European Union External Action

Communiqué conjoint: réunion des ministres des affaires étrangères de l'Union européenne et d'Asie centrale, Bruxelles, 23 novembre 2018

Bruxelles, 23/11/2018 - 15:56, UNIQUE ID: 181123_10
Joint Press Releases

Communiqué conjoint

Réunion des ministres des affaires étrangères de l'Union européenne et d'Asie centrale

Bruxelles, le 23 novembre 2018

UE-Asie centrale – Œuvrer ensemble à un avenir caractérisé par une croissance inclusive, une connectivité durable et des partenariats renforcés

Les ministres des affaires étrangères de la République du Kazakhstan, de la République kirghize, de la République du Tadjikistan, du Turkménistan et de la République d'Ouzbékistan et la haute représentante de l'Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité et vice-présidente de la Commission européenne se sont réunis le 23 novembre 2018 à Bruxelles pour la 14e réunion ministérielle UE-Asie centrale.

Les participants ont débattu des perspectives et défis essentiels auxquels leurs régions respectives sont confrontées à l'heure où des changements particulièrement importants surviennent sur la scène mondiale et en Asie centrale. Ils se sont accordés à dire que les réformes et la dynamique régionale positive en cours en Asie centrale avaient ouvert de nouvelles perspectives pour approfondir le partenariat UE-Asie centrale.

La haute représentante a confirmé que l'UE avait l'intention d'adapter son actuelle stratégie pour l'Asie centrale en vue de tenir compte de ces changements d'envergure. Les participants ont souligné qu'il importait qu'une nouvelle stratégie de l'UE pour l'Asie centrale soit adoptée au début de 2019 afin de guider l'évolution des relations de région à région de manière à produire des bénéfices mutuels, tangibles et à long terme.

Les participants se sont félicités de la fréquence accrue des réunions au niveau des dirigeants et des ministres entre l'UE et chaque pays d'Asie centrale, ainsi qu'entre les pays d'Asie centrale eux-mêmes. Ils ont souligné l'importance de la tenue annuelle du dialogue de haut niveau UE-Asie centrale en matière de politique et de sécurité, une enceinte qui permet de renforcer les liens entre les régions et d'aborder les défis communs.

Les ministres des affaires étrangères d'Asie centrale ont communiqué des informations à leurs homologues de l'UE sur le suivi de la première réunion de travail des dirigeants d'Asie centrale, qui s'est tenue en mars 2018 à Astana. L'UE a noté et à nouveau encouragé le développement de la coopération et du dialogue régionaux en Asie centrale en ce qui concerne l'ensemble des défis transnationaux qui demandent des solutions collectives, et elle a réaffirmé qu'elle était déterminée à partager, sous la forme d'un partenariat, sa propre expérience en matière d'intégration et de coopération régionales.

Les participants ont réaffirmé leur volonté d'œuvrer ensemble à la paix, à la sécurité, à la démocratie, au développement durable et à la prospérité, sur la base du respect du droit international, y compris de la promotion et de la protection des libertés fondamentales et des droits de l'homme, conformément à la charte des Nations unies, à la déclaration universelle des droits de l'homme et aux traités et instruments internationaux pertinents en matière de droits de l'homme. Les participants ont également évoqué à cet égard le rôle important de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE). Ils se sont félicités de l'organisation du Forum asiatique sur les droits de l'homme, tenu à Samarcande les 22 et 23 novembre 2018. Les participants ont souligné leur attachement à la mise en œuvre du programme de développement durable à l'horizon 2030 et du programme d'action d'Addis-Abeba, qui visent à éradiquer la pauvreté et à construire un avenir inclusif pour tous. Ils ont insisté sur l'importance de la participation de la société civile au processus décisionnel public. Ils ont réaffirmé que l'égalité des sexes et l'autonomisation des femmes et des filles, y compris la pleine participation des femmes aux processus politiques, économiques et décisionnels, sont essentielles pour le développement durable. Ils ont insisté sur l'importance particulière que le développement durable revêt pour les jeunes, ainsi que sur le rôle de ces derniers dans la réalisation du programme à l'horizon 2030. Ils ont souligné qu'il importe de soutenir les initiatives qui ouvrent des perspectives aux jeunes d'Asie centrale.

