Delegation of the European Union
to the United Nations - New York

Les enfants ne sont pas des soldats

12/02/2019 - 17:02
Actualités

À l'occasion de la Journée internationale contre l’exploitation des enfants soldats, la haute représentante de l’UE, Federica Mogherini, et la représentante spéciale des Nations unies pour le sort des enfants en temps de conflit armé, Virginia Gamba, ont réitéré l'engagement de l'UE et de l'ONU à travailler ensemble pour mettre fin au recrutement et à l’exploitation d’enfants dans des situations de conflit, et à soutenir de manière effective la réinsertion des enfants associés à des parties au conflit.

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«Malgré des années de mobilisation et d'avancées sur cette question, trop d'enfants sont encore enrôlés et exploités dans des conflits. Ces enfants ont été retirés de leurs familles et de leurs communautés, ils ont été privés de leur enfance, d'éducation, de soins et de la possibilité de grandir dans un environnement sûr et favorable. Lorsqu'ils sont libérés, nous nous efforçons de les aider, qu'il s'agisse de garçons ou de filles, notamment en nous employant à empêcher la résurgence du conflit et à construire une paix durable», déclarent Federica Mogherini et Virginia Gamba.

La Puria, un village situé dans les montagnes du nord-ouest de la Colombie, est habité par des femmes et des enfants indigènes. Les hommes ont été recrutés par les Forces armées révolutionnaires (FARC) ou par l'Armée de libération nationale (ELN). Certains ont été enlevés ou victimes des mines antipersonnel et du trafic de drogue. Du fait de la guerre, les femmes sont devenues chefs de famille et se sont mises à la chasse. Le conflit a laissé de lourdes séquelles chez les enfants. Lors des activités d'art thérapie organisées dans le cadre d'un projet financé par l'instrument de l'UE contribuant à la stabilité et à la paix, en coopération avec l'ONG War Child, la plupart dessinent des individus armés.

L'UE et l'ONU soutiennent de telles initiatives depuis de nombreuses années. En Ouganda, dans l'est de la République démocratique du Congo, en République centrafricaine, au Soudan ou en Syrie, l’Union a apporté une aide aux enfants dans le besoin, en réintégrant les enfants associés à des forces et des groupes armés dans des familles ou dans d'autres structures d'accueil, et en les ramenant sur les bancs de l’école. En Mauritanie, l’Union soutient les Nations unies pour apporter aux enfants soldats réfugiés originaires du Mali un soutien psychosocial, les insérer dans le système éducatif et favoriser leur réinsertion socio-économique. En Colombie, des centaines de mineurs touchés par le conflit et des groupes armés ont été recensés en vue de bénéficier d’une aide à la réintégration. Au Soudan, un projet sur la libération et la réintégration des enfants contribue à mettre en œuvre le plan d’action visant à prévenir et arrêter l’enrôlement d’enfants, et soutient les efforts pour empêcher le recrutement d’enfants à risque.

L'éducation joue un rôle essentiel pour empêcher l'exploitation d'enfants dans des conflits et aider à leur réinsertion. C'est pourquoi les enfants associés à des forces et à des groupes armés bénéficient en priorité d'une aide pour accéder à l’éducation.  À cette fin, l’UE s'est donné pour objectifs d'augmenter à partir de cette année la part de l'aide destinée à l'éducation dans les situations d'urgence à 10 % du budget total de l'aide humanitaire, et de ramener à l'école les enfants victimes de crises humanitaires dans un délai de 3 mois. L’UE demeure également un fervent défenseur du mandat des Nations unies concernant le sort des enfants en temps de conflit armé, qui est doté d'outils ayant une réelle efficacité sur le terrain.

«Nous continuerons à œuvrer pour que les droits des enfants soient pleinement intégrés dans les travaux menés à l’échelle mondiale en matière de prévention des conflits, de consolidation de la paix, de médiation et de reconstruction. Tout enfant a droit à une éducation et à la possibilité de décider lui-même de son avenir», ont déclaré Federica Mogherini et Virginia Gamba.

 
Photo : Iván Valencia