European Union External Action

Remarques de la HR/VP Mogherini lors de la conférence de presse suivant le 14ème Conseil d'Association Union européenne-Tunisie

Bruxelles, 15/05/2018 - 17:33, UNIQUE ID: 180515_12
Remarks

Remarques de la Haute Représentante/Vice-Présidente Federica Mogherini lors de la conférence de presse suivant le 14ème Conseil d'Association Union européenne-Tunisie

Seule la version écrite fait foi!

Premièrement, permettez-moi de dire quel plaisir c'est pour moi de vous recevoir à nouveau à Bruxelles, Monsieur le Ministre [des affaires étrangères de la Tunisie, Khemaies Jhinaoui], cher ami, à l'occasion de la 14ème session du Conseil d'association Union européenne-Tunisie. 

Plusieurs visites ont été effectuées depuis ce début d'année, par le Ministre [Khemaies Jhinaoui] lui-même en février, puis par le Chef de gouvernement [de la Tunisie, Youssef Chahed] il y a quelques semaines ici à Bruxelles, traduisant une intensification de nos échanges et de notre dialogue dont nous nous félicitons.  

La visite du Président [de la Commission européenne, Jean-Claude] Juncker en Tunisie en juillet prochain permettra de maintenir cette dynamique.

La Tunisie, pour nous, est un partenaire privilégié et elle peut toujours compter sur notre plein soutien pour continuer à l'accompagner dans cette période difficile de transition démocratique et de transformation socio-économique.

Notre réunion d'aujourd'hui a été extrêmement positive, riche et nous avons pu mesurer les progrès importants qui ont été effectués dans la mise en œuvre de nos différents domaines de coopération depuis la communication que nous avons adoptée en  2016 sur le renforcement du soutien de notre part à la Tunisie.

Notre coopération s'est notamment intensifiée autour de questions essentielles comme l'employabilité des jeunes les réformes socio-économiques, la consolidation démocratique et la promotion de la bonne gouvernance – avec le rôle toujours central de la société civile tunisienne, la réponse aux défis sécuritaires communs et la gestion concertée de la migration.

L’association de la Tunisie au programme Horizon 2020 et sa participation active au programme Erasmus+ ont permis une multiplication des échanges entre chercheurs, étudiants, professeurs et jeunes, participant au développement d’une société tournée vers l’innovation. Je me réjouis également de l'initiative de développer un programme d'échanges diplomatiques et de formation des jeunes diplomates.

Nous nous sommes également mis d'accord sur des priorités stratégiques ambitieuses, communes pour notre partenariat, couvrant la période 2018-2020. Les priorités cibleront le développement socio-économique inclusif et durable; la démocratie, la bonne gouvernance et les droits de l'homme; le rapprochement entre les peuples, la mobilité et la migration; ainsi que la sécurité et la lutte contre le terrorisme.

Au-delà de la période 2018-2020, nous menons une réflexion sur la vision pour le futur de notre partenariat reflétant l'ambition des deux parties d'un rapprochement toujours plus étroit, réflexion que nous nous sommes promis de poursuivre d'ici au prochain Conseil l'année prochaine.

Nous avons à cœur d’approfondir notre Partenariat Privilégié et en particulier, pour la jeunesse tunisienne qui attend des résultats concrets et de véritables perspectives d'avenir. Notre réunion d'aujourd'hui a été l'occasion d'annoncer de nouvelles initiatives qui illustrent le dynamisme de notre Partenariat pour la Jeunesse lancé en décembre 2016.

La bonne tenue des élections municipales il y a tout juste une semaine, que le gouvernement tunisien nous a invités à observer, constitue une étape majeure dans la consolidation démocratique du pays et une étape décisive dans la mise en œuvre du processus de décentralisation. A cet égard, l'Union européenne s'est engagée à appuyer le renforcement des capacités des collectivités locales nouvellement créées.

Nous avons également confirmé aujourd'hui notre volonté de continuer à appuyer la mise en œuvre de la Constitution de 2014, moderne et ambitieuse en termes de libertés et de justice sociale. Je souhaite souligner à nouveau le rôle essentiel joué par la société civile tunisienne dans la promotion des réformes démocratiques et en matière de droits de l'homme.

Je voudrais aussi réaffirmer ici notre forte volonté et nos efforts visant à conclure un Accord de libre-échange complet et approfondi dans les meilleurs délais, peut-être même en 2019. Nous avons une ambition similaire pour conclure les accords sur la facilitation des visas et la réadmission.

Nous nous félicitons également de notre dialogue stratégique de haut niveau dans les domaines de la sécurité et de la lutte contre le terrorisme et de nos actions conjointes pour une coopération encore renforcée en la matière – nous avons discuté de cela avec le Ministre [Khemaies Jhinaoui] aujourd'hui.

Dans le même esprit, la Tunisie et l'Union européenne partagent le même objectif de renforcer la stabilité régionale et je salue les efforts et le travail de la Tunisie en ce sens. Nous avons discuté notamment de la situation en Libye, dans le Sahel, au Moyen-Orient et dans la région au sens large.

Monsieur le Ministre [Khemaies Jhinaoui], cher ami, je veux encore une fois réaffirmer l'engagement et la détermination de l'Union européenne envers votre pays et l'ensemble des citoyens tunisiens – en particulier la jeunesse – ainsi que notre volonté toujours aussi ferme d'accompagner la transition démocratique et la mise en œuvre de l'agenda des réformes socio-économiques.

Je vous remercie, Monsieur le Ministre [Khemaies Jhinaoui], de votre visite et de tout le travail que nous sommes en train de faire ensemble pour améliorer les conditions de vie des Tunisiens et des Européens grâce à notre travail conjoint.

