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Une réunion du G7 pour bâtir le monde post-pandémie

06/05/2021 - 22:38
From the blog

06/05/2021 - Blog du HR/VP - Cette semaine, j'ai passé deux jours à Londres où j'ai rencontré les ministres des affaires étrangères des pays du G7 et de la région indo-pacifique. Nous avons mené des discussions approfondies sur les principales questions géopolitiques et sommes convenus de collaborer plus étroitement pour bâtir un monde post-COVID-19 ouvert, démocratique et durable.

"Lors de la réunion des ministres des affaires étrangères du G7, nous sommes convenus de collaborer plus étroitement pour bâtir un monde post-COVID-19 ouvert, démocratique et durable."

 

Accueillis par le Britannique Dominic Raab au magnifique Lancaster House, mes collègues de l'UE Heiko Maas, Jean-Yves Le Drian et Luigi di Maio et moi-même y avons rencontré le Canadien Marc Garneau, le Japonais Toshimitsu Motegi et l'Américain Antony Blinken. Les ministres des affaires étrangères d'Inde, de Corée, d'Australie, d'Afrique du Sud et du Brunei (qui exerce actuellement la présidence de l'ASEAN) étaient également invités à participer à nos discussions portant sur la région indo-pacifique et la reprise durable. C'était la première fois depuis 2019 que nous nous retrouvions physiquement dans cette configuration. Cela nous a rappelé combien l'échange face à face et les discussions informelles et plus personnelles sont essentiels en diplomatie.

Un vaste ensemble de défis géopolitiques pressants

En préparant le sommet des chefs d'État et de gouvernement du G7, qui se tiendra du 11 au 13 juin dans les Cornouailles, au Royaume-Uni, nous avons abordé un vaste ensemble de défis géopolitiques pressants tels que les relations avec la Chine, l'Iran et l'accord sur le nucléaire iranien, le coup d'État au Myanmar, la situation en Libye et en Syrie, la région indo-pacifique, la crise en Éthiopie, les tensions en Somalie, les difficultés rencontrées au Sahel, la situation dans les Balkans occidentaux, les relations avec la Russie et les crises en Ukraine et en Biélorussie, ainsi que la situation en Afghanistan.

En plus de ce "tour du monde" intense, nous avons également abordé plusieurs questions transversales qu'il est indispensable de résoudre pour maintenir des sociétés ouvertes dans le monde post-COVID-19, comme la liberté des médias, la liberté de religion ou de conviction, la lutte contre les détentions arbitraires, la cybergouvernance et les blocages de l'accès à Internet ou encore la lutte contre la désinformation et les ingérences étrangères.

Discussions sur les vaccins, l'éducation et la faim

Nous avons également évoqué certaines des principales difficultés susceptibles de ralentir la reprise: la question des vaccins et comment accélérer leur déploiement mondial; l'éducation, qui s'est mise à l'arrêt en de nombreux endroits du monde pendant la crise; et la lutte contre la faim, la pandémie de COVID-19 ayant sensiblement aggravé l'insécurité alimentaire sur la planète.

 

"Aujourd'hui, le rythme mondial de vaccination est bien trop lent pour lutter efficacement contre la pandémie à l'échelle planétaire."

 

En ce qui concerne les vaccins, j'ai lancé la discussion en faisant état de mes préoccupations quant à la nécessité d'accélérer le déploiement des vaccins à l'échelle mondiale. J'ai rappelé que, comme l'a récemment indiqué Ricardo Hausmann, par exemple (lien externe) de la Kennedy School de Harvard, le rythme global de vaccination est actuellement bien trop lent pour lutter efficacement contre la pandémie au niveau mondial. Au rythme actuel, le monde entier ne sera pas vacciné avant 2023. Il existe un risque croissant que les nouveaux variants nuisent à l'efficacité des vaccins que nous utilisons actuellement. La COVID-19 pourrait devenir chronique, ce qui affaiblirait la reprise économique.

Le dispositif COVAX contribue de manière fondamentale à aider les pays pauvres à vacciner leurs populations; l'Union européenne l'a d'emblée résolument soutenu. Cependant, ce n'est pas COVAX qui produit les vaccins ou qui crée les capacités de production supplémentaires. Comme le dit le professeur Hausmann, COVAX fait office de régulateur de la longue file d'attente des personnes souhaitant être vaccinées et, par conséquent, de gestionnaire de la pénurie.

Renonciation aux droits de propriété intellectuelle sur les vaccins contre la COVID-19

Jusqu'à présent, nous, Européens, avons exporté autant de doses de vaccins que nous en avons utilisé pour notre propre population. Toutefois, ce n'est pas le cas partout. Nous avons discuté de la manière dont certains pays producteurs de vaccins interdisent aujourd'hui les exportations ou prennent des mesures qui perturbent les chaînes de distribution. Ce manque de capacités de production pose la question d'une éventuelle renonciation aux droits de propriété intellectuelle sur les vaccins contre la COVID-19.