Conformément à la stratégie de l'UE visant à relier l'Europe à l'Asie, adoptée le 15 octobre 2018, la haute représentante et vice-présidente a souligné que l'UE est déterminée à renforcer la connectivité entre l'Europe et l'Asie et au niveau régional, en créant des liaisons de transport, des réseaux énergétiques et des réseaux numériques et en favorisant les liens entre les personnes, ainsi qu'en recherchant des synergies avec la coopération dans le domaine de la connectivité, avec le Partenariat oriental et dans le cadre du dialogue Europe-Asie (ASEM). Les participants ont souligné qu'il importe de promouvoir une connectivité fondée sur des règles et durable sur le plan économique, environnemental, social et budgétaire, ainsi que de proposer une infrastructure de qualité fondée sur les normes internationales et des solutions innovantes. Ils ont appelé au respect de conditions de concurrence équitables, de l'égalité de traitement et d'un accès non-discriminatoire au marché, ainsi que de la transparence dans les marchés publics. Ils se sont félicités des progrès réalisés dans la mise en place de corridors de transport transcaspiens, reliant l'Europe à l'Asie via l'Asie centrale. Les participants ont noté à cet égard l'importance de la conférence internationale intitulée "L'Asie centrale dans le système de corridors de transport internationaux: perspectives stratégiques et possibilités inexploitées", qui s'est tenue à Tachkent en septembre 2018.

Les participants ont souligné qu'ils étaient déterminés à faire en sorte que la conférence ministérielle sur l'Afghanistan, tenue à Genève les 27 et 28 novembre 2018, contribue à élaborer un programme pour le développement, les réformes, la paix et la stabilité en Afghanistan qui soit tourné vers l'avenir. Ils sont convenus de coopérer étroitement pour continuer à développer le consensus international sur le soutien à apporter à un processus de paix mené et pris en charge par l'Afghanistan, et ont salué les résultats de la conférence internationale sur le processus de paix, la coopération en matière de sécurité et la connectivité régionale en Afghanistan, qui s'est tenue à Tachkent en mars 2018, ainsi que les accords intervenus lors de la conférence régionale de coopération économique pour l'Afghanistan (RECCA-VII), organisée en novembre 2017 à Achgabat. Les participants se sont également félicités de la tenue, le 5 septembre 2018 à Astana, de la conférence régionale consacrée à l'autonomisation des femmes en Afghanistan, soulignant que l'amélioration des conditions de vie et l'éducation des filles et des femmes contribueront à la relance de l'économie du pays, à la création d'emplois et à la lutte contre l'extrémisme violent et l'attrait suscité par la radicalisation dans la région. Les participants ont soutenu l'initiative prise par l'Union européenne, la République du Kazakhstan et la République d'Ouzbékistan en vue de lancer la première phase d'un projet fournissant des services d'éducation et de formation professionnelle aux femmes afghanes dans des établissements d'enseignement supérieur situés au Kazakhstan et en Ouzbékistan. Ils sont convenus d'intensifier le dialogue et la coopération en vue de garantir la stabilité à long terme de l'Afghanistan et ont souligné l'importance de promouvoir une connectivité accrue entre l'Asie centrale et ce pays. L'UE a invité les ministres d'Asie centrale à assister à une réunion sur la connectivité et les infrastructures régionales, qui se tiendra en marge de la prochaine conférence ministérielle de Genève sur l'Afghanistan.

