Delegation of the European Union
to the United Nations - New York

Extraits du discours de Mme Federica Mogherini, haute représentante/vice-présidente de la Commission européenne et chef de l'Agence européenne de défense, à l'occasion de la conférence annuelle de l'AED

Bruxelles, 16/11/2015 - 00:00, UNIQUE ID: 151116_05
HR/VP speeches

Ce qui s'est passé vendredi dernier à Paris laissera des traces dans notre mémoire européenne. Une fois encore, les terroristes ont visé le cœur de l'Europe. (...) Nous savons ce qu'ils cherchent à obtenir. Ils veulent que nous nous lancions des regards empreints de suspicion. Ils veulent que nous ayons peur de ceux qui ont une autre couleur de peau ou qui parlent avec un autre accent. Ils jouent sur nos peurs pour déchirer nos sociétés. Mais nos sociétés ne seront pas détruites par "les autres"; seule notre peur des autres peut les mettre à mal.


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Au lendemain des attentats perpétrés à Paris, Vienne et le processus de Vienne sont plus importants que jamais. Et ce dernier va de l'avant. Les attentats à Paris, à Beyrouth, en Égypte, en Turquie et partout ailleurs n'ont qu'une seule vocation: nous diviser, affaiblir notre détermination à surmonter nos différences. Ils ont pour but de nous faire renoncer à la recherche d'une solution politique et diplomatique à la guerre en Syrie.


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Le fait que (la nouvelle stratégie globale de l'UE) sera "globale" ne signifie pas qu'elle sera moins axée sur la sécurité. Bien au contraire. La sécurité et la défense feront partie intégrante de chaque chapitre. Pour chaque objectif, nous identifierons les instruments relevant du domaine de la défense dont nous avons besoin. La valeur du travail que nous effectuons dans un domaine que nous avons coutume de désigner par les termes de sécurité et de défense sera accrue – et non diluée – par son association à d'autres instruments. La complémentarité est la clé. Je pense que nous avons tous dépassé la vieille querelle culturelle opposant défense et développement.


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À l'heure qu'il est, les décideurs européens sont soumis à des pressions contraires. On nous demande, d'une part, de "fermer la porte" de notre continent, de nous isoler du reste du monde. Les événements tragiques de Paris nous rappellent une fois encore que l'isolement n'est pas, pour nous, une solution. Les frontières traditionnelles entre les politiques intérieure et extérieure ne sont plus étanches. Le repli sur soi nous affaiblira plus qu'il nous protégera.

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D'autre part, des voix s'élèvent pour prôner une politique étrangère plus agressive, comme si notre action allait, à elle seule, résoudre tous les problèmes du monde. Nous devons tirer les enseignements de l'histoire récente. Oui, nous devons dialoguer avec notre voisinage. Mais nous devons également le faire de manière responsable, tenir compte de tous les facteurs et mettre en œuvre une approche et une stratégie rationnelles. L'armée et l'intervention militaire ne sauraient être la seule solution. Pourtant, l'armée est et demeure un élément essentiel de notre panoplie.


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La réponse réside, pour une large part, dans nos relations avec nos partenaires. Dans un monde où la puissance est plus fragmentée, la sécurité mondiale ne pourra être assurée que grâce à un effort collectif. Nous avons tout intérêt à poursuivre notre collaboration avec l'OTAN – et je remercie sincèrement Jens (Stoltenberg, Secrétaire général de l'OTAN) pour l'excellente coopération qui a été la nôtre au cours de la première année de nos mandats respectifs. (...) Et nous avons tout intérêt à mettre en place de nouvelles formes de coopération avec d'autres organisations régionales – pensons à l'Union africaine – qui peuvent se charger de la sécurité sur leur continent.


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L'ambition que nous nourrissions récemment encore d'assumer seuls la responsabilité de notre voisinage s'est retournée contre nous. Nous pouvons aujourd'hui forger de nouvelles alliances pour relever les défis communs auxquels nous sommes confrontés. Des partenariats dans le cadre desquels chacun obéit à son propre intérêt, au bénéfice de tous. Dans le monde d'aujourd'hui, dans un cadre mondial qui est davantage coopératif, les partenariats gagnant-gagnant sont la meilleure manière d'avancer.


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Je ne suis pas ici aujourd'hui pour vous dire que nous devons "faire plus avec moins" – cela figurait dans mon discours avant même que je ne vous écoute – car c'est une expression que je n'aime guère. Oui, nous devons dépenser mieux. Mais devons également dépenser suffisamment.

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Notre défense européenne est la Communauté européenne de défense; nous nous rendons compte que la sécurité de notre Union exige davantage d'intégration. Ne craignons pas de nous pencher de manière très concrète sur certaines dispositions du traité qui permettent d'approfondir dans l'UE la coopération dans le domaine de la défense. Il ne s'agit pas d'un débat idéologique, qui n'aurait pas lieu d'être. Le débat entre eurosceptiques et europhiles ne peut nous mener plus loin. L'intérêt national de tous les États membres exige une meilleure sécurité et une meilleure défense. Dans un monde plus connecté, dans lequel les contraintes budgétaires sont plus strictes, c'est la coopération européenne qui peut servir au mieux les intérêts nationaux.


Lire le texte intégral:

Speech of the High Representative/Vice-President of the European Commission and Head of the European Defence Agency Federica Mogherini at the EDA Annual Conference

 

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