European Union External Action

Remarques de la Haute Représentante/Vice-Présidente Federica Mogherini lors de la réunion de haut-niveau sur le Mali et le Sahel

New York, 27/09/2018 - 12:08, UNIQUE ID: 180927_11
Remarks

Remarques de la Haute Représentante/Vice-Présidente Federica Mogherini lors de la réunion de haut-niveau sur le Mali et le Sahel

Seule la version prononcée fait foi!

Je suis particulièrement heureuse et honorée de participer à cette réunion de haut niveau sur le Mali et le Sahel. Nous nous rendons parfaitement compte que nous nous rencontrons à un moment idéal compte tenu des échéances importantes dans la région. Permettez-moi tout d'abord de saluer le Président [du Mali, Ibrahim Boubacar] Keïta pour la bonne conduite des élections et pour sa réélection.

Le Sahel est l’une des priorités absolues de l’Union européenne et de ses États membres. L’Union européenne – aux côtés de ses partenaires du Sahel – recherche des solutions durables aux défis de la région : cela a été le but de la Conférence internationale de haut niveau sur le Sahel de février dernier à Bruxelles, et de toutes nos actions.

Il est essentiel de maintenir la mobilisation de la communauté internationale sur le long terme, y compris dans la concrétisation des annonces formulées lors de la Conférence de Bruxelles.

Pour aider les pays du Sahel à relever les défis auxquels la région est confrontée, l'Union européenne a élaboré une approche intégrée basée sur trois axes.

Premièrement, sur le plan politique et diplomatique, notre conviction, qui je pense est partagée avec les Nations Unies et l'Union Africaine, est que l'ensemble des acteurs de la région doivent s'impliquer davantage, et prendre leurs responsabilités en faveur de la stabilisation du Sahel et plus particulièrement du Nord Mali. C'est le message que nous avons passé lors de la dernière session du Comité de Suivi de l'Accord de Paix au Mali.

En deuxième lieu, sur le plan de la sécurité et de la stabilisation, nous continuons sur le chemin convenu avec les pays du G5 [Burkina Faso, Mali, Mauritanie, Niger, Tchad]. Les équipements que nous avons financés en faveur de la Force conjointe sont arrivés dans la région et sont en cours d'acheminement vers la Force. Par ailleurs, comme nous l'avons indiqué, nous sommes prêts à réhabiliter le Quartier Général de la Force à Sévaré, attaqué cet été, sur la base des décisions qui seront prises par les principaux intéressés à cet égard. Le Coordination Hub qui s'est réuni début septembre, en présence des représentants du G5, a permis de progresser dans la définition des besoins.

Tel est l'esprit de notre partenariat: nous mettons notre force, souvent nos ressources, à l'appui des besoins indiqués par vous, les pays du Sahel. Parce que personne ne connaît vos besoins et vos aspirations mieux que vous-même.

Conscients des enjeux de stabilité de la région, nous avons mobilisé près de 400 millions d'euros supplémentaires en faveur des pays du Sahel lors du dernier Conseil d'Administration du Fonds fiduciaire d'Urgence.

Je veux rappeler également la présence de trois missions civiles et militaires de l’Union européenne dans la région, et notamment au Mali et au Niger : celles-ci visent à aider à la formation des forces de sécurité et conseiller les autorités sur les réformes à entamer pour améliorer leurs secteurs de sécurité, au niveau national mais aussi régional. Ces missions soutiennent également la mise en place de la composante police de la force conjointe au Niger et au Mali.

Troisièmement, sur le plan du développement, l’Union européenne est d'ores et déjà très engagée dans la région du Sahel, en particulier dans les zones plus fragiles et transfrontalières. L'aide globale au développement fournie par l’Union européenne aux pays du G5 Sahel s'élève à près de 4 milliards d'euros en sept ans. L’Union européenne et ses États membres, ensemble, fournissent une aide au développement de 8 milliards d'euros à la région. Nous pensons que cela est le meilleur investissement que nous pouvons faire pour notre propre stabilité et sécurité.

La situation sécuritaire continue de se dégrader dans le nord et le centre du Mali. Plusieurs chantiers urgents attendent le gouvernement. En particulier, il est urgent de garantir la présence effective de l’État dans tout le pays, et la poursuite de la réconciliation nationale, pour réduire les tensions entre communautés ainsi que les divisions régionales.

Sur le processus de paix, nous ne pouvons pas nous contenter de répéter les mêmes messages année après année. Les acteurs maliens, signataires ou pas de l’Accord, doivent se positionner clairement soit en faveur de l’Accord, soit en défaveur. Et en assumer les conséquences avec cohérence. 

Dans ce contexte, nous saluons le renouvèlement du régime de sanctions par le Conseil de Sécurité contre ceux qui entravent le processus de paix et appelons ses membres à le rendre effectif.

Au-delà des sanctions, nous appelons le Mali et les pays du Sahel à développer une vraie stratégie régionale pour s'attaquer au crime organisé et aux trafics qui entravent l'application de l'Accord et financent les terroristes au Mali et dans le Sahel. L'Union européenne est et sera avec vous dans cet enjeu.

Ensemble, vous êtes plus forts, c'est pour cela que nous avons décidé d'investir beaucoup dans le G5 Sahel. Ensemble, vous et nous sommes tous plus forts. L’Europe et le Sahel partagent les mêmes intérêts – je dis souvent que nous partageons désormais la même région – donc il est naturel pour nous d'investir toujours plus dans notre amitié, dans notre coopération et dans notre partenariat. 

Je vous remercie.

Lien vers la vidéo: https://ec.europa.eu/avservices/video/player.cfm?ref=I160929