Les ministres des affaires étrangères d'Asie centrale ont souligné que leurs pays étaient déterminés à développer le commerce intrarégional, à renforcer et approfondir la coopération économique dans la région et à poursuivre les réformes économiques. L'UE entend continuer à soutenir la mise en œuvre des programmes destinés à garantir une gestion efficace des frontières, à améliorer le climat des affaires et des investissements et à soutenir le développement du secteur privé, à promouvoir l'état de droit et la bonne gouvernance, et à développer le capital humain par l'éducation et la formation, en prenant en particulier appui sur l'expérience positive de la plateforme UE-Asie centrale de coopération pour l'éducation et de l'initiative UE-Asie centrale pour un État de droit. L'UE a également souligné sa volonté de continuer à renforcer le cadre bilatéral des relations avec les pays d'Asie centrale et de soutenir l'adhésion de tous les pays d'Asie centrale à l'OMC. Les participants ont souligné qu'il importait que le secteur privé soit fermement associé au partenariat UE-Asie centrale.

Les participants ont fait part de leur détermination à renforcer leur coopération en vue de faire face aux menaces croissantes qui pèsent sur l'environnement et aux défis sérieux que pose le changement climatique. Ils ont exprimé la vive préoccupation que leur inspirent les nouveaux éléments prouvant l'incidence négative du changement climatique, présentés par le groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) et confirmant sans équivoque que les efforts mondiaux déployés actuellement doivent être renforcés pour atteindre les objectifs de l'accord de Paris, adopté dans le cadre de la convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques. Ils ont mis en exergue la nécessité de prendre des mesures urgentes et effectives conformément à l'accord de Paris. Ils ont souligné que le dialogue de Talanoa devrait aboutir à ce que toutes les parties s'engagent à réfléchir à leur niveau d'ambition et à communiquer des informations sur l'élaboration des contributions déterminées au niveau national (CDN) de toutes les parties conformément à l'article 4 de l'accord de Paris. Les participants ont également souligné que l'atténuation du changement climatique et l'adaptation à celui-ci constituent des priorités immédiates et urgentes. Ils ont réaffirmé être pleinement résolus à mettre en œuvre rapidement et efficacement l'accord de Paris et à compléter son programme de travail cette année à l'occasion de la COP24 qui se tiendra à Katowice (Pologne). L'UE a réaffirmé sa détermination à intensifier sa coopération avec l'Asie centrale dans les domaines des énergies renouvelables, de l'efficacité énergétique et des technologies à faible taux d'émissions, de l'industrie, des transports, de l'agriculture et de la sylviculture, de l'innovation, de la mobilisation du financement, de la gouvernance environnementale, de l'économie circulaire, de la prévention de la désertification, y compris de la pénurie d'eau, de la gestion des catastrophes et de la réduction des risques. Le ministre kirghize des affaires étrangères a communiqué des informations sur les résultats de la conférence sur l'assainissement de l'environnement en Asie centrale, tenue à Londres le 8 novembre 2018 et coorganisée par la République kirghize, la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) et l'UE, qui a contribué à mobiliser un financement international en vue de s'attaquer aux dommages laissés par l'extraction de l'uranium dans la région. Les participants se sont félicités que la deuxième commission de la 73e session de l'Assemblée générale des Nations unies ait adopté, le 21 novembre, la résolution intitulée "Le rôle de la communauté internationale dans la prévention des risques radiologiques en Asie centrale".

Les participants ont salué la dynamique positive constatée au niveau de la coopération régionale dans le domaine de la gestion de l'eau. Ils ont également noté l'importance de développer à cet égard une coopération régionale constructive fondée sur le droit international, qui tienne compte des intérêts de tous les pays de la région et à laquelle participent activement les organisations internationales. Hôte de la manifestation, le ministre ouzbek des affaires étrangères, ainsi que l'ensemble des participants, a souligné dans ce contexte l'importance d'un degré de participation approprié à la prochaine réunion à haut niveau UE-Asie centrale de la plateforme de coopération dans les domaines de l'environnement, du climat et de l'eau, qui sera organisée par l'Italie et les institutions de l'UE à Tachkent, les 24 et 25 janvier.

