European Union External Action

Déclaration de Mme Federica Mogherini, haute représentante de l'Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité et vice-présidente de la Commission lors du conseil ministériel de l'OSCE à Bâle, le 4 décembre 2014

Bruxelles, 04/12/2014 - 00:00, UNIQUE ID: 141204_01
Statements by the HR/VP

Si la crise en Ukraine et dans la région pousse l'OSCE à l'extrême limite de ses capacités, elle a aussi mis en lumière les forces et le bien-fondé de cette organisation.

La crise ukrainienne a souligné, premièrement, toute la valeur du concept de sécurité globale de l'OSCE. Elle a montré qu'il ne saurait y avoir de sécurité ni de stabilité durables sans bonne gouvernance et respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales. En conséquence, le fait que les principes et les engagements de l'OSCE soient de plus en plus bafoués dans certains pays de l'OSCE n'a de cesse de nous préoccuper vivement. Cette crise nous a rappelé les raisons pour lesquelles nous avions convenu, voilà plus de vingt ans, que les engagements concernant la dimension humaine présentaient un intérêt direct et légitime pour l'ensemble des pays participants et ne relevaient pas exclusivement des affaires intérieures de l'État concerné.

Deuxièmement, les événements qui se sont déroulés en Ukraine et dans la région ont démontré la valeur des opérations sur le terrain menées par l'OSCE. Nous soutenons le travail impartial de la mission spéciale d'observation et saluons ses activités d'établissement de rapports et sa capacité d'adaptation au changement. Nous saluons également la manière dont le coordinateur de projet en Ukraine a réagi à l'évolution de la situation.

Troisièmement, l'engagement du BIDDH, du haut commissaire pour les minorités nationales et du représentant de l'OSCE pour la liberté des médias témoigne du rôle vital et indispensable joué par les institutions autonomes de l'OSCE dans l'aide apportée aux États participants pour leur permettre de tenir leurs engagements.

Je tiens ici à dire, au nom de toute l'Union européenne, combien nous apprécions les efforts déployés par la présidence suisse face à la crise en Ukraine et dans la région, notamment dans le cadre du groupe de contact trilatéral, et combien nous louons l'excellent et précieux travail qu'Heidi Tagliavini a effectué et effectue encore sur ce dossier. Nous saluons l'engagement pris par la présidence serbe entrante de continuer d'accorder une priorité élevée à cette crise, tout en suivant une approche équilibrée. Nous ne doutons pas que la présidence entrante mettra tout en œuvre pour défendre les principes et les engagements de l'OSCE.

Nous devons œuvrer tous ensemble à la recherche d'une solution politique durable à la crise en Ukraine et dans la région. Quelle que soit la solution retenue, elle doit être fondée sur le respect de l'indépendance, de la souveraineté et de l'intégrité territoriale de l'Ukraine. Il importe, pour commencer, que le protocole et le mémorandum de Minsk, qui forment l'unique cadre commun, soient mis en œuvre intégralement et sans délai.

Il est certain que rien d'important ne pourra advenir sans l'engagement authentique et constructif de la Russie. La Russie doit assumer et exercer ses responsabilités. Il convient de mettre un terme à l'afflux d'armes, d'équipements et de troupes franchissant la frontière depuis la Russie. Nous appelons, de même, au retrait de toute force, de tout mercenaire et de tout matériel militaire illégaux et étrangers de l'est de l'Ukraine.

Pour parvenir à une solution politique durable, il est également nécessaire d'intensifier les réformes politiques et économiques en Ukraine. Je suis convaincue que le nouveau parlement et le nouveau gouvernement ukrainiens reprendront le processus de réformes tambour battant. L'Union européenne continuera de soutenir l'Ukraine dans les efforts qu'elle déploie et appelle à la reprise d'un véritable dialogue national.

Ainsi que nous l'a rappelé le président, le conseil ministériel de l'OSCE de cette année se distingue beaucoup des précédents. L'annexion illégale de la Crimée et de Sébastopol par la Russie et les actions de déstabilisation menées dans l'est de l'Ukraine ont constitué une violation grave des principes et engagements essentiels de l'OSCE, consacrés notamment par l'acte final d'Helsinki et la charte de Paris. Il s'agit du principal problème que nous ayons à résoudre aujourd'hui et dans un avenir proche.

Nul n'est besoin de renégocier ces principes et engagements ni d'en élaborer de nouveaux pour régler la crise actuelle. Les principes existants constituent depuis de nombreuses années les jalons de la sécurité européenne et ils n'ont rien perdu de leur validité. Ils ne sont en fait pas négociables, ce qui vaut notamment pour le principe de l'inviolabilité des frontières.

L'érosion de la confiance à laquelle nous assistons aujourd'hui ne peut être vaincue qu'en restaurant le respect des principes essentiels de l'OSCE et qu'en instaurant un dialogue authentique et ouvert. J'espère que toutes les parties concernées sont prêtes à saisir l'occasion offerte par ce conseil ministériel d'engager un processus dans cette direction.

La crise en Ukraine et dans la région n'est pas le seul conflit inscrit à notre ordre du jour. Il importe également d'obtenir des progrès tangibles dans la résolution des conflits qui perdurent en Géorgie, en République de Moldavie et dans le Haut-Karabakh. Nous savons pertinemment que le temps qui passe ne joue pas en faveur de la paix.

Cela fera quarante ans, l'année prochaine, que l'acte final d'Helsinki aura été signé (1975). Le processus Helsinki+40 reste un moyen de résorber la crise de la sécurité européenne et de rechercher un terrain d'entente pour aller de l'avant. L'heure ne saura toutefois être à la célébration, l'an prochain, si les principes de base de l'acte final d'Helsinki, le document que nous commémorerons, continuent de faire l'objet de graves violations. Nous espérons que le groupe de personnalités éminentes pourra contribuer à relancer un véritable dialogue.

Les discussions que nous tenons ici, M. le président, sous votre présidence, pour laquelle je souhaiterais vous remercier à nouveau, représentent une formidable occasion d'engager un processus conduisant à un respect renouvelé des principes essentiels sous-tendant la sécurité en Europe. L'OSCE est, par définition, une enceinte consacrée au dialogue sur la sécurité européenne et jamais nous ne devrions sous-estimer son importance. Je suis persuadée que nous sommes tous pleinement conscients de l'importance de nos responsabilités individuelles et collectives.

Je vous remercie.

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