European Union External Action

Intervention du Représentant Spécial de l’Union européenne – Réunion du Conseil de Sécurité: la Force conjointe du G5 Sahel

New York, 30/10/2017 - 00:00, UNIQUE ID: 171206_1
Statements on behalf of the EU

Intervention du Représentant Spécial de l’Union européenne pour le Sahel, Ambassadeur Angel Losada, a la Réunion du Conseil de Sécurité sur la Force conjointe du G5 Sahel.

Son Excellence  Monsieur le Président,

Son Excellence Monsieur le Secrétaire Général des Nations Unies,

Son Excellence Monsieur le Président de la Commission de l’Union Africaine,

Excellences, Monsieur le Président du G5 et les Ministres du G5,

Membres du Conseil de Sécurité,

Mesdames et Messieurs,

Permettez-moi avant tout, Monsieur le Président, de vous remercier de l’opportunité donnée à l’Union européenne de participer aux discussions sur la Force conjointe du G5 au sein du Conseil de Sécurité des Nations Unies. C’est, en effet, et sans aucun doute, l’instance la plus appropriée pour apporter notre soutien à long terme à nos frères du G5 Sahel.

Cette réunion est doublement importante : d’une part elle permet de maintenir le Sahel en haut de l’agenda international, et d’autre part elle constitue une étape importante dans la montée en puissance de cette Force africaine qu’il est, comme ceci a été bien souligné dans le rapport et comme vous l’avez souligné ici, M. le Secrétaire Général, urgent de  soutenir. La sécurité au Sahel est la sécurité de tous. Elle a aussi un corolaire : il n’y aura pas de stabilité durable au Sahel sans une mise en œuvre totale, effective et inclusive des dispositions de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali.

 

Monsieur le Président, je soulèverai brièvement trois points :

  • En premier lieu, il faut, avant tout, rendre hommage aux Chefs d’Etats du G5 Sahel, aux Nations Unies et aux acteurs de la sécurité sur le terrain dont le remarquable travail se fait dans des circonstances souvent très difficiles. Les très récentes attaques au nord et au centre Mali ainsi que sur la frontière nigérienne le démontrent très clairement. Aussi, je tiens à rendre hommage à tous ceux, casques bleus de la MINUSMA, militaires de BARKHANE, soldats européens, américains et des pays du G5 Sahel, dont encore très récemment nos amis tchadiens, qui ont fait le sacrifice suprême pour la sécurité au Sahel, au Mali et dans les pays voisins.

Je voudrais également souligner le remarquable travail qui a été réalisé par les Etats-majors militaires des pays du G5 Sahel depuis le sommet des Chefs d’Etats du G5 en février 2017 à Bamako. En quelques mois à peine, un concept d’opération a pu être validé par l’Union africaine, puis intégré dans la résolution 2359 des Nations Unies, pour aboutir à une capacité opérationnelle et à la première, selon mes informations, opération conjointe (HAWBI), qui a été engagée ces derniers jours sur le fuseau centre. Il reste naturellement encore des défis, en matière d’équipement mais aussi sur le plan financier, pour que cette force soit pleinement opérationnelle. Je comprends qu’un travail sur la composante civile et judiciaire, sur le respect des Droits de l’Homme, sur le genre et sur le lien entre la force et la population locale, notamment en leur expliquant le mandat, est également en cours. Nous l’encourageons vivement.

  • Deuxième point, M. Président, je voudrais remercier le Secrétaire Général des Nations Unies pour son excellent rapport sur la Force conjointe du G5 Sahel et son engagement personnel admirable. Nous partageons pleinement l’analyse de la situation dans la région et les défis que nous devons tous ensemble relever. Nous nous réjouissons également des options proposées qui devront être mises en œuvre progressivement. Eradiquer la menace terroriste, régler la crise libyenne, prévenir et contenir la violence autour du Bassin du Lac Tchad et au Nord Mali, faire face aux dépenses croissantes des Etats du G5 Sahel en matière de sécurité, assurer un meilleur contrôle des frontières pour éviter l’exploitation d’êtres humains et les trafics de drogue et d’armes qui financent le terrorisme, et enfin contribuer au développement socio-économique d’une région forte d’une jeunesse légitimement en quête d’un avenir et d’espaces meilleurs, sont tous autant de défis qui se présentent à nous maintenant et dans les années à venir.

Et cette situation, cette analyse, les Chefs d’Etats du G5 Sahel en ont pris la mesure très tôt. Très tôt vous vous êtes engagés dans des éléments de réponse, telle que la création de cette force dont les objectifs, rappelons-le, vont de la lutte contre le terrorisme et le crime organisé à l’accompagnement des questions de développement, en passant par le rétablissement de l’autorité de l’Etat dans les zones les plus fragiles et isolées, et la facilitation des opérations humanitaires.

Très tôt, vous nous avez fait part de vos préoccupations.

Immédiatement, la Haute-Représentante et Vice-Présidente de la Commission européenne, Federica Mogherini, vous a répondu pour vous accompagner dans vos efforts, lors de l’annonce de la Force conjointe à N’Djamena en novembre 2015.

  • Troisième point, M. President. L’Union européenne et ses Etats membres, premiers bailleurs en Afrique, sont d’ores et déjà engagés dans le soutien de la Force conjointe du G5 Sahel. Ils continueront de l’être. Ils le sont dans un grand nombre de projets qui peuvent contribuer au soutien et faciliter le déploiement de cette Force, y compris pour faciliter les contacts avec les populations locales. Cette approche globale, traduite dans la stratégie de l’Union européenne pour le Sahel de 2011, déjà de 2011, et qui souligne le nexus « sécurité-développement », est primordiale pour garantir la stabilité dans la région.

Lors du sommet UE-G5 du 5 juin 2017, Federica Mogherini, a annoncé ce soutien de l’Union européenne à la Force conjointe du G5 Sahel, à travers un premier montant de 50 millions d’Euros prélevé sur la Facilité de Paix pour l’Afrique, et en mobilisant également l’appui des missions de Politique de Sécurité et de Défense Commune (PSDC) de l’UE présentent dans la région.

Avec l’appui de la mission EUTM Mali, les premières requêtes de l’Etat-major du G5 sont en cours de traitement. La question du respect des “Droits de l’Homme”, y inclus la protection des enfants associés à des groupes armés, et la question du genre, sont pour nous des éléments clés dans la poursuite de notre engagement au profit de cette Force. Les formations des forces armées maliennes dispensées par EUTM sont réalisées, je le rappelle, dans le cadre des normes internationales en matière de Droits de l’Homme.

A Bruxelles, et dans la suite des réunions de Paris et de Berlin de ces derniers mois, nous travaillons également sur la question de la mobilisation et de la coordination des efforts de la communauté internationale au profit de la Force.

A cette fin, et dans la suite des annonces faites en marge de l’Assemblée Générale des Nations Unies en septembre dernier, à laquelle Federica Mogherini a participé, nous allons organiser le 14 décembre prochain à Bruxelles, avec la Présidence malienne du G5, une Conférence des Chefs d’Etats et de Gouvernement sur la Sécurité et le Développement au Sahel qui réunira une grande partie de la communauté internationale. Ce sera sans aucun doute l’occasion de mobiliser des contributions permettant la montée en puissance de la Force conjointe et sa pleine opérationnalisation, y compris dans sa composante civile, en réponse à l’engagement pris par les pays du G5 Sahel et la résolution 2359 du Conseil de Sécurité des Nations Unies. L’UE a mis en place un dispositif pour soutenir directement les demandes de la Force conjointe. Ce dispositif est opérationnel et ouvert à des contributions de la Communauté internationale. Enfin, cette Conférence sera également une opportunité d’aborder la question du développement et de prendre en compte le travail réalisé depuis quelques mois dans le cadre de l’Alliance qui s’appelle maintenant avec le Sahel au lieu de pour le Sahel.

Je me réjouis donc de cette réunion d’aujourd’hui à New-York et je fais confiance à l’esprit de solidarité qui, je n’en doute pas, feront en sorte que nous allions tous ensemble dans la même voie pour relever les défis qui se présentent à nous. En ce sens la Conférence de Bruxelles se doit d’être un succès.

Enfin, permettez-moi de finir en citant la phrase de Madame Federica Mogherini qui résume notre volonté et forme d’agir aussi bien dans l’aspect sécuritaire et dans l’aspect développement « nous ne travaillons pas pour l’Afrique, non, nous travaillons avec l’Afrique ».

Merci beaucoup Monsieur le Président.

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