Ainsi qu'il a été confirmé lors de la huitième session de la réunion des parties à la Convention sur l'eau, qui s'est tenue du 10 au 12 octobre 2018 à Astana, la coopération transfrontière dans le domaine de l'eau est essentielle pour partager les ressources limitées en eaux de surface et eaux souterraines, et, partant, pour prévenir les conflits et garantir la paix et la stabilité. Le ministre turkmène des affaires étrangères a rendu compte des résultats du sommet sur le Fonds international pour sauver la mer d'Aral (IFAS), qui s'est tenu le 24 août 2018 à Avaza, Turkmenbashi, ainsi que de son suivi, en soulignant la nécessité de développer le programme spécial des Nations unies pour le bassin de la mer d'Aral. Le ministre kazakh des affaires étrangères a informé les participants des implications de la Convention sur le statut juridique de la mer Caspienne, qui a été signée le 12 août 2018 à Aktaou. Le ministre tadjik des affaires étrangères a présenté les principales conclusions de la première Conférence internationale à haut niveau sur la décennie internationale d'action "L'eau et le développement durable" 2018-2028, coorganisée par le gouvernement tadjik et les Nations unies du 20 au 22 juin 2018 à Douchanbé dans le contexte de la décennie d'action des Nations unies pour l'eau, et qui servira de plateforme pour faire avancer le développement durable, dynamiser la mise en œuvre des programmes et projets existants afin d'atteindre les objectifs et les cibles en lien avec l'eau, et mobiliser l'action en vue de la réalisation du programme à l'horizon 2030. L'UE a souligné qu'elle était déterminée à promouvoir la coopération internationale dans le domaine de la gestion durable des ressources en eau au niveau mondial, comme elle l'a réaffirmé dans ses conclusions du Conseil sur la diplomatie de l'eau, adoptées le 19 novembre 2018. Les parties ont souligné qu'il importait de continuer à améliorer le cadre juridique de la coopération dans le domaine de l'utilisation de l'eau en Asie centrale. Les participants ont salué les efforts déployés par l'UE pour partager les bonnes pratiques en matière de coopération transfrontière dans le domaine de l'eau, ainsi que les services utiles de conseil et d'assistance financière et technique apportés aux pays d'Asie centrale dans ce domaine.

 

Les participants ont souligné l'importance de leur coopération dans un large éventail de domaines liés à la sécurité, y compris la lutte contre les stupéfiants et la sécurité aux frontières, la prévention des conflits et la gestion des crises. Ils ont insisté sur la nécessité que la stratégie antiterroriste mondiale des Nations unies soit mise en œuvre, en particulier le plan d'action conjoint en vue de sa mise en œuvre en Asie centrale, dont la nouvelle phase de réalisation a été annoncée lors de la réunion à haut niveau tenue le 30 avril 2018 à Achgabat. Conformément à la déclaration adoptée lors de la conférence à haut niveau sur la lutte contre l'extrémisme violent et la prévention de ce phénomène, organisée par le Tadjikistan à Douchanbé en mai 2018 en coopération avec l'UE et l'OSCE, les participants sont résolus à renforcer la coopération dans le domaine de la prévention de l'extrémisme violent et de la lutte contre ce phénomène. Ils ont souligné que l'éducation et l'autonomisation des femmes jouent un rôle essentiel à cet égard et que les mesures prises pour lutter contre le terrorisme doivent respecter le droit international et les droits de l'homme. Ils ont lancé un appel afin que des progrès soient réalisés au niveau des négociations sur la convention générale des Nations unies sur le terrorisme international.

Les participants se sont félicités que l'Iran poursuive la mise en œuvre complète et effective des engagements qui lui incombent dans le domaine nucléaire en vertu du plan d'action global commun, comme l'a confirmé l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) dans son dernier rapport, qui date du 31 août 2018. Ils ont souligné l'importance de conserver tous les aspects du plan d'action global commun, y compris la levée des sanctions et les conséquences qui en découlent. Le plan d'action global commun est un élément essentiel de l'architecture mondiale de la lutte contre la prolifération et l'aboutissement notable d'efforts diplomatiques, approuvé à l'unanimité par le Conseil de sécurité des Nations unies dans sa résolution 2231 (2015).

Les participants ont adressé leurs vifs remerciements à l'UE pour avoir accueilli la réunion et sont convenus de se réunir en République kirghize en 2019.