European Union External Action

Déclaration de Mme Federica Mogherini, Haute Représentante de l'Union et vice-présidente de la Commission, sur la suspension de la MOE au Burundi

Bruxelles, 28/05/2015 - 08:10, UNIQUE ID: 150528_02
Statements by the HR/VP

Depuis la signature des accords d'Arusha, qui ont mis fin à des années de guerre civile et jeté les bases d'une ère nouvelle, l'UE n'a cessé de soutenir les efforts déployés par le Burundi pour consolider la démocratie. Les élections législatives et présidentielle qui doivent se tenir cette année marquent une étape importante du processus de démocratisation du pays. J'ai décidé de lancer, après y avoir été invitée, une mission d'observation électorale (MOE) de l'UE conduite par M. David Martin, membre du Parlement européen et chef de la mission, afin de contribuer à un processus transparent, pacifique, crédible et équitable de nature à susciter la confiance chez les acteurs politiques comme chez les électeurs et à garantir l'acceptation des résultats du scrutin. À cet effet, certaines conditions minimales doivent être réunies. Malheureusement, le chef de la mission d'observation, dont l'équipe est sur le terrain depuis plus d'un mois, m'a informée que le processus électoral continue d'être sérieusement marqué par les restrictions qui pèsent sur les médias indépendants, l'usage excessif de la force contre les manifestants, un climat d'intimidation vis-à-vis des partis de l'opposition et de la société civile ainsi qu'un manque de confiance dans les autorités électorales.

Dans ces circonstances, la MOE de l'UE ne saurait jouer le rôle qui est le sien et j'ai donc décidé, en accord avec David Martin, le chef de la mission, de la suspendre. Toutes les parties devraient engager, en toute bonne foi, un dialogue visant à rétablir les conditions nécessaires à la tenue d'élections démocratiques et, surtout, le gouvernement du Burundi devrait tendre la main à tous les intervenants burundais en restaurant la confiance grâce à des mesures concrètes. Si l'indispensable volonté politique existe, le dialogue facilité par l'envoyé spécial du secrétaire général des Nations unies, M. Said Djinnit, peut encore constituer un cadre permettant d'atteindre ces objectifs et de répondre aux attentes de la population du Burundi. Par ailleurs, j'attends avec intérêt les discussions qui auront lieu lors du prochain sommet de la Communauté de l'Afrique de l'Est (CAE), auquel l'Union africaine (UA) a été invitée à participer.

L'UE demeure fermement engagée en faveur du développement démocratique du Burundi et résolue à soutenir ce processus, en coopération avec ses partenaires dans la région, et je suis prête, quant à moi, à relancer rapidement la MOE si les intervenants burundais s'accordent sur la mise en place de conditions acceptables pour la tenue d'élections démocratiques.

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