European Union External Action

Le Tchad et l’UE

11/05/2016 - 15:44
EU relations with Country

Le Tchad est l’un des pays les plus pauvres du monde. Il bénéficie de l’aide de l’UE dans les domaines politique, économique, commerciale, de l’aide au développement et de l’aide humanitaire.

Nées en 1963, peu après les Traités de Rome, les  relations Tchad - Union européenne se sont élargies et approfondies au fil des années, et couvrent aujourd'hui la quasi-totalité des domaines des relations internationales : politique, sécurité, développement, aide humanitaire et coopération régionale. Mieux qu'il y a 60 ans, l'Union européenne et le Tchad sont équipés à répondre aux nouveaux défis communs et collectifs, dont le changement climatique, les inégalités sévères de développement et le  terrorisme. La nouvelle Stratégie Globale de l'Union européenne pose des bases  pour répondre de façon durable à ces défis, en s'appuyant sur les nouvelles dynamiques géopolitiques sous régionales - les nouveaux ordres régionaux - notamment pour le Lac Tchad et le G5 Sahel. Le partenariat est orienté axé sur la qualité et les résultats.

L’Accord de Cotonou a intégré le dialogue politique avec les institutions nationales sur les enjeux d’intérêt commun tels que les droits de l’homme, la démocratie, l’Etat de droit, la bonne gouvernance, la sécurité, la stabilité, l’intégration régionale, la fragilité, l’efficacité de l’aide et l’environnement. Ce dialogue se traduit par des réunions formelles entre Chefs de mission de l'UE et membres du Gouvernement, à raison d'une à deux par an, auxquelles participent en général plusieurs ministres. De nombreuses rencontres informelles à caractère plus ciblé se tiennent aussi de façon plus régulière. Au titre de ce dialogue, des sessions se tiennent avec l'Assemblée nationale, la société civile et la classe politique.

 

Le Tchad a connu une instabilité politique jusqu'en 2009, mais un dialogue entre la majorité présidentielle et l'opposition s’est installé dès 2006. Il a finalement abouti en 2007 à un accord en vue du renforcement du processus démocratique. Cet accord, pour lequel l'UE a joué un important rôle de facilitateur, a été à la base de la réforme législative et de la mise en place d'une administration électorale qui a permis la tenue d’élections en 2011. Le 02 avril 2013, un protocole d'accord politique a été signé par les acteurs politiques (majorité et opposition) et les représentants de la société civile pour créer le Cadre National de Dialogue Politique (CNDP).

 

L'UE a également soutenu des projets en faveur de la professionnalisation des medias et de leur consolidation dans le débat public, notamment à travers le programme thématique Initiative européenne pour la démocratie et les droits de l'homme (IEDDH) et Instrument for Stability - Rapid Reaction Mechanism (IFS-RRM.

Malgré une situation interne relativement stable depuis 2009, le Tchad reste un pays fragile, exposé qui plus est, à presque toutes ses frontières, à des zones de conflit et/ou foyers d'insécurité. De nombreuses mesures de sécurité ont été mises en place par les forces de l'ordre à travers le pays et l'état d'urgence est décrété depuis novembre 2015 dans la région du Lac. L'amélioration du contexte sécuritaire au Tchad nécessite encore des avancées.

 

L’économie pétrolière constitue une source importante de revenus pour le Tchad. En 2011, le secteur pétrolier comptait pour 23% du PIB et assurait 53% des recettes budgétaires de l'État. Mais le pays reste l’un des plus pauvres au monde, et plus de la moitié de sa population vit avec moins d’un dollar par jour.

L'économie tchadienne se caractérise par un secteur primaire important dans lequel prédomine le secteur pétrolier, un secteur secondaire embryonnaire et un secteur tertiaire qui emploie environ 20% de la population active.

Dans ce contexte, l'UE soutient les orientations du gouvernement tchadien à travers un ensemble de projets, tant au niveau régional que national. Ces derniers visent à améliorer :

  • les finances publiques (appui à la modernisation des finances publiques),
  • l'environnement des affaires (appui au commerce),
  • la qualité et la compétitivité des produits tchadiens (appui aux filières porteuses : élevage, gomme arabique, etc.),
  • la transparence dans la gestion des ressources pétrolières (soutien à l'adhésion du Tchad à l'Initiative pour la transparence dans les industries extractives).

Des Accords de partenariat économiques (APE) vont prendre la relève de l'ancien système et des programmes régionaux ont été mis en place.

Membre de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), le Tchad est également engagé dans une intégration régionale en tant que membre de la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale. Le développement du commerce régional reste cependant entravé par les délais et les coûts importants dus à l’enclavement du pays.

Le Tchad exporte principalement du pétrole (98% de ses exportations en 2008) et des produits agricoles (bétail, coton, arachides, céréales). Les principaux clients du pays sont les États-Unis, la Chine et le Royaume-Uni.

Le pays importe principalement des combustibles et des biens d'équipement. Ses cinq principaux fournisseurs sont par ordre décroissant : le Cameroun, les États-Unis, la France, le Nigéria et la Chine.

