Delegation of the European Union
to the United Nations - New York

Afghanistan: communiqué des envoyés et représentants spéciaux de l'Union européenne, de la France, de l'Allemagne, de l'Italie, de l'OTAN, de la Norvège, du Royaume-Uni et des États-Unis concernant le processus de paix afghan

Brussels, 07/05/2021 - 13:20, UNIQUE ID: 210507_23
Press releases

Respectueux de la souveraineté, de l'indépendance et de l'intégrité territoriale de l'Afghanistan, les participants ont procédé à un échange de vues sur le processus de paix dans le pays et débattu de la manière de soutenir l'aspiration à une paix juste et durable exprimée par la population afghane. Dans cette optique, les participants:

ont pris acte de la revendication généralisée et sincère de la population afghane, qui aspire à une paix durable et à la fin de la guerre, et confirmé qu'une telle paix ne peut être instaurée qu'au moyen d'un règlement politique inclusif et négocié entre Afghans; ont déclaré leur attachement à la résolution 2513(2020) du CSNU et souligné qu'ils sont opposés à l'installation par la force, en Afghanistan, d'un gouvernement qui constituerait une menace pour la stabilité régionale;

ont souligné la nécessité d'accélérer le rythme des négociations de paix dirigées et contrôlées par les Afghans et se sont déclarés résolus à coopérer avec le gouvernement de la République islamique d'Afghanistan, les Talibans et d'autres dirigeants politiques et personnalités de la société civile d'Afghanistan en vue d'aboutir à un accord de paix et à un compromis politique global et durable qui mette fin à la guerre dans l'intérêt de tous les Afghans et qui contribue à la stabilité régionale et à la sécurité mondiale;

ont remercié le gouvernement du Qatar pour la contribution qu'il apporte de longue date à la facilitation du processus de paix, notamment en accueillant et en soutenant depuis le 12 septembre 2020 les négociations de paix pour l'Afghanistan, et souligné qu'ils soutiennent la poursuite des discussions entre les équipes de négociation des parties à Doha; ont accueilli avec satisfaction l'offre de la République de Turquie, des Nations unies et de l'État du Qatar d'organiser conjointement à Istanbul une conférence de paix à haut niveau, et salué les projets visant à mettre en place des manifestations qui y sont liées, en vue de faire entendre les voix de la société civile dans le processus; ont lancé un appel pressant à la reprise immédiate et sans conditions préalables de négociations de fond sur l'avenir de l'Afghanistan en vue d'élaborer et de négocier des positions de compromis réalistes sur le partage du pouvoir, susceptibles de déboucher sur la formation d'un gouvernement inclusif et légitime, ainsi que sur un règlement juste et durable;

se sont déclarés favorables à un rôle élargi pour les Nations unies afin qu'elles contribuent au processus de paix et de réconciliation en Afghanistan, notamment en mobilisant leur expérience et leur expertise considérables acquises dans le cadre du soutien à d'autres processus de paix;

ont condamné vigoureusement la persistance de la violence en Afghanistan, largement imputable aux Talibans, et demandé à toutes les parties de prendre immédiatement les mesures nécessaires pour réduire la violence et, en particulier, éviter de faire des victimes civiles afin de créer un environnement propre à favoriser un règlement politique; ont en outre appelé les parties à respecter les obligations qui leur incombent en vertu du droit international humanitaire, notamment celles qui concernent la protection des civils, et engagé toutes les parties à s'entendre sur des mesures rendant possible l'instauration d'un cessez-le-feu permanent et global;

dans ce contexte, ont exhorté les Talibans à mettre fin à leur offensive de printemps non déclarée, à s'abstenir de s'en prendre aux civils et à cesser immédiatement toutes les attaques aux abords d'hôpitaux, d'écoles, d'universités, de mosquées et d'autres infrastructures civiles; ont exigé, en particulier, l'arrêt immédiat de la campagne d'assassinats ciblés visant des personnalités de la société civile, le clergé, des journalistes et d'autres professionnels des médias, des défenseurs des droits de l'homme, des membres du personnel de santé, des fonctionnaires de justice et d'autres civils;

à la suite de l'annonce faite le 14 avril par les États-Unis et l'OTAN selon laquelle les forces américaines et celles de la mission "Resolute Support" procéderont à un retrait en bon ordre, coordonné et volontaire d'Afghanistan, qui s'achèvera le 11 septembre 2021, les participants ont rappelé que la sécurité des forces internationales devait être assurée pendant ce retrait et que toute attaque des Talibans contre nos troupes durant cette période se heurtera à une réponse énergique; ils ont souligné que le processus de retrait des troupes ne doit pas servir de prétexte aux Talibans pour suspendre le processus de paix et qu'il faut poursuivre de bonne foi des négociations politiques sérieuses;

