semestriels – afin de créer un environnement propice à l’amélioration des apprentissages, et pour anticiper et gérer, les difficultés auxquels l’élève peut être confronté

En parallèle, il s’agira de renforcer l’émergence d’associations de parents et tuteurs d’élèves - ainsi que leur rôle au sein des établissements - pour qu’elles puissent être plus impliquées et qu’elles jouent ce rôle de communication constructive indispensable à la réussite de tout projet de société.

  • ...mais aussi la réduction des inégalités en milieu scolaire !

En 2020, la crise du COVID a impacté tous les secteurs y compris celui de l’enseignement. C’est désormais démontré : la fermeture temporaire et non anticipée des établissements a accentué les inégalités dans les apprentissages, tout âge confondu.

Le partenariat Maroc-UE tirera les leçons de cette période difficile pour approfondir l’approche de discrimination positive préconisée par la Loi-Cadre 51.17, qui vise à donner plus à ceux et celles qui en ont davantage besoin.

Ainsi, pour les années à venir, le partenariat Maroc-UE dans le secteur de l’éducation s’est fixé plusieurs objectifs, dont notamment :

  • La réduction des écarts de scolarité filles-garçons au collégial en zone rurale ;
  • L’augmentation de nombre de bénéficiaires de cours d’alphabétisation fonctionnelle ;
  • L’approfondissement de la stratégie de discrimination positive, transversale au secteur de l’éducation et la formation au Maroc, pour que l’appui social puisse être affecté à l’apprenant selon ses besoins et indépendamment de son domaine de formation.
  • …et l’importance du continuum d’enseignement, pour réussir son projet personnel tout au long de la vie

Lorsqu’il franchit les portes de l’école pour la première fois, le jeune ne sait pas encore combien sa vie d’apprentissage sera riche et diversifiée. Du préscolaire à la formation professionnelle, du collégial à l’enseignement supérieur, de nombreuses voies existent et se croisent. Actuellement, le système perd les traces des accomplissements de l’apprenant lors du passage de l’éducation à la formation professionnelle ou à l’enseignement supérieur. A l’avenir, chaque apprenant de l’enseignement aura un numéro d’identifient national, unique et utilisable tout au long de son apprentissage avec n’importe quel opérateur. Cet identifient, en plus de lui faciliter les démarches administratives et les transferts d’un établissement à l’autre, permettra une meilleure prise en charge de ses besoins. Ce système sera utile autant pour les apprenants que pour un pilotage efficace du système avec une vision claire des abandons.

D’autre part, démultiplier les passerelles entre l’éducation et la formation, permettra de valoriser le parcours des apprenants, et de leur offrir une chance d’avancer avec leurs apprentissages, tout au long de la vie. Dans ce cadre, l’opérationnalisation du Cadre National de Certification sera l’élément de facilitation maitre du jeu.

In fine, le système de l’éducation et de la formation au Maroc concerne plus de 9 millions d’apprenants. La gestion efficace d’un tel nombre de bénéficiaires ne sera possible qu’à travers une intégration, à tous les niveaux, de systèmes d’information performants et adéquats. Le PIAFE prévoit dans ce contexte la mise en place d’un Système d’information Géographique qui aidera, par exemple, la planification de l’offre de formation de manière plus coordonnées (surtout au niveau local).

  • Le renforcement des capacités du système, pour une utilisation efficace et efficiente de toutes les ressources

Le budget de l’Etat Marocain consacre plus de 20% de ses ressources au secteur de l’éducation, un investissement qui répond à l’ambition que le Maroc s’est donné pour reformer son système. Mais il y a encore nécessité d’optimiser ces ressources.

Il s’agit de développer les mutualisations et synergies entre les actions des départements, pour optimiser les coûts et créer les passerelles. Il s’agit aussi de renforcer les capacités des personnes qui, au niveau administratif ou pédagogiques, se consacrent à ces chantiers lancés par le Maroc, dans l’éducation nationale, la formation professionnelle ou encore pour les domaines de l’alphabétisation. Définir les compétences nécessaires à chaque poste et le plan de formation pour que ces compétences soient acquises et utilisés sera donc un des axes porteurs du nouveau partenariat PIAFE.

Comment se déroule notre partenariat MAROC UE dans le secteur de l’éducation ?

Le partenariat Maroc UE est organisé autour de deux modalités : l’aide budgétaire et les actions d’accompagnement.

L’aide budgétaire consiste à transférer des ressources au budget du Maroc, sur la base d’indicateurs de performance établis à l’avance. Le financement budgétaire est un atout considérable car il est centré autour des priorités nationales, propres au Maroc, et assure ainsi la durabilité. Chaque année, les avancées et les résultats atteints sont évalués par rapport à des cibles prédéfinies.  Cette évaluation permet d’identifier les faiblesses éventuelles et de trouver des solutions adaptées.

Les actions d’accompagnement permettent de mobiliser des expertises spécifiques, techniques, stratégiques nécessaires à faire avancer les chantiers prioritaires de la réforme de l’enseignement au Maroc. Les actions prennent différentes formes. Elles sont notamment menées par de l’expertise privée, de l’expertise publique, provenant directement d’administration d’Etats Membres de l’UE ou encore par des acteurs non étatiques actifs dans le domaine de l’enseignement. Grâce à ces actions, le Maroc et l’UE peuvent ensemble tester, innover et développer de nouvelles approches dans un parcours de collaboration

  • Le programme PIAFE : quelques repères

Période de l’action

2020 – 2025

Instrument  utilisé

Montant total : 1.5 milliards de dirhams (140 M€)

Appui budgétaire : 1.28 milliards MAD (91,5%)

Expertise technique 70 millions MAD (5,35%)

Appel à projet - concours 20 millions (1,5%)

Jumelage (expertise publique): 17.5 millions (1,25%)

Autres (évaluation – audit) 5 millions MAD (0,5%)

Partenaires de mise en œuvre

Ministère de l’éducation nationale, de la formation professionnelle, de l’enseignement supérieur et de la Recherche scientifique

Agence nationale de lutte contre l’alphabétisme

Ministère de l’Economie, des Finances et de la Réforme Administrative

Complémentarités

Programme d’appui à la formation professionnelle « FORCAP »

Programme UE / BEI de construction d’écoles communautaires (en formulation)

Programme d’appui à l’alphabétisation

Montant annuels prévus

 

Programmes précédents

Education II (2014-2019)

 

Régions pilotes

Tanger-Tétouan - Al Hoceima ; Oriental ; Rabat- Salé – Kenitra ; Casablanca – Settat ; Souss – Massa ; Marrakech – Safi ; Beni Mellal – Khénifra ; Fés – Meknes ; Draa – Tafilat. 

 

[1] La coopération Maroc UE dans le secteur éducation est active depuis plus de vingt ans.

[3] Celles-ci sont fondées sur les travaux du CSEFRS, notamment Atlas territorial de la scolarité et PNEA (2016)

[4] Un progrès certain qui reste à améliorer car la « durée moyenne de scolarité satisfaisante » permettant d’envisager un développement humain hors de l’illettrisme est estimée à 7 ans

[5] La durée de vie scolaire dans certains douars est d’environ 3 ans et elle peut être de près 14 ans (moyenne européenne) dans certains quartiers de Rabat.

Languages: