Le 22 septembre 2018 - Montréal, Québec

Federica Mogherini, haute représentante de l'Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité et vice-présidente de la Commission européenne, et l'honorable Chrystia Freeland, ministre des affaires étrangères du Canada, ont conclu hier la réunion des femmes ministres des affaires étrangères – une rencontre exceptionnelle réunissant des femmes ministres des affaires étrangères du monde entier.

La haute représentante/vice-présidente Mogherini et la ministre Freeland ont coprésidé la réunion des ministres des affaires étrangères tenue à Montréal les 21 et 22 septembre afin de trouver des moyens novateurs de relever ensemble les défis majeurs en matière de politique étrangère et de renforcer le dialogue et la coopération en faveur de la démocratie, des droits de l'homme, et de la paix et de la sécurité mondiales.

Les femmes ministres des affaires étrangères ont souligné les avantages découlant de l'intégration dans les approches relatives à la politique étrangère et aux politiques de sécurité du souci d'égalité entre les sexes. Elles ont aussi affirmé leur volonté commune de promouvoir la participation concrète des femmes à tous les niveaux de prise de décision et de direction. Elles se sont engagées à continuer de mettre à profit leurs fonctions officielles de ministres des affaires étrangères et leur visibilité pour accroître l'adhésion au niveau mondial à l'égalité des sexes et à l'autonomisation des femmes et des jeunes filles.

Elles ont discuté de la manière dont chacun, quel que soit son sexe, doit pouvoir contribuer à la vie politique, économique, sociale et culturelle et en profiter également. Les ministres des affaires étrangères se sont engagées à adopter une approche proactive pour faire avancer cette vision commune et ont discuté d'un certain nombre de stratégies qu'elles appliquent déjà pour atteindre ces objectifs.

Un thème récurrent a été leur ferme engagement à renforcer et à réformer de manière collaborative l'ordre international fondé sur des règles, afin qu'il réponde mieux aux multiples défis auxquels leurs pays et leurs citoyens sont confrontés. En outre, elles se sont engagées à promouvoir efficacement la démocratie, les droits de l'homme, la paix et le développement humain à travers le monde. Leurs discussions ont été enrichies par la diversité des points de vue exprimés.

Les femmes ministres des affaires étrangères se sont engagées à travailler de concert afin de réaffirmer leur position commune et les valeurs qu'elles partagent, ainsi qu'à plaider ensemble en faveur de la consolidation de démocraties fortes, qui sont indispensables pour assurer la paix, la sécurité, de même que des sociétés plus résilientes et un développement durable. Elles se sont également engagées à continuer de travailler avec leurs collègues pour mettre sur pied des réseaux de gouvernements et d'organisations de la société civile afin de promouvoir l'égalité des sexes et les droits des femmes, ainsi qu'à travailler à la mise en œuvre de leurs engagements antérieurs.

 

Citations

"La raison pour laquelle Chrystia Freeland et moi avons convoqué cette première réunion des femmes ministres des affaires étrangères est que les femmes sont généralement perçues comme des victimes: victimes de conflits, victimes de violences. Et, de fait, elles le sont dans de nombreuses parties du monde, même partout dans le monde. Toutefois, elles jouent aussi un rôle clé dans la société, l'économie, les institutions, la politique étrangère, la défense et bien d'autres questions. Nous voulions donc commencer à montrer la "nouvelle normalité": beaucoup de femmes au pouvoir, prenant la responsabilité des décisions.

Bien que représentant des sociétés et des perspectives diverses, nous nous sommes toutes entendues sur le fait que le renforcement politique et économique des femmes est essentiel pour bâtir un monde plus prospère, plus inclusif et plus sûr."

- Federica Mogherini, haute représentante et vice-présidente

"Cette rencontre nous permet d'adresser au monde un message puissant, à savoir que toutes les femmes, quel que soit leur niveau de participation dans le développement de leur collectivité, ont un rôle clé à jouer dans la recherche de solutions aux défis politiques, économiques et sociaux auxquels nos sociétés font face. Je suis très heureuse et très reconnaissante que mes collègues du monde entier aient pu se joindre à nous pour discuter de la manière dont nous pouvons progresser ensemble. Je crois sincèrement que ce n'est qu'un début."

- L'hon. Chrystia Freeland, C.P., députée fédérale, ministre des affaires étrangères

 

Faits en bref

· Pendant ces deux journées, les ministres des affaires étrangères ont abordé plusieurs questions urgentes à l'échelle mondiale concernant les thèmes suivants:

1. le renforcement du pouvoir des femmes, leur participation à la vie politique et l'exercice de fonctions dirigeantes;

2. le renforcement de la démocratie et de la résilience dans des sociétés pacifiques et inclusives;

3. la promotion de la paix, de la sécurité et de la prospérité mondiales dans le cadre d'un ordre international fondé sur des règles; et

4. les efforts déployés au niveau mondial pour éliminer toutes les formes de violence sexiste, y compris dans les situations de conflit et d'après-conflit.

· Dans ce contexte, les ministres ont également examiné un certain nombre de situations particulières qui présentent un intérêt géopolitique, notamment les cas de la Syrie, de l'Ukraine, du Myanmar, du Nicaragua et du Venezuela.

· Leur homologue du G7, le ministre des affaires étrangères du Japon, Taro Kono, des experts et des représentants de la société civile, notamment des militants des droits des femmes et des défenseurs de la paix, se sont joints aux femmes ministres des affaires étrangères pour une partie des travaux.