Dans le cadre de ses relations commerciales avec l'UE, le Tchad bénéficie de l'Initiative tout sauf les armes accordée aux pays les moins avancés et qui permet l'accès au marché européen sans droits de douane et sans restriction quantitative. Ce cadre est cependant en cours de modification : l'accord de Cotonou signé en 2000 a en effet mis un terme au système de préférence généralisé afin de refonder le partenariat pour le développement sur la base de règles davantage en adéquation avec le droit international.

Le Tchad fait partie des pays les plus pauvres du monde et le taux de croissance de l’économie est insuffisant pour permettre une amélioration des conditions de vie des Tchadiens. Cette stagnation économique et sociale s’explique essentiellement par la fragilité des institutions et une forte insuffisance de l’État de droit, deux éléments qui dissuadent l’initiative privée.

Dans ce contexte, la stratégie de l’UE est de contribuer à la bonne gestion des affaires publiques et à la sécurité dans le pays afin de favoriser un cycle de croissance économique durable et une réduction de la pauvreté. Trois domaines d’action apparaissent :

  • La coopération entre le Tchad et l'UE dans le domaine de la bonne gouvernance se concentre notamment sur les forces de sécurité intérieure, la justice, les finances publiques, le développement du secteur privé et la gouvernance locale.
  • Dans le domaine des infrastructures, la coopération UE-Tchad porte sur deux secteurs principaux : l'accès à l'eau potable et l'amélioration des conditions de transport. Un appui au secteur de l'énergie est également apporté depuis quelques années.

Les programmes liés au développement rural, à la sécurité alimentaire et à la gestion durable de l'environnement interviennent dans les domaines de l'agriculture, de l'élevage, de l'environnement et de la sécurité alimentaire.

L’Union européenne intervient à travers ses instruments de financement des programmes et projets notamment le Fonds Européen de Développement et lignes budgétaires «thématiques» suivants : Instrument européenne pour la démocratie et les droits de l'homme (IEDDH), Instrument contribuant à la stabilité et à la paix (ICSP), sécurité alimentaire, environnement et ressources naturelles, acteurs non étatiques et autorités locales, Facilité alimentaire instrument d’aide humanitaire, l’instrument de financement de la coopération au développement (ICD), etc.,.

Le dialogue avec la société civile constitue l'un des soucis constants de l'UE lors de la mise en œuvre de ses projets au Tchad.

Les programmes thématiques permettent de rencontrer la société civile lors des réunions d'information et de formation. Ils permettent également de la renforcer, à travers la construction de locaux, l'équipement, la formation ou le financement des actions entrant dans leurs domaines d'activité.

Les défis liés aux organisations de la société civile tiennent au renforcement de leurs capacités, à l'amélioration de leur représentativité et de leur légitimité, et à leur dynamisme.

Le programme d'appui à la société civile vise en priorité à élargir le spectre des bénéficiaires de l’aide européenne notamment en favorisant l’appui des acteurs émergents dans le monde rural et les centres urbains ; une attention particulière est donnée aux associations de jeunes et de femmes. Le programme œuvre également à accroître la participation des citoyens dans la vie politique, économique et sociale. La structuration des organismes impliqués dans des initiatives de gouvernance est promue ainsi que les initiatives de dialogue interculturel et interreligieux.

L'UE apporte depuis 2003 une aide humanitaire au Tchad essentiellement dans trois régions :

  • l'est du Tchad où, à la frontière du Darfour soudanais, il s'agit principalement d'apporter une assistance aux réfugiés et aux populations locales les plus vulnérables.

  • la bande sahélienne où, dans une région semi-désertique, les objectifs principaux sont de prévenir et répondre aux crises alimentaires, réduire la malnutrition et apporter secours aux ménages en difficulté affectés par la crise libyenne.

  • au sud où vivent des retournés et des refugiés centrafricains.

L’aide humanitaire de l'Union européenne s’oriente principalement vers l’assistance alimentaire, les soins de santé, l'accès à l’eau et aux installations sanitaires, la fourniture de vivres, d’abris, la prise en charge de la malnutrition aiguë sévère, la lutte contre les épidémies comme le choléra et l’hépatite E. Les bénéficiaires de cette aide sont les réfugiés, les déplacés, les retournés et les personnes en insécurité alimentaire.

L'aide humanitaire est mise à disposition des victimes de façon impartiale, c’est-à-dire indépendamment de leur race, de leur groupe ethnique, de leur religion, de leur sexe, de leur âge, de leur nationalité ou de leur appartenance politique, par l’intermédiaire des partenaires opérationnels.

Une des crises humanitaires d'Afrique se déroule dans le bassin du Lac Tchad. Grâce au soutien financier de l'Union européenne, des soins de santé sont fournis dans les régions du Lac. Les consultations en soins de santé primaire sont données aux personnes déplacées via des cliniques mobiles qui se rendent sur les différents sites. En outre, les deux principaux hôpitaux du district ont été renforcés et équipés.

 

L'Union européenne et ses partenaires mettent sur pied des activités d’autonomisation et d’autosuffisance des populations réfugiées situées à l’Est et au Sud du pays au travers d'activités agricoles et d’activités génératrices de revenus. D’autres programmes mis en place par des partenaires appuient la réinsertion socio-économique des retournés tchadiens et des réfugiés centrafricains et soudanais.

On dénombre des réfugiés soudanais, nigérians et centrafricains, des retournés tchadiens de la République centrafricaine et du Nigeria, et des déplacés internes de la crise du Nigeria.

 

 

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