European Union External Action

Réunion du groupe de travail UA-UE-NU chargé d’améliorer la situation des migrants en Libye

Bruxelles, 14/12/2017 - 13:27, UNIQUE ID: 171214_6
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Réunion du groupe de travail UA-UE-NU chargé d’améliorer la situation des migrants en Libye

Créé le mois dernier à Abidjan, le groupe de travail UA-UE-NU sur la migration s’est réuni ce jour à Bruxelles. Mme Federica Mogherini, haute représentante de l'Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité/vice-présidente de la Commission, Mme Amira El Fadil, commissaire de l’Union africaine chargée des affaires sociales, M. William Lacy Swing, directeur général de l'Organisation internationale pour les migrations, et M. Volker Türk, haut-commissaire assistant du HCR chargé de la protection, se sont entretenus au sujet des résultats encourageants des initiatives mises en place et de l’ensemble de mesures concrètes visant à remédier à la situation dramatique dans laquelle se trouvent actuellement migrants et réfugiés sur le territoire libyen, notamment, prises à l’issue du lancement officiel du groupe de travail, le 4 décembre, à Addis-Abeba.

 L’opération de retour humanitaire volontaire d’urgence a commencé, conformément à l’accord passé à Abidjan: depuis le 28 novembre, 3 100 migrants ont bénéficié d’une aide au retour depuis la Libye vers leur pays d’origine. Cela porte à 16 561 personnes, au total, le nombre de migrants que l’OIM a aidés à rentrer chez eux en toute sécurité, contre 2 700 pour toute l’année 2016. Tous les participants ont confirmé l’engagement pris en commun de fournir une aide dans le cadre du retour humanitaire volontaire d’urgence à 15 000 migrants supplémentaires d’ici février 2018. Dans cette optique, l’OIM intensifiera son aide en matière d’accueil et de réintégration, ainsi que l’aide de proximité aux personnes de retour, et redoublera d’efforts pour lutter contre les trafics et porter assistance à leurs victimes.

Dans le cadre du nouveau mécanisme de transit et d’évacuation d’urgence du HCR, les premiers demandeurs d’asile et réfugiés ont été évacués avant d’être préparés à une réinstallation. D’autres évacuations depuis la Libye doivent avoir lieu d’ici la fin de l’année. À mesure que le mécanisme de transit d’urgence prendra de l’ampleur, il sera essentiel de l’alimenter en contributions ciblées supplémentaires afin de le soutenir et de rendre prévisibles les engagements des États africains et des États membres de l’UE, ainsi que de la communauté internationale. Le HCR a confirmé qu’il était prêt à évacuer 1 300 personnes supplémentaires au moyen du mécanisme de transit d’urgence d’ici début 2018.

Dans ces circonstances, et afin d’accélérer les opérations, les parties ont adopté une série de mesures d’urgence fondées sur les objectifs communs définis à Abidjan: 

  • La Commission européenne et les États membres mettent au moins 100 millions d’euros de fonds supplémentaires à la disposition de l’OIM et du HCR sur le terrain, afin de permettre à ces derniers de poursuivre la montée en puissance de leurs opérations. 
  • L’Union africaine intensifie sans cesse davantage ses travaux, contacts et échanges avec les pays africains d’origine, afin de fournir des services consulaires à leurs ressortissants en Libye. La présidence de l’Union africaine a également exhorté les autorités libyennes à activer l'octroi de droits d'atterrissage et les pays voisins à délivrer des permis de survol de leur territoire. L’Union africaine encourage aussi ses États membres à recevoir et à réinstaller des réfugiés et des demandeurs d’asile ne pouvant regagner leur pays d’origine et félicite ceux qui l’ont fait, de même que ceux ayant offert un soutien logistique lors de l’exercice d’évacuation. 

Il est éminemment important que l’évacuation puisse s’appuyer, en Libye, sur des procédures d’identification et de débarquement axées sur la protection, et ce pour toutes les nationalités, en veillant notamment à ce qu’il soit pourvu aux besoins de protection des mineurs non accompagnés et des personnes les plus démunies à cet égard. Le groupe de travail s’emploiera avec les autorités libyennes à garantir aux organisations internationales et aux ONG un accès sans encombres aux centres de rétention et à permettre l’enregistrement complet et transparent, par les organisations internationales, de l’ensemble des réfugiés et migrants, tant aux points de débarquement que dans les centres de rétention. Au-delà des besoins immédiats, nous ferons en sorte, avec les autorités libyennes, que le système de mise en détention systématique soit définitivement abandonné.

Enfin, en vue de renforcer l’action ciblant les passeurs et les trafiquants d’êtres humains, les parties ont convenu de coordonner leurs positions, tant à Addis-Abeba, qu’à New York et à Genève, afin de promouvoir des initiatives africaines, européennes et internationales visant à réduire la demande, à perturber la chaîne d’approvisionnement et à traduire les coupables en justice. Elles ont insisté sur l’importance de coopérer avec les principaux pays d’origine, de transit et de destination sur le plan judiciaire comme sur le plan répressif, en vue d’échanger des informations, de renforcer les capacités et de combattre la culture de l’impunité, tout en s’engageant à soutenir les efforts supplémentaires consentis par la Libye dans ce domaine. Elles ont à nouveau confirmé leur engagement à renforcer l’architecture sécuritaire de la région, y compris au moyen d’une action ciblée contre toutes les formes de criminalité organisée, en particulier contre la traite des êtres humains. 

 

L’Union européenne, l’Union africaine et les Nations unies sont convenues de se rencontrer régulièrement à l’échelon opérationnel dans les semaines à venir et de mener une mission conjointe, au niveau des hauts fonctionnaires, chargée d’élaborer plus avant leurs opérations, en étroite concertation avec les autorités libyennes.

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