European Union External Action

EUNAVFOR Atalanta: 10 ans de lutte contre la piraterie en Somalie

Bruxelles, 08/12/2018 - 11:58, UNIQUE ID: 181208_2
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EUNAVFOR Atalanta: 10 ans de lutte contre la piraterie en Somalie

L’opération ATALANTA de la force navale de l’UE (EUNAVFOR), la première opération maritime européenne de politique de sécurité et de défense commune, a été lancée le 8 décembre 2008 pour faire face à la crise de la piraterie somalienne et soutenir la résolution 1816 (2008) du Conseil de sécurité des Nations unies. Le trafic maritime international qui empruntait les routes commerciales est-ouest entre l’Europe et l’Asie était alors la cible de groupes criminels violents qui opéraient depuis la côte somalienne et qui s’emparaient de plus en plus de navires ainsi que de leur équipage et de leur cargaison pour exiger une rançon. Ces actes de piraterie avaient comme conséquence directe de saper les efforts humanitaires dans la région et de maintenir la violation de l’embargo des Nations unies sur les armes.

Federica Mogherini, haute représentante et vice-présidente de la Commission: «La paix et la sécurité sont au cœur du partenariat UE/Afrique. Grâce à l’opération Atalanta de l’EUNAVFOR, nos concitoyens et concitoyennes en uniforme luttent avec succès contre la piraterie depuis 10 ans, pour le plus grand bénéfice de nos deux continents. Nous continuerons à faire preuve du même engagement pour éviter le retour de la piraterie dans la région. L’opération ATALANTA de l’EUNAVFOR est un exemple éclairant de la défense européenne mise en action.»

 

Principales réalisations

La piraterie somalienne a eu un coût à la fois humain et économique. D’après les calculs, plus de 215 personnes ont été prises en otage et beaucoup d’entre elles ont subi diverses blessures physiques et/ou des traumatismes mentaux. D’autres ont même été tuées par les pirates somaliens. Au cours des dix dernières années, l’opération Atalanta de l’EUNAVFOR a permis de réduire fortement l’importance de la piraterie somalienne:

• le nombre d’attaques est passé de 176 en 2011 à seulement quatre tentatives en 2018;

• depuis octobre 2016, personne n’a été pris en otage et aucun navire n’a été confisqué; 

• l’EUNAVFOR a pu acheminer dans les ports somaliens 100 % de l’aide au titre du programme alimentaire mondial (PAM), soit 1,8 million de tonnes, grâce à l’application de bonnes pratiques de gestion, notamment l’affectation d’équipes armées de sécurité, les détachements autonomes de protection des navires, auprès des bateaux affrétés par le PAM;

• le coût de la piraterie somalienne pour l’industrie du transport maritime est passé de presque 7 milliards d’USD en 2011 à 1,4 milliard à la fin de 2017. Pour les pays et les citoyens européens, cela a permis de maintenir la libre circulation des marchandises et des matériaux depuis et vers l’Europe et de réduire les coûts pour le producteur européen et les prix pour le consommateur européen. 

 

Un effort commun

À ce jour, plus de 21 États membres de l’UE et six pays partenaires ont directement aidé l’EUNAVFOR en lui procurant des effectifs ou des avoirs. Une approche coopérative entre l’UE et d’autres acteurs internationaux a permis de consolider encore davantage le travail efficace de l’opération. Depuis 2008, l’EUNAVFOR travaille main dans la main avec d’autres forces navales multinationales opérant dans la région, en particulier l’OTAN et les Forces maritimes combinées (FMC), ainsi qu’avec les marines d’autres pays, comme la Chine, l’Inde, le Japon, la République de Corée et la Russie, pour assurer la sécurité des navires marchands.

Renforcement des capacités dans la région

L’EUNAVFOR a contribué de manière significative au renforcement des capacités des pays partenaires dans la région et au développement des bonnes pratiques internationales, en plus de ses tâches opérationnelles principales.

Bien que le danger posé par la piraterie se soit estompé ces dernières années, d’autres menaces continuent de peser sur la sécurité maritime, comme le trafic d’armes, de stupéfiants, d’êtres humains et d’espèces sauvages. L’EUNAVFOR coopère avec d’autres organes répressifs et militaires tant européens qu’internationaux au suivi et à la transmission d'informations concernant ces activités. 

L’opération continue de privilégier de nouveaux modes de maximisation de l’efficacité internationale en matière de lutte contre les menaces maritimes auxquelles sont confrontés les navires marchands qui empruntent ces voies maritimes stratégiques, et ce afin de garantir la liberté permanente de navigation et donc la circulation en toute sécurité des équipages, matériaux et marchandises vers les producteurs et les consommateurs européens.

Historique du dossier

L’EUNAVFOR contribue de manière significative au renforcement des capacités des pays partenaires: 

- elle a contribué au développement des bonnes pratiques de gestion reconnues au niveau international pour les navires marchands qui transitent par la zone de piraterie à haut risque. L’EUNAVFOR chapeaute aussi le Centre de sécurité maritime - Corne de l'Afrique (MSCHOA), qui coordonne les informations fournies par la marine marchande, pour évaluer la vulnérabilité des navires, et qui a atteint des niveaux sans précédent de coopération entre les instances civiles et militaires et au niveau international entre les acteurs du secteur maritime. Cette coopération est encore renforcée par des initiatives telles que le mécanisme SHADE (Shared Awareness and Deconfliction) pour les navires militaires et commerciaux; 

- l’EUNAVFOR a négocié avec succès des accords de transfert avec le Kenya, la Tanzanie, les Seychelles et Maurice pour établir un «aboutissement juridique», qui permet aux personnes soupçonnées de piraterie d’être jugées devant une juridiction africaine, tout en veillant à ce qu’elles aient droit à un procès équitable et à ce que leurs droits juridiques soient respectés. À ce jour, 166 suspects ont été traduits en justice et 145 condamnations ont été prononcées contre 21 acquittements;

- l’EUNAVFOR contribue aussi à la formation et à l’enseignement des organes répressifs et militaires africains ainsi que de leurs systèmes juridiques et judiciaires, de Djibouti aux Seychelles en passant par Madagascar, mettant ainsi en pratique le renforcement des capacités maritimes locales en soutien de la sécurité et du développement.

 

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