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Déclaration de la Délégation de l'Union européenne en Algérie à l'occasion de la journée mondiale contre la peine de mort

Alger, 10/10/2018 - 16:06, UNIQUE ID: 181010_18
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"Nous sommes interpellés dans notre humanisme face aux tentations des solutions de conjoncture"

 

Déclaration de la Délégation de l'Union européenne en Algérie à l'occasion de la journée mondiale contre la peine de mort   
 

Alors que le monde fête cette année le 70e anniversaire de la Déclaration des droits de l'homme dont l'article 3 confère au droit à la vie un caractère sacré, la Journée européenne et mondiale contre la peine de mort que nous célébrons ce 10 octobre vient nous rappeler quelques réalités implacables. Un quart des pays dans le monde n'ont pas aboli la peine capitale et près de 1000 personnes ont été exécutées en 2017 (même si le nombre de pays qui ont aboli la peine capitale ou ont introduit un moratoire sur son application est en progression constante, et le nombre d'exécutions est en diminution de près de 40% depuis 2015).   

Mais au-delà des statistiques, la question de la peine capitale reste avant tout celle des valeurs universelles liées au respect de la dignité humaine et du droit à la vie. Fidèle à ces valeurs qu'elle fait siennes, qu'elle promeut et partage, l'Union européenne inscrit l'abolition de la peine de mort comme une des grandes priorités de sa politique des droits fondamentaux et une partie intégrante de sa politique extérieure. Son rejet du caractère inhumain et peu dissuasif de cette sentence, constitue en ce sens, autant d'arguments à charge.

Les efforts de l'UE pour aboutir à un consensus mondial autour du principe d'abolition convergent avec les positions de nombre de ses partenaires. C'est le cas pour l'Algérie dont le rôle est reconnu pour son appui à la résolution 62/149 de 2008 adoptée par l'Assemblée générale des Nations unies, et portant moratoire sur la peine de mort. Sur le plan interne, le respect par l'Algérie d'un moratoire sur les exécutions depuis 1993 est également à saluer, eu égard à la conjoncture particulière dans laquelle il a été adopté.

Pourtant, la bataille est loin d'être gagnée et les réalités quotidiennes de nos sociétés nous commandent de rester vigilants et de ne ménager aucun effort dans la poursuite de cette lutte humanitaire. Devant l'infamie des actes de violences et les atteintes répétées à la vie des catégories les plus vulnérables, nous sommes interpellés dans notre humanisme face aux tentations des solutions de conjoncture. Plus que jamais, nous affirmons qu'il n'y a pas de contradiction entre le respect de la vie et le devoir de justice.