Delegation of the European Union
to the United Nations - New York

 

Intervention par l'UE auprès des Nations Unies à la réunion du Conseil de Sécurité sur la Force conjointe du G5 Sahel

New York, 23/05/2018 - 22:21, UNIQUE ID: 180523_8
Statements on behalf of the EU

23 mai 2018, New York - Intervention par S.E. M. João Vale de Almeida, Chef de la Délégation de l'Union européenne auprès des Nations Unies, à la réunion du Conseil de Sécurité sur la Force conjointe du G5 Sahel

Madame la Présidente,

 

Je vous remercie de me donner la parole. Je remercie aussi le Conseil de me permettre d'intervenir, au nom de l'Union Européenne, dans cette séance d'information qui est l'occasion de faire le point sur les efforts communs déployés pour opérationnaliser la résolution 2391 du Conseil de sécurité et d'évaluer conjointement les prochaines étapes, conformément au rapport du Secrétaire général.

La réunion d'aujourd'hui est une nouvelle manifestation claire de la mobilisation continue de la communauté internationale en faveur du G5 et de la lutte contre le terrorisme au Sahel.  L'UE et ses États membres entretiennent depuis longtemps des relations intenses d'amitié avec les pays du G5 Sahel. Nous nous félicitons de leurs efforts de promotion de la coopération régionale et de son lancement à travers le format et les arrangements du G5 Sahel. L'Union européenne soutient fermement ces efforts de coopération dans toutes leurs dimensions.

Madame la Présidente,

Permettez-moi de concentrer mon propos aujourd'hui sur le soutien de l'Union européenne à l'opérationnalisation de la Force conjointe. Ce soutien est au cœur de nos relations bilatérales avec la région, mais aussi du partenariat stratégique de l'Union européenne avec les Nations Unies sur le maintien de la paix et la gestion des crises, ainsi que de notre coopération trilatérale ONU-Union Africaine-Union Européenne.

Depuis la conférence organisée à Bruxelles le 23 février, où la communauté internationale a promis plus de 400 millions d'euros, et avec l'arrangement technique G5-ONU-UE désormais en place, le G5 Sahel dispose du soutien international nécessaire pour progresser dans le déploiement et l'opérationnalisation de sa Force conjointe.

Aