European Union External Action

Faire cesser l’horreur de l’incertitude au Kosovo: l’UE dirige les opérations d’identification des personnes disparues

29/11/2017 - 12:23
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L’UE, par l’intermédiaire d’EULEX, sa mission «État de droit», joue un rôle important pour que justice soit rendue aux familles en identifiant des personnes disparues au Kosovo. Sefer, le mari de Fatime Krasniqi, a été identifié en avril 2017 grâce aux efforts d’EULEX. Fatime a insisté auprès d’autres familles de disparus pour qu’elles fournissent des échantillons d’ADN à EULEX en vue de faciliter le processus d’identification, afin que les restes de leurs proches puissent leur être rendus. Depuis 2008, EULEX a mené 576 opérations sur le terrain pour identifier et reconstituer des restes humains. Ces opérations ont permis d’identifier 423 personnes.

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La perte d’un être cher lors d’un conflit est un événement tragique.  Mais continuer de vivre pendant des dizaines d'années sans connaître le sort exact de cette personne rend le processus de deuil encore plus difficile. Grâce à la mission «État de droit» de l’UE au Kosovo, Fatime Krasniqi a finalement su ce qu’il était advenu de son mari disparu.

En avril 2017, comme chaque année depuis 1999, Fatime Krasniqi s’est rendue sur la tombe de son mari afin de commémorer le dix-huitième anniversaire de sa disparition de leur petit village, pendant la guerre du Kosovo.  Elle était loin de se douter que quelques jours plus tard, elle serait contactée par la mission «État de droit» de l’Union européenne au Kosovo (EULEX) et l’Institut de médecine légale du Kosovo: les restes de son mari disparu, Sefer Azem Krasniqi, avaient enfin été identifiés.

Cette nouvelle ramena l’espoir mais aussi l’inquiétude dans la famille Krasniqi. Comme toutes les familles de disparus, elle espérait le retour de ses proches. Et à mesure que cet espoir s’amenuisait, elle priait pour qu’un événement mette fin à cette longue attente: un enterrement en bonne et due forme.

«Je me répétais sans cesse qu’il y avait peut-être un espoir qu’il n'ait pas complètement disparu», a expliqué Fatime à EULEX.

À la fin de la guerre, en 1999, environ 4 500 personnes étaient encore portées disparues. L’accès à un système judiciaire efficace est un droit essentiel, un des principes fondateurs des démocraties européennes auquel l’UE est attachée, à l’intérieur et à l'extérieur de ses frontières. Un meilleur accès à la justice rend les sociétés plus sûres, plus justes et plus équitables, et réduit le risque de nouveaux conflits. Depuis le déploiement de la mission de l’UE en 2008, les experts médico-légaux d’EULEX ont aidé les institutions du Kosovo, telles que l’Institut de médecine légale, à accélérer le traitement de ces dossiers. Depuis, EULEX a mené à bien 576 opérations sur le terrain afin d'identifier et dereconstituer des restes humains. Elle est ainsi parvenue à identifier 423 personnes, dont 294 faisaient partie des disparus.

Sefer a pu être retrouvé grâce aux efforts déployés par EULEX pour identifier les disparus de la guerre du Kosovo, soit 1 665 personnes.

Les progrès des techniques d’identification par l’ADN redonnent espoir à EULEX et l’incitent à poursuivre ses travaux pour identifier les personnes disparues. Dans le cas de meurtres de masse, en particulier, les experts d’EULEX partent de l’hypothèse que chaque fragment d’os pourrait appartenir à une personne différente.

Fatime savait que les dépouilles de proches de certains amis avaient été exhumées selon les techniques les plus récentes afin de faciliter le processus d’identification. «Je voudrais demander aux familles qui ont enterré des proches autrefois sans être certaines à cent pour cent de leur identité d'autoriser l’ouverture des tombes afin qu’une analyse adéquate puisse être réalisée. Elles devraient accepter afin de garantir l’identification correcte des victimes. Cela a été très pénible pour moi de me rendre sur une tombe vide», a déclaré Fatime en exprimant sa gratitude pour les efforts ayant permis d’identifier Sefer.

Bien que cette décision — et la procédure qui s’ensuit — soit extrêmement difficile à prendre pour les familles, ces exhumations et l'analyse d’ADN subséquente ont permis à des personnes comme Fatime d’élucider enfin le sort de membres de leur famille.

Alexandra Papadopoulou, chef de la mission EULEX, a réaffirmé la volonté d’EULEX d’élucider les dossiers en cours des personnes disparues. «EULEX a pour mission d’aider les institutions du Kosovo à aller de l’avant tout en résolvant les problèmes du passé, et notamment l’identification des personnes disparues.  Plus le temps passe et plus le processus d’identification est difficile, mais tant que nous serons là, nous ne reconcerons jamais».

 

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