European Union External Action

Déclaration de l'UE devant le Conseil de sécurité des Nations unies sur les liens entre le terrorisme international et la criminalité organisée

New York, 09/07/2019 - 18:22, UNIQUE ID: 190709_13
Statements on behalf of the EU

9 juillet 2019, New York - Déclaration prononcée , au nom de l'Union européenne et de ses États membres, par S.E. M. João Vale de Almeida, chef de la délégation de l'Union européenne auprès des Nations unies, sur les liens entre terrorisme international et criminalité organisée, lors du débat public tenu au Conseil de sécurité des Nations unies concernant les menaces pour la paix et la sécurité internationales.

J'ai l'honneur d'intervenir au nom de l'Union européenne et de ses États membres.

La Turquie, la République de Macédoine du Nord*, le Monténégro*, la Serbie* et l'Albanie*, pays candidats, la Bosnie-Herzégovine, pays du processus de stabilisation et d'association et candidat potentiel, ainsi que l'Ukraine, la République de Moldavie et la Géorgie, se rallient à la présente déclaration.

Je tiens tout d'abord à remercier le Pérou d'avoir suivi cette question et de nous avoir amenés à nous concentrer sur la nécessité de mieux comprendre toute évolution des liens entre terrorisme international et criminalité organisée, et d'y faire face avec plus d'efficacité, étant entendu que les motivations et les régimes juridiques correspondant à ces deux phénomènes sont différents.

Nous voudrions aussi remercier l'Office des Nations unies contre la drogue et le crime et la direction exécutive du Comité contre le terrorisme, ainsi que Mme Makarenko, pour les séances d'information et le travail considérable qu'ils assurent dans ce domaine.

L'additif aux principes directeurs de Madrid adopté en décembre 2018 invitait chacun de nous à continuer de mener des travaux de recherche et de recueillir des informations pour mieux connaître et comprendre la nature et l'étendue des liens potentiels qui existent entre le terrorisme et la criminalité transnationale organisée.

À cet égard, l'UE s'efforce de parvenir à une approche intégrée et pluridisciplinaire, faisant intervenir plusieurs organismes, pour lutter efficacement contre la criminalité, y compris le terrorisme, tout en veillant à ce que toute mesure prise respecte les droits de l'homme et les libertés fondamentales. Diverses autorités répressives et autres organismes compétents en matière de criminalité et de terrorisme doivent travailler de concert, échanger des informations et des renseignements et coordonner les efforts déployés à tous les niveaux pour relever avec succès les défis qui se posent.

Je souhaiterais souligner ici le rôle important d'Eurojust, qui contribue à améliorer la coopération judiciaire dans la lutte contre les formes graves de criminalité, y compris le terrorisme, et le rôle d'Europol, l'agence de l'Union européenne pour la coopération des services répressifs qui aide les États à prévenir et à combattre toutes les formes graves de criminalité organisée transnationale et le terrorisme.

Europol élabore chaque année un rapport sur la situation et les tendances du terrorisme en Europe. Dans le rapport qui vient d'être publié, Europol note qu'un certain nombre d'enquêtes menées dans les États membres de l'UE ont démontré que les questions du blanchiment de capitaux, de la traite des êtres humains et des migrants et du financement du terrorisme sont liées.

Dans l'UE, la législation visant à prévenir et combattre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme est conçue pour empêcher que les marchés financiers soient utilisés à ces fins. La législation traite ces deux questions simultanément. Nous devons impérativement tarir les sources de financement des criminels en luttant efficacement contre le blanchiment, afin de dissuader ceux-ci de recourir au terrorisme et à la criminalité organisée.

La législation en question a été modifiée récemment dans le but notamment de renforcer la transparence quant aux détenteurs réels des sociétés et des trusts visant à empêcher le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme par le biais de structures opaques, d'améliorer le travail des cellules de renseignements financiers en facilitant l'accès à l'information grâce à des registres centralisés des comptes bancaires, de faire face aux risques de financement du terrorisme liés à l'utilisation anonyme de monnaies virtuelles et d'instruments prépayés, ainsi que d'améliorer la coopération et l'échange d'informations entre ceux qui s'occupent de la lutte contre le blanchiment des capitaux et avec la Banque centrale européenne, etc.

Le plan d'action antidrogue de l'UE pour la période 2017-2020 constitue aussi un instrument renforcé de réponse aux problèmes émergents de santé et de sécurité liés à l'utilisation et au trafic de drogues illicites. Tout en maintenant et en actualisant les domaines d'action essentiels et les thèmes transversaux de la stratégie antidrogue de l'UE (2013-2020), le plan d'action 2017-2020 recense de nouveaux domaines d'action prioritaires, notamment en ce qui concerne la collecte de données factuelles sur les liens potentiels entre le trafic de drogue et le financement du terrorisme, la criminalité organisée, le trafic de migrants ou la traite des êtres humains. Nous y travaillons actuellement.

Surtout, l'Union européenne est résolue à s'attaquer aux flux financiers liés à la drogue comme en témoigne le fait que ses États membres se sont mis d'accord pour augmenter le nombre des enquêtes financières et encourager leurs autorités à se concentrer, dans le cadre de toutes les enquêtes, notamment en matière de criminalité organisée, sur la saisie, la confiscation et le recouvrement des produits du crime, en particulier le blanchiment de capitaux, la corruption et d'autres activités criminelles.

Nous estimons qu'il est utile d'intensifier les efforts pour mieux comprendre les autres liens entre terrorisme et criminalité organisée. C'est pourquoi nous nous félicitons de la tenue de ce débat et de l'occasion qu'il nous donne de partager et de mettre en relief nos expériences.

Merci.

 


* La République de Macédoine du Nord, le Monténégro, la Serbie et l'Albanie continuent à participer au processus de stabilisation et d'association.

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