à la lumière de ce retrait des forces, les participants ont renouvelé leur attachement à un partenariat fort et durable avec l'Afghanistan, ses instances dirigeantes et de sécurité, ainsi que sa population; ils sont également convenus qu'une aide internationale au développement substantielle sera nécessaire pour assurer la stabilité en Afghanistan durant les négociations de paix et se sont déclarés une nouvelle fois résolus à mobiliser une aide internationale à la reconstruction une fois qu'un accord de paix sera intervenu, sur la base des conditions fixées dans les documents finals de la conférence de Genève en 2020, dont celles concernant la préservation et le respect des droits de tous les Afghans, y compris les femmes et les minorités. Les participants ont insisté sur l'importance qu'ils attachent à une aide civile conditionnelle à l'Afghanistan au delà d'un retrait militaire, en vue d'assurer un meilleur avenir aux Afghans;

ont réaffirmé que tout accord de paix doit protéger les droits de tous les Afghans, notamment les femmes, les jeunes et les minorités, ainsi que répondre à la forte aspiration des Afghans désireux de conserver et d'étendre les acquis économiques, sociaux, politiques et les progrès en matière de développement obtenus depuis 2001, y compris en assurant un meilleur respect de l'état de droit et des obligations internationales du pays et en œuvrant à une gouvernance plus inclusive et responsable; ont mis en exergue l'importance que revêtent des négociations intra-afghanes dirigées et contrôlées par les parties afghanes pour aboutir à un résultat positif; ont rappelé que les femmes doivent jouer pleinement un rôle effectif dans les négociations de paix et toutes les sphères de la société, y compris au sein du gouvernement, pour que l'Afghanistan connaisse la stabilité, la sécurité et la prospérité;

ont souligné que les Talibans et le gouvernement de la République islamique d'Afghanistan doivent remplir leurs obligations en matière de lutte contre le terrorisme, notamment pour ce qui est d'empêcher Al-Qaida, Daech ou tout groupe ou individu de se servir du sol afghan pour menacer la sécurité d'autres pays ou porter atteinte à leur sécurité, de ne pas accueillir de membres de ces groupes, et de les empêcher d'enrôler et d'entraîner des individus ou de lever des fonds;

ont rappelé que le personnel et les infrastructures diplomatiques sont inviolables et que les auteurs d'attaques contre ce personnel et ces infrastructures en Afghanistan doivent répondre de leurs actes;

ont insisté sur le fait que – tout en respectant pleinement le droits des Afghans à l'autodétermination – les pays et organisations représentés à cette réunion plaident résolument en faveur d'un règlement juste et durable qui permettra l'avènement d'un Afghanistan souverain, unifié, pacifique et démocratique, libéré du terrorisme et du secteur de la drogue, et qui contribue à la stabilité régionale et à la sécurité mondiale;

ont réaffirmé que le soutien actuel et à venir au gouvernement afghan dépend de l'adhésion aux principes énoncés dans le cadre du partenariat pour l'Afghanistan et des progrès réalisés sur la voie de l'achèvement du cadre national pour la paix et le développement en Afghanistan II, comme cela a été décidé lors de la conférence des donateurs tenue à Genève en novembre 2020;

ont appelé le gouvernement de la République islamique à lutter effectivement contre la corruption et à promouvoir la bonne gouvernance, ainsi qu'à mettre en œuvre la législation anticorruption; ont souligné qu'ils sont convaincus que la corruption généralisée sape les fondements de la République et entame la capacité de la communauté internationale à continuer d'aider les institutions afghanes;

ont engagé les Talibans à faciliter l'accès pour l'acheminement de l'aide humanitaire vers les zones du pays placées sous leur contrôle effectif, sans conditions préalables et conformément au droit international humanitaire;

ont mis en exergue l'importance que revêt la lutte contre la production et le trafic de drogue et exhorté les deux parties à éliminer la menace que la drogue en provenance d'Afghanistan représente pour le pays et pour le monde;

sont convenus qu'il sera nécessaire de continuer à apporter une aide internationale aux forces de défense et de sécurité nationales afghanes, de manière à ce que le pays puisse se défendre contre les menaces intérieures et extérieures;

ont encouragé l'ensemble des pays concernés, en particulier les voisins de l'Afghanistan et les pays de la région, à continuer de soutenir la population afghane et à contribuer de manière constructive à un règlement pacifique ainsi qu'à un développement économique durables, dans l'intérêt de tous;

ont remercié l'équipe de négociation de la République islamique d'Afghanistan et l'équipe de négociation de Talibans pour leurs importantes contributions à la réunion qui s'est tenue ce jour par vidéoconférence et pour le débat franc et ouvert sur des questions délicates;

ont exprimé leur gratitude envers le gouvernement allemand pour l'organisation de ces consultations et ont décidé de fixer la date et le lieu de la prochaine réunion par la voie diplomatique.

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