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Discours de la HR/VP Federica Mogherini lors de la session plénière du Parlement européen sur les activités de forage de la Turquie en Méditerranée orientale

Brussels, 13/11/2019 - 19:33, UNIQUE ID: 191113_18
HR/VP speeches

Seul le texte prononcé fait foi.

Je vous remercie, Monsieur le président.

Il s'agit d'un débat opportun au sein de ce Parlement. L'occasion m'est ainsi donnée de vous informer sur le travail que nous avons accompli, non seulement à la Commission, mais aussi au Conseil, en fait. Lundi dernier, nous avons adopté au sein du Conseil des affaires étrangères un cadre en vue de mesures restrictives en raison des activités de forage menées par la Turquie en Méditerranée orientale.

Cette décision permet désormais de sanctionner les personnes ou les entités qui sont responsables d'activités de forage non autorisées dans les eaux territoriales de Chypre, dans sa zone économique exclusive ou sur son plateau continental.

Je vous rappelle comment nous en sommes arrivés là. Début mai, la Turquie a envoyé un premier navire de forage à l'intérieur de la zone économique exclusive de Chypre, puis un autre en juin.

D'emblée, l'Union européenne a affiché une position commune unie sur la question. Avant tout, nous avons affirmé notre solidarité pleine et entière avec Chypre, y compris au plus haut niveau – celui du Conseil européen, avec les chefs d'État ou de gouvernement de l'Union européenne.

Ensuite, en juillet, le Conseil a statué sur une première réponse, décidant de suspendre les dialogues de haut niveau que nous menons avec la Turquie et les négociations relatives à l'accord global sur le transport aérien, et de faire sienne la proposition de la Commission visant à réduire l'aide de préadhésion en faveur de la Turquie pour 2020.

Le Conseil a également demandé, en juillet, à la Commission et au Service européen pour l'action extérieure d'examiner d'autres options en vue de mesures ciblées, pour le cas où la Turquie poursuivrait ses activités de forage illégales.

Nous sommes restés constamment en contact avec nos homologues turcs à tous les niveaux et nous avons insisté auprès des Turcs sur la nécessité d'apaiser la situation.

Malgré cela, la Turquie a décidé de poursuivre ses activités, allant même jusqu'à les étendre au bloc 7, une zone au sein de laquelle Chypre a accordé des licences à un consortium de sociétés de l'UE.

Voilà comment nous en sommes arrivés au cadre des mesures restrictives de cette semaine.

Comme toujours, nous procédons selon une approche progressive et modulable – c'est-à-dire que les sanctions peuvent être revues à la hausse ou à la baisse, en fonction de l'évolution de la situation sur le terrain – ou plutôt de l'évolution de la situation en mer, devrais-je dire en l'occurrence.

Et comme toujours, il s'agit de mesures ciblées – donc de mesures qui ne visent que les personnes ou les entités qui sont responsables des forages non autorisés ou qui sont impliquées dans ceux-ci.

Notre objectif demeure de désamorcer les tensions et d'indiquer clairement que la souveraineté et les droits souverains de Chypre doivent être respectés conformément au droit international.

Parallèlement, il est urgent de reprendre les pourparlers approfondis visant à régler la question chypriote, en vue de la réunification de l'île, en vue d'une Chypre unie au sein de l'Union européenne, sur la base d'une fédération bizonale et bicommunautaire.

L'Union européenne soutient pleinement les travaux menés par les deux dirigeants chypriotes [Mustafa Akıncı et Nikos Anastasiades] et par les Nations unies à cet égard. Nous attendons avec intérêt le dîner que le Secrétaire général des Nations unies [Antonio Guterres] a programmé à Berlin le 25 novembre, qui constitue une occasion décisive de s'entendre sur les prochaines étapes vers une solution pour la question chypriote.

L'Union européenne a toujours accompagné ces efforts, démarches et différentes étapes, et nous continuerons de le faire avec toute l'énergie et toutes les ressources que nous pouvons mobiliser, pour accompagner les travaux menés par les Nations unies en vue d'un règlement, en insistant sur le fait que la souveraineté de Chypre et ses droits souverains doivent être respectés et que l'Union européenne agira toujours de façon unie pour les défendre, et en invitant toujours nos homologues turcs à apaiser les tensions et à évoluer dans un cadre différent.

Je vous remercie.

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