UE Turkménistan: réunion annuelle dans le cadre du dialogue sur les droits de l'homme

Brussels, 07/07/2021 - 07:52, UNIQUE ID: 210707_2
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L'Union européenne et le Turkménistan ont tenu la treizième session de leur dialogue annuel sur les droits de l'homme le 6 juillet. La réunion a eu lieu par vidéoconférence en raison des restrictions imposées par la pandémie de COVID‑19. Vepa Hajiyev, vice‑ministre des affaires étrangères, était à la tête de la délégation turkmène, tandis que la délégation de l'UE était conduite par Philippe van Amersfoort, chef par intérim de la division Asie centrale du Service européen pour l'action extérieure.

L'état de droit et le respect des droits de l'homme sont des éléments essentiels de la relation entre l'UE et le Turkménistan. Le dialogue a permis un échange ouvert sur un large éventail de questions, et plus particulièrement sur les répercussions de la pandémie sur les droits de l'homme. Les parties ont procédé à un échange de vues sur l'état de droit, le cadre juridique relatif à la protection des droits de l'homme au Turkménistan ainsi que sa mise en œuvre, la situation de la société civile, les libertés fondamentales, les conditions de détention et la prévention de la torture, la coopération avec les instances internationales, en particulier les procédures spéciales des Nations unies, ainsi que les cas individuels préoccupants en matière de droits de l'homme.

John McGregor, chef du centre de l'OSCE à Achgabat, et Ryszard Komenda, chef du bureau du Haut‑Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme à Bichkek, ont été invités à faire le point sur leur coopération avec le Turkménistan. L'UE s'est félicitée de la volonté du pays de coopérer sur les questions relatives aux droits de l'homme. Toutefois, elle a insisté sur le fait que certains aspects de la législation nationale et certains des principaux engagements pris au niveau international par le Turkménistan doivent être pleinement mis en œuvre et faire l'objet d'un suivi. L'UE a souligné en particulier qu'il importe de renforcer la coopération avec les Nations unies afin de lutter efficacement contre les disparitions forcées en détention. Elle a également demandé instamment au Turkménistan de ratifier les principales conventions et protocoles internationaux tels que le Statut de Rome de la Cour pénale internationale et le protocole facultatif à la Convention contre la torture. L'UE a souligné qu'il fallait apporter des améliorations concrètes en matière de droits de l'homme, notamment dans la perspective de la ratification de l'accord de partenariat et de coopération avec l'UE, signé en mai 1998. L'UE a insisté sur la nécessité d'assurer un contrôle sans entrave des lieux de détention par des observateurs indépendants, et a encouragé une coopération étroite avec le Comité international de la Croix‑Rouge.

La délégation turkmène a rappelé que des contacts étaient en cours pour organiser des visites du groupe de travail des Nations unies sur les disparitions forcées et de la rapporteuse spéciale des Nations unies dans le domaine des droits culturels. Le Turkménistan a fait savoir qu'il était prêt à organiser des visites de diplomates dans les centres de détention lorsque la situation épidémiologique le permettra.

L'UE a communiqué des informations sur ses principales initiatives en matière de droits de l'homme, telles que le nouveau plan d'action de l'UE en faveur des droits de l'homme et de la démocratie pour la période 2021‑2024 et le régime mondial de sanctions de l'UE en matière de droits de l'homme adopté par le Conseil en décembre 2020, qui témoignent de la ferme détermination de l'UE à présenter un front uni en faveur des droits de l'homme. Le Turkménistan a fait part de son plan d'action national en faveur des droits de l'homme (2021‑2025) et a réaffirmé son intention de coopérer avec les organisations internationales, notamment l'ONU, l'OIT et l'OSCE.

Le Turkménistan a annoncé que le rapport d'activité 2020 du bureau de la médiatrice a été rendu public. L'UE a souligné l'importance que revêtent la pleine indépendance du bureau de la médiatrice et le dialogue de cette dernière avec les autorités turkmènes sur toutes les questions relatives aux droits de l'homme, y compris les disparitions forcées.

L'UE s'est félicitée de la participation de certaines organisations de la société civile à des consultations avec le gouvernement, mais reste préoccupée par la situation des défenseurs des droits de l'homme, des organisations de la société civile et des journalistes. L'UE a invité le Turkménistan à aligner sa législation et ses pratiques sur les normes internationales en matière de droits de l'homme dans des domaines tels que la liberté d'expression, la liberté de réunion pacifique et la liberté d'association. L'UE a demandé instamment au Turkménistan de lever les restrictions inutiles à l'accès à l'internet. Elle a souligné la contribution importante qu'une société civile et des journalistes indépendants peuvent apporter à la résilience socio‑économique en temps de crise, et a encouragé le gouvernement à instaurer un dialogue avec les organisations indépendantes de la société civile et à créer les conditions nécessaires pour qu'elles puissent fonctionner sans ingérence ou restrictions injustifiées.

L'UE a fait valoir qu'il importe de supprimer totalement le travail forcé et a mis en avant sa politique de tolérance zéro à l'égard du travail des enfants. Le Turkménistan a communiqué des informations sur les mesures prises et envisagées pour faire face à ces problèmes, notamment en coopérant avec l'OIT.

Une liste des cas individuels sera transmise aux autorités turkmènes par la délégation de l'UE à Achgabat dans les prochains jours.

Il a été convenu d'organiser la prochaine session du dialogue UE‑Turkménistan sur les droits de l'homme en 2022 à Achgabat, en présentiel si les circonstances le permettent.

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