Déclaration de M. Frans Timmermans, premier vice-président, de Mme Federica Mogherini, haute représentante/vice-présidente, et de M. Dimitris Avramopoulos, commissaire chargé de la migration et des affaires intérieures, au sujet de l’incident survenu réce

06/08/2015 - 12:48
Statements by the HR/VP

C’est avec beaucoup de tristesse que nous avons appris l’incident qui s’est produit hier à quelques milles des côtes libyennes.

L’UE tient à saluer les garde-côtes italiens, les ressources déployées par Frontex et les équipages des navires exploités par Médecins sans frontières et Migrant Offshore Aid Station pour les efforts inlassables qu’ils déploient aujourd’hui et qu’ils ont déployés dans le passé pour sauver des vies.

Si près de 400 vies ont pu être sauvées, au moins 25 personnes ont perdu la leur dans cette dernière tragédie. Or une seule vie perdue est déjà une de trop.

L’UE met tout en œuvre pour éviter ces terribles tragédies. Nous avons triplé les ressources consacrées aux efforts de recherche et de sauvetage en mer, ce qui nous a permis de sauver plus de 50 000 personnes depuis le 1er juin 2015. Toutefois, même si le nombre de décès en mer a chuté de façon spectaculaire, cet effort n’est pas suffisant et ne le sera jamais pour éviter toutes les tragédies. Force est également de reconnaître que les mesures d’urgence ne se sont avérées nécessaires que parce que la politique européenne collective appliquée en la matière dans le passé n’était pas à la hauteur.

Il n’existe pas de réponse simple, ni de réponse unique, aux défis posés par les migrations. Et aucun État membre ne peut apporter seul une réponse efficace à cette question. Il est évident que nous avons besoin d’une nouvelle approche, d’une approche plus européenne.

L’agenda européen en matière de migration que nous avons présenté en mai expose cette réaction européenne, qui combine les politiques intérieures et extérieures en tirant le meilleur parti des agences de l’UE et des outils dont celle-ci dispose et en faisant participer tous les acteurs: États membres, institutions européennes, organisations internationales, société civile, autorités locales et pays tiers. Sa mise en œuvre est déjà en cours.

Du renforcement de notre présence en mer – grâce à nos opérations navales Triton, Poséidon et EUNAVFOR MED – à la coopération avec les pays d’origine et de transit – à cette fin, nous organiserons en novembre un sommet à La Valette avec les pays africains les plus concernés – en passant par la répression des réseaux de passeurs, l’accroissement de l’efficacité des opérations de retour et le souci de faire preuve de solidarité envers les pays situés en première ligne, nous devons relever ce défi sous tous les angles.

La question des migrations n’est ni populaire ni attrayante. Il est facile de pleurer devant sa télévision lorsqu’on assiste à de telles tragédies. Il est plus difficile de prendre ouvertement ses responsabilités. Ce dont nous avons besoin à présent, c’est de courage collectif, afin de passer des paroles aux actes, à défaut de quoi ces paroles ne pourront que sonner creux.

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