Le président Juncker à la conférence de Munich sur la sécurité: l’UE doit renforcer ses capacités sur la scène politique mondiale

20/02/2018 - 18:29
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Dans son discours largement repris dans la presse, M. Juncker a déclaré que l’Union européenne devait devenir plus «weltpolitikfähig», désignant ainsi la capacité que l’UE doit atteindre pour jouer son rôle sur la scène politique mondiale.

«Le «soft power» n’est pas assez puissant. Nous devons être plus solides dans les domaines de la défense, de la sécurité et des affaires étrangères.» Le président a souligné que «pour pouvoir agir de façon crédible sur la scène internationale, nous devons simplifier nos processus décisionnels. On ne peut pas devoir décider à l’unanimité chaque fois qu’il est question de politiques étrangère et de défense».


M. Juncker a évoqué différents sujets, tels que la mer de Chine méridionale, les droits de l’homme en République populaire de Chine et la question de Jérusalem, sur lesquels l’UE n’est pas parvenue à une position unifiée. Les choses auraient été plus faciles si les processus décisionnels au sein de l’UE avaient été simplifiés.  Sur la manière de progresser vers une extension du vote à la majorité, le président Juncker a déclaré: «J’ai fait [cette proposition] dans mon discours sur l’état de l’Union au Parlement européen, et la Commission a l’intention de soumettre des propositions à cet égard. Contrairement à ce que pensent certains, une modification du traité n’est pas nécessaire. L’article 31, paragraphe 3, du traité de Lisbonne prévoit cette possibilité».


Dans le domaine de la défense, en particulier, le président a rappelé que des progrès importants avaient déjà été accomplis l’année passée, bien plus qu’au cours des 20 années précédentes. Il a observé que l’UE devait «unifier et améliorer les marchés publics [militaires] de manière significative. Avec le Fonds européen de la défense, nous avons alloué 90 millions d’euros à la recherche en matière de défense pour les années 2018 et 2019. Nous prévoyons une enveloppe de 590 millions d’euros jusqu’à 2020, puis d’1,5 milliard d’euros — ce qui va nécessiter l’aide des États membres».


Face aux réactions de partenaires à l’égard des progrès de l’UE en matière de défense, le président Juncker a observé qu’«à sa grande surprise», certains «s’imaginent que l’Union européenne deviendrait trop indépendante sur le plan de la politique de sécurité et de défense». Il a rappelé que l’objectif était précisément de réussir à s’émanciper. Toutefois, il a précisé que l’UE n’avait nullement l’intention de s’émanciper contre l’OTAN ou contre les États-Unis. Le traité européen indique clairement que l’OTAN et l’Union européenne doivent être complémentaires.


Enfin, au sujet du Brexit, M. Juncker s’est prononcé en faveur du maintien d’un partenariat solide en matière de sécurité: «Je crois fermement que nous continuons d’avoir besoin de cette passerelle, de cette alliance en matière de sécurité entre le Royaume-Uni et l’Union européenne.» Néanmoins, «cette question ne doit pas être mélangée à d’autres sujets résultant du Brexit. Je ne voudrais pas qu’on mette dans le même sac les considérations en matière de sécurité et les considérations commerciales».

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