European Union External Action

Lancement public du livre Salonga

Bruxelles, 19/03/2019 - 10:38, UNIQUE ID: 190319_7
Press releases

La sortie de ce magnifique ouvrage est un événement fort attendu par la communauté des partenaires du développement et de la conservation de la biodiversité. Ce livre est une carte de visite de premier choix pour faire connaître les beautés du Parc de la Salonga, mais aussi les enjeux multiples qui l'entourent.

Cette allocution est prononcée par l'Union Européenne, au nom de et en concertation avec les deux autres bailleurs publics du Parc, les États-Unis et l'Allemagne. Elle reflète aussi l'opinion du Groupe Inter-Bailleurs sur l'Environnement en RDC (GIBE) dont l'Union Européenne exerce actuellement la coordination.

La sortie de ce magnifique ouvrage est un événement fort attendu par la communauté des partenaires du développement et de la conservation de la biodiversité. Ce livre est une carte de visite de premier choix pour faire connaître les beautés du Parc de la Salonga, mais aussi les enjeux multiples qui l'entourent.

Pourquoi la protection d'une aire protégée aussi vaste que le Parc National de la Salonga revêt-elle tant d'importance pour les donateurs de la coopération internationale ?

Parce que cette immense étendue de forêts primaires, de rivières et de marécages – 35.000 km2 ! – constitue un capital naturel inestimable pour le pays, non seulement pas son exceptionnelle biodiversité, riche de quelques espèces endémiques très emblématiques, mais aussi par son rôle régulateur sur le régime hydrique du fleuve Congo et sur le climat. Or ce patrimoine d'importance mondiale est en péril. Nous en sommes au paradoxe que la société humaine, de plus en plus nombreuse, est en train d'épuiser les ressources mêmes qui garantissent sa subsistance actuelle et future. De grands moyens doivent être investis pour inverser cette tendance.

En outre, l'expérience montre qu'un accompagnement de long-terme pour la protection de ce paysage naturel, de sa faune et de sa flore, est aussi l'opportunité pour enclencher une spirale positive de développement et de construction durable d'un état de droit et de paix, au bénéfice de sa population. C'est un pari sur l'avenir, un pari qui peut réussir si toutes les parties prenantes adhèrent au même idéal, même si leurs intérêts peuvent être différents. Ce qui est différent n'est pas forcément incompatible.

Mais c'est aussi un pari qui peut échouer si des intérêts adverses s'érigent en chemin.

Une démarche de développement fondée sur la conservation d'un écosystème naturel – et donc la préservation des services environnementaux qu'il fournit aux communautés – est incompatible avec le développement de l'exploitation pétrolière sur ce même site. La pollution et la destruction irréversible engendrées par celle-ci ne pourront jamais être compensées par les revenus encore incertains et de court-terme que pourrait apporter le pétrole. Il existe aussi des gisements en-dehors et à bonne distance des aires protégées. Privilégions ceux-là, pour que celles-ci, et en particulier, le Parc National de la Salonga, demeurent définitivement des territoires inaliénables.

D'autre part, il est évident que les institutions responsables de la gestion d'une aire protégée ont la responsabilité et le devoir d'accomplir leur mission et de faire appliquer la loi tout en respectant les droits et l'intégrité des populations, en particulier des peuples autochtones. C'est en ce sens que des formations adéquates sont délivrées aux garnisons d'éco-gardes, que des codes de conduite sont rédigés à leur intention, que des guichets de réception des plaintes sont établis, que des inspections rigoureuses sont effectuées. Il est tout aussi évident que tout cas où cette responsabilité et ce devoir ne sont pas correctement remplis doit être révélé et sanctionné justement. Nous apprécions la détermination déclarée par l'ICCN et le WWF d'appliquer une tolérance zéro. Nous prenons tous très au sérieux la question des droits de l'Homme, même et surtout quand il s'agit de protéger la faune et la flore sauvages. Néanmoins, ce genre de révélations est apparu récemment sous formes de lettres ouvertes et d'articles de presse, ciblant notamment le Parc de la Salonga. Nous prenons ces allégations très au sérieux et sommes convaincus que les institutions responsables du site, l'ICCN et le WWF, en font de même. Nous confions en leur capacité de démontrer leur intégrité et leur capacité de gestion rigoureuse mais humaine des situations souvent complexes, notamment par une enquête indépendante. Nous devons tous rester vigilants pour faire en sorte que les droits de l'Homme soient respectés partout et en toute circonstance.

Longue vie et plein succès au Parc National de la Salonga !

Je vous remercie pour votre attention.

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