Déclaration conjointe à la presse de la haute représentante/vice-présidente Kaja Kallas et de Nasser Bourita, ministre marocain des affaires étrangères, de la coopération africaine et des expatriés marocains

16.04.2026
Morocco, 16/04/2026
EEAS Press Team

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Cher Ministre Bourita, cher Nasser, 

C’est ma première intervention en français devant la presse, alors soyez patients avec moi. C’est un vrai plaisir d’être ici, à Rabat, aujourd’hui, à un moment crucial pour nos relations. Le Maroc est un partenaire proche, fiable et stratégique pour l’Union européenne. Nous sommes votre premier partenaire commercial et votre premier investisseur étranger. Les échanges de marchandises sont cinq fois plus élevés qu’ils ne l’étaient en 2000. La fondation de notre partenariat est déjà très solide, mais nous allons le renforcer encore davantage.

Cher Nasser, lorsque je vous ai accueilli à Bruxelles en janvier, les ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne ont collectivement approuvé une initiative visant à intensifier notre coopération. Nous traduisons désormais cet engagement politique en résultats concrets pour nos citoyens et nos entreprises. Dans des domaines tels que la transition écologique, l’éducation et l’investissement, nous avons déjà parcouru un long chemin. Nous ajoutons désormais de nouveaux programmes axés sur les compétences, l’entrepreneuriat et l'amélioration de l’environnement des affaires. Plus récemment, nous avons lancé un nouveau dialogue numérique axé sur l'intelligence artificielle, les infrastructures et l’innovation. Nous investissons également dans notre avenir commun en approfondissant les échanges entre nos académies diplomatiques. Ainsi, notre prochaine génération pourra apprendre des uns des autres et tisser des liens durables. 

Monsieur le Ministre, le Maroc joue un rôle essentiel dans le développement de la coopération en Méditerranée. Nous avons particulièrement apprécié la contribution du Maroc au Pacte pour la Méditerranée, notamment l'organisation par vos soins d'une réunion de haut niveau en septembre dernier. Nous savons tous deux que la coopération nous rend plus fort. C'est pourquoi nous avons également confirmé aujourd'hui les préparatifs en vue d'un dialogue sur la sécurité du forum de sécurité régional UE-Méditerranée qui se tiendra plus tard cette année. Ces deux événements nous permettront d'approfondir notre travail en matière de lutte contre le terrorisme, de sécurité maritime et de résilience face aux menaces hybrides, des domaines dans lesquels le Maroc joue un rôle régional central.

Concernant le Sarah occidental, l’UE a annoncé son changement de position plus tôt cette année. Ce changement reflète les avancées importantes réalisées dans la dernière résolution du Conseil de sécurité des Nations unies qui appelle à des négociations sur la base du plan autonomie présenté par le Maroc, et souligne également le soutien continu de l'Union européenne au processus mené par les Nations Unies. Les progrès récents, notamment les pourparlers facilités par les États-Unis ensemble avec les Nations unies, sont encourageants. 

Enfin, nous avons un nouveau partenariat stratégique axé sur le commerce, l’investissement et les migrations afin de faire passer nos relations à un niveau supérieur. Je suis confiante que nous lancerons ce partenariat cette année, reflétant l’importance de la relation entre le Royaume du Maroc et l’Union européenne. Nous voulons faire beaucoup plus ensemble.

Merci encore de m'avoir accueilli ici à Rabat.

 

Q&A

Q. Ma question s'adresse à Son Excellence, Madame Kaja Kallas. L’Union européenne a appuyé la résolution du Conseil de sécurité - vous venez de le rappeler – n°2797 sur le Sahara marocain. Quelle mesure comptez-vous concrètement prendre pour traduire ce soutien pour parvenir à une solution définitive de ce différent, et ce au service de la stabilité de la rive sud de l’Europe ?

Q. Nous venons de voir l’annonce de cessez-le-feu entre le Liban et Israël. Quel est votre commentaire à ce propos ? 

Q. Votre prédécesseur Vice-Président de l'Union européenne, Josep Borrell, avec 350 personnalités, ont demandé à l'Union européenne de remettre en question l'accord d'association entre l'Union européenne et Israël par rapport aux droits de l'homme et ce qui se passe [inaudible] surtout dernièrement au Liban. Ma question, est-ce que ça ne peut pas s'appliquer aussi de revoir cet accord d'association - heureusement avec le Maroc, ça marche fort bien - avec l'État algérien, du fait que l'Algérie est le pays qui bloque le plus l'Union des pays d'Afrique du Nord. Et surtout, il viole les deux premiers articles de l'association entre l'Union européenne et l'État algérien. À savoir le premier article : le renforcement de l'intégration régionale maghrébine, que l'Algérie bloque tout le temps à cause de son soutien au mouvement séparatiste qu’il finance, qu’il a [inaudible] même parfois. Et surtout, par rapport au deuxième article, il ne respecte pas les droits de l'homme. Et dernièrement, le fait que l'État algérien a été déclaré un État qui promeut le terrorisme d'État, comme l'a déclaré le procureur national antiterroriste français. 

So, first the question on Western Sahara. To answer it, I can only reiterate the position we had adopted on 29 January 2026. So what we did then, we welcomed the adoption of the United Nations Security Council Resolution 2797, which fully supports the efforts of the Secretary General and his personal envoy to facilitate and conduct negotiations that are based on the autonomy plan proposed by Morocco with a view to achieve a just, lasting and mutually acceptable settlement in accordance with the UN Charter. The resolution also considers that the genuine autonomy could represent one of the most feasible solutions. So, we are really supporting the track of the United Nations.

On the second question that was addressed to me, ceasefire between Israel and Lebanon will provide urgently the cessation of hostilities and the needed relief for civilians who have suffered a lot and over the last few weeks. We hope that both parties also confirmed this ceasefire. A ceasefire must now be used to step back from the violence and also create space for negotiations for a more lasting peace. 

On the third question that was addressed to me first, this is not my first visit to Africa, this is my first visit to Morocco. So, that is clear. On the association agreements, we have them with many countries and I am also happy that we had the Association Council over seven years - I think it was that we held with Morocco - we have those with other countries. We haven't had a meeting with Algeria for a long time as well. Our association agreements are not all perfect and we also need to raise the issues that worry us in those relationships. And we do . They give us the platform to address the worries. And of course, the problem is we cannot really choose our neighbours. We have many problems with our neighbours and we have to somehow really operate in this environment. That is also what happens or concerns your neighbours here. So,  they are all different but we you try to operate in this environment. On that note, I am really happy that we had the Association Council with Morocco.

 

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