Les avis divergent sur cette mesure, selon l'évaluation de son impact sur la capacité à produire davantage de vaccins plus rapidement. Nous avons pris note de la position que les États-Unis ont adoptée récemment sur cette question et que le président Biden a exprimée. Comme l'a déclaré aujourd'hui la présidente de la Commission européenne, Mme von der Leyen, "L'Union européenne est également disposée à discuter de toute proposition qui vise à combattre la crise de manière efficace et pragmatique. Nous sommes ainsi prêts à discuter, dans cet objectif, de la proposition américaine de lever les droits de propriété intellectuelle sur les vaccins contre la COVID-19".

Plusieurs réunions bilatérales

J'ai également eu l'occasion de m'entretenir au niveau bilatéral avec le Secrétaire d'État américain Antony Blinken, ainsi qu'avec mes collègues japonais et canadien. J'ai par ailleurs eu un échange de vues avec les ministres de Corée du Sud, d'Inde, d'Afrique du Sud et du Brunei (qui exerce actuellement la présidence de l'ASEAN). Enfin, j'ai eu un entretien bilatéral avec Dominic Raab, ministre des affaires étrangères du Royaume-Uni, hôte de la réunion du G7. Il s'agissait en fait de notre premier face à face depuis que le Royaume-Uni a officiellement quitté l'UE et nous sommes convenus d' un accord d'établissement pour la délégation de l'UE au Royaume-Uni, qui prévoit notamment d'accorder à l'ambassadeur de l'Union européenne à Londres le statut complet d'ambassadeur.

 

"Le principal enseignement que je tire personnellement de cette réunion du G7, et que je tiens à partager avec vous, est qu'il existe parmi ces pays démocratiques adhérant aux mêmes valeurs une détermination réelle à intensifier encore leur coopération afin de répondre ensemble aux défis qui se posent "

 

Durant ces deux jours et demi, nous nous sommes penchés sur bon nombre de questions complexes. Le communiqué exhaustif que nous avons publié reflète les résultats de nos discussions. Le principal enseignement que je tire personnellement de cette réunion du G7, et que je tiens à partager avec vous, est qu'il existe parmi ces pays démocratiques adhérant aux mêmes valeurs une détermination réelle à intensifier encore leur coopération afin de répondre ensemble aux défis qui se posent.

Ces dernières années, en partie à cause de nos relations difficiles avec la précédente administration américaine, les pays du G7 ont parfois eu du mal à trouver un terrain d'entente et à exploiter celui-ci pleinement. Les réunions du G7 elles-mêmes avaient tendance à se transformer en enceintes de confrontation plutôt que de coopération. Ces jours appartiennent heureusement au passé.

Un élan positif imprimé aux relations UE-États-Unis

La présidence de Joe Biden a déjà donné un élan positif aux relations entre l'UE et les États-Unis – et cette réunion du G7 montre que cette tendance ne se limite pas à l'UE et aux États-Unis: les démocraties représentées font dans une large mesure la même analyse de la situation mondiale et des risques que fait planer la montée des régimes autoritaires sur la paix et la stabilité dans différentes régions du monde. Cette situation doit amener les pays démocratiques à faire cause commune.

 

"Si nous voulons que notre modèle démocratique prévale dans le monde, il nous reste encore beaucoup à faire ensemble pour convaincre nos partenaires des pays émergents et en développement qu'il s'agit là de la voie à suivre pour leur avenir et le bien-être de leurs populations."

 

Cela dit, si nous voulons que notre modèle démocratique prévale dans le monde, il nous reste encore beaucoup à faire ensemble pour convaincre nos partenaires des pays émergents et en développement qu'il s'agit là de la voie à suivre pour leur avenir et le bien-être de leurs populations. À cet égard, notre capacité à agir ensemble pour aider le monde entier à se remettre de la pandémie de COVID-19 et de ses conséquences sociales et économiques sera d'une importance capitale.

Nous ne voulons pas d'un monde perpétuellement divisé en blocs rivaux.

Nous ne voulons pas d'un monde perpétuellement divisé en blocs rivaux. Une communauté mondiale est nécessaire pour résoudre des problèmes mondiaux comme la pandémie de COVID-19 (et les pandémies qui pourraient lui succéder), le changement climatique, la perte de biodiversité ou la prolifération nucléaire. Notre objectif est de construire à l'échelle mondiale un cadre multilatéral post-COVID-19 fondé sur les valeurs démocratiques et les droits fondamentaux déjà reconnus par les Nations unies en 1948.

 

"Notre objectif est de construire à l'échelle mondiale un cadre multilatéral post-COVID-19 fondé sur les valeurs démocratiques et les droits fondamentaux."

 

Ces dernières années, cet objectif est apparu toujours plus difficile à atteindre. Cette réunion du G7 a redonné confiance dans notre capacité à renverser l'équilibre mondial en faveur de la démocratie et de la liberté.

G7: Intervention du haut représentant/vice-président Josep Borrell à la suite de la réunion des ministres des affaires étrangères et du développement du G7

Royaume-Uni: Le haut représentant/vice-président Josep Borrell et le ministre des affaires étrangères Dominic Raab conviennent d'un accord d'établissement pour la délégation de l'UE

Réunion des ministres des affaires étrangères et du développement du G7: Communiqué