Un environnement sain pour les générations futures: redéfinir les droits humains et l'environnement en Europe

08/10/2021 - 15:29
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La Délégation de l'UE auprès du Conseil de l'Europe et l'Association Parlementaire Européenne (APE) ont organisé une conférence-débat le 5 octobre 2021 afin de discuter et réfléchir sur la relation entre un environnement sain et les droits de l'homme. Il s'agit d'un défi historique qui touche à la fois les travaux de l'Union européenne et ceux du Conseil de l'Europe.

La question environnementale a progressivement grandi dans les programmes politiques et constitue désormais une priorité mondiale, que ce soit dans le cadre des diverses initiatives de l'ONU (notamment l'Accord de Paris de 2016 et l'Agenda 2030 pour le développement durable) ou du récent Pacte Vert de l'UE.

Lancée lors de la Journée de l'Europe 2021, la Conférence sur l'avenir de l'Europe cherche à promouvoir le dialogue entre les citoyens, les experts et les institutions européennes. Elle offre aux citoyens de toute l'Europe la possibilité de s'exprimer sur ce qu'ils attendent de l'Union européenne et de donner leur avis sur les évolutions à venir.

C'est dans ce cadre que notre événement "Un environnement sain pour les générations futures : repenser les droits de l'homme et l'environnement en Europe" s'est déroulé et a invité les citoyens, notamment les jeunes, à s'exprimer sur la manière dont le continent devrait aborder les questions liées à la protection de l'environnement. L'événement s'est également avéré opportun puisqu'il a eu lieu durant les semaines de la diplomatie climatique du 27 septembre au 17 octobre 2021.

Les participants ont été séparés en trois groupes et ont reçu un sujet pertinent à discuter et à débattre au sein d'ateliers participatifs. Cet exercice a été entrepris dans le but de formuler des propositions et des idées qui ont été soumises aux invités et qui seront ensuite publiées sur la plateforme de la Conférence sur l'avenir de l'Europe. Trois étudiants de Sciences Po. Strasbourg ont été chargés de formuler les idées issues des discussions afin de les présenter aux invités et au public lors de la seconde partie de l'événement.

Lors du premier atelier, les participants ont pu réfléchir à la question de savoir si le droit international/européen est suffisamment contraignant et efficace en matière de protection de l'environnement.  Les participants ont jugé nécessaire d'harmoniser les politiques environnementales au niveau européen et de renforcer le contrôle de la conformité du droit européen dans les États membres. Ils ont également appelé à investir davantage dans la recherche afin de trouver de nouvelles sources d'énergies durables et respectueuses de l'environnement. En outre, ils ont pensé à l'environnement au-delà des frontières européennes, ce qui a mis en évidence le caractère universel de ce sujet et la nécessité d'une plus grande collaboration au niveau international. Ils ont également rappelé la nécessité d'accompagner les Etats membres dans leur transition écologique et de sensibiliser les citoyens européens afin de faire évoluer les comportements collectifs vers des modes de vie plus respectueux de l'environnement.

Un deuxième atelier intitulé "Les enjeux démocratiques dans la protection de l'environnement" a quant à lui donné lieu à une discussion animée sur l'efficacité des systèmes démocratiques. Les participants ont émis l'idée d'accorder une plus grande importance à l'éducation à l'environnement et d'élargir les champs de consultation au niveau mondial dans le but d'apporter des solutions concrètes à la crise dans laquelle nos sociétés se trouvent. Les participants ont également identifié le besoin de donner un plus grande importance à la démocratie participative comme moyen de compléter le travail des parlementaires et de la démocratie représentative.

Les participants du troisième atelier ont débattu sur le sujet de l'inaction climatique et des violations des droits de l'homme dans le monde. En identifiant les problèmes liés à l'inaction climatique, à savoir la dissonance entre les déclarations d'intentions et l'absence d'action ainsi que la pollution et ses ramifications sur le droit à un air respirable, les participants ont proposé d'entreprendre davantage d'initiatives locales et de renforcer la prévention des risques en définissant une responsabilité en matière de protection de l'environnement.

La conférence a débuté avec M. Simon MOUTQUIN qui fut interrogé sur les recommandations les plus marquantes de son récent rapport sur "L'ancrage du droit à un environnement sain". Le rapport - adopté à l'unanimité par l'Assemblée Parlementaire du Conseil de l'Europe - recommande notamment la rédaction d'un protocole additionnel à la Convention Européenne des Droits de l'Homme et à la Charte Sociale sur l'intégration d'un droit à un environnement sain. De plus, il préconise la préparation d'une étude de faisabilité pour une convention "5P" (prévenir, poursuivre, protéger, politiques, parlements) sur les menaces environnementales.

La députée européenne Mme Marie ARENA a pu approfondir le sujet en soulignant la dimension universelle et intergénérationnelle de la protection de l'environnement et son impact sur les droits de l'homme. Elle a mis l'accent sur la responsabilité des entreprises et le processus de vigilance raisonnable à cet égard, soulignant que les actions d'individus ne devraient pas être tenues comme la cause principale des dégâts infligés alors que certaines multinationales s'avèrent être de plus grandes menaces pour l'environnement.

 

Mme Arena et M. Moutquin ont tous deux réagi aux commentaires faits sur le décalage entre la classe politique et les citoyens, soulignant que la multiplication des assemblées citoyennes ne pouvait qu'être bénéfique à la société dans son ensemble. Sur le sujet de la justice climatique, Mme Arena a suggéré s'engager dans une approche plus holistique en intégrant également la justice pour les populations les plus touchées par cette problématique et de ne pas s'en réduire à un raisonnement intra-européen. Cet aspect conforte certains points forts de la conférence, à savoir les dimensions universelles et intergénérationnelles du droit à un environnement sain. Il a été réitéré que ce n'est qu'à travers une coopération plus profonde et une meilleure coordination à tous les niveaux que ce droit peut être réellement effectif et mis en œuvre de manière adéquate.

Pour conclure l'événement, l'Ambassadrice de la Délégation de l'UE auprès du Conseil de l'Europe, Mme Meglena KUNEVA, a souligné l'importance de la participation citoyenne sur de tels sujets ainsi que la coopération approfondie entre l'UE et le Conseil de l'Europe.  

#EnvironmentUnDroit #EUClimateAction

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