 

Q&A

Q. Vous avez rencontré Mr [Mohammad Javad] Zarif [Ministre des affaires étrangères de l'Iran] ce matin, vous allez le rencontrer encore ce soir, vous êtes en contact avec les différents participants à l'accord nucléaire [iranien – Joint Comprehensive Plan of Action (JCPOA)]. A la vue de ces consultations, y a-t-il aujourd'hui selon vous une opportunité pour un communiqué, un document politique, une annexe politique ou technique, qui pourrait satisfaire tant l'Iran que l'administration [du Président des Etats-Unis, Donald] Trump, que les autres participants?

Normalement, je ne réponds pas aux questions qui ne sont pas liées aux thèmes du jour, mais comme Monsieur le Ministre l'a dit, nous avons également abordé dans notre conversation aujourd'hui la question de la décision américaine de se retirer de l'accord sur le nucléaire iranien.

As you know from the very beginning, exactly one week ago, after President Trump's announcement, on the US withdrawal from the Iran nuclear deal, the European Union expressed its firm determination to preserve the deal and to stay fully committed to its continued implementation in all its parts.

Obviously, that was not only a strong political statement, but it is also a statement that brings consequences on our work. So, we are working inside the European Union with Member States starting from the E3 [France, Germany, United-Kingdom], but also with other Member States, on the ways in which the European Union and Member States can contribute to preserving the [Iran nuclear] deal, and in particular, to protect European investments that are an essential part of the deal, that - as you know - was based on the principle of lifting the nuclear-related sanctions with the consequent economic benefits for the Iranian people and, on the other side, on Iranian nuclear commitments that so far have always been successfully verified by the AIEA [International Atomic Energy Agency] with ten reports that guarantee that Iran is fully compliant with its nuclear commitments.

Today, I have convened here in Brussels the Foreign Ministers of Germany [Heiko Maas], France [Jean-Yves Le Drian] and the United Kingdom [Boris Johnson] to have a first ministerial exchange after [Donald] Trump's announcement, on the measures we can put in place at European level and at national level, to protect our investments and to guarantee that the [Iran nuclear] deal continues to be fully implemented.

After that exchange, we will meet with Foreign Minister [of Iran Mohammad Javad] Zarif who has joint us today here in Brussels, and I would like to thank him for this visit, after he has visited Moscow and Beijing - also part of the JCPOA. We will see together with him how we can coordinate actions to the aim of preserving the [Iran nuclear] deal and keeping it in place.

I believe today will be an important set of meetings. I have met [Mohammad Javad] Zarif myself already this morning, we had a very productive meeting. I think you can expect a working meeting, we are working on the measures that we can start to put in place and we will look at the content of that.

One thing is absolutely sure: the European Union is determined to preserve this deal that is essential to our security and the security of the region. It is an essential part of the non-proliferation global architecture and the basic principle of what works is that you at least do not dismantle what works already. Then, if you can improve on other things, other issues, you always have space for doing that on the basis of preserving what is already working and is in place.  

Tomorrow, I will discuss this issue with the College of the [European] Commission, in the morning here in Brussels. As you can imagine, there are measures that are in the power of the Commission to work upon. Tomorrow evening, at the Leaders' meeting - the Heads of State or Government's meeting of the 28 EU Member States - in Sofia, we will also discuss this issue. Obviously, I will have the opportunity to report to the Heads of State or Government of the 28 Member States the state of play of our work and obviously, the future direction of our commitments to keep this agreement in place.

 

Q. The Minister [Khemaies Jhinaoui] mentioned Gaza and the wish for the European Union to exert pressure to avoid further escalation. I know that you, Mrs Mogherini, issued a statement yesterday calling for restraint of all sides. I was wondering if, considering that within the last few hours the United-Kingdom has called for a UN investigation into the deaths in Gaza, the European Union would be prepared to go further - either in the sense of stronger wording or in using some of the considerable trade leverage that the EU has with Israel or aid in terms of the Palestinian side?

We discussed the situation in Gaza with the Minister [Khemaies Jhinaoui] and also the decision to move the US embassy to Jerusalem.

You know that the European Union's position has always been very clear on that: it is a move we do not think is wise and that we do not share, that we will not follow.

Our position on Jerusalem stays the same, consolidated European Union position. We believe its status has to be defined through negotiations, and we believe the realistic outcome of that would be and should be that Jerusalem is the capital of both the state of Israel and the state of Palestine. We still believe that the only realistic option is a two-state solution.

All our pressure, all our political work, all our diplomatic work is aimed at that direction. We have called for an independent investigation on the facts in Gaza not just in these hours, but since the problem began, together with the UN Secretary General [Antonio Guterres] who - by the way - will also join us here tomorrow in Brussels. We have called for an independent investigation already a couple of months ago and obviously we believe that independent investigations on responsibilities go together with the call for avoiding the escalation - that is what the Minister [Khemaies Jhinaoui] and I have discussed earlier on.

I would not go further than that at the moment. I value the role that our diplomatic ties with Israel have, also in solving divergences. We will definitely not explore those possibilities you mentioned, but we will continue to be as clear, as determined and as adamant as we have been all over these months, including with our Israeli and American friends and partners, that are very close friends and partners, on the issues on which we believe it is counter-productive to move, as it has been the case - we believe - with the move of the US embassy to Jerusalem.  

Lien vers les remarques introductives: https://ec.europa.eu/avservices/video/player.cfm?ref=I155088

Lien vers les questions/réponses: https://ec.europa.eu/avservices/video/player.cfm?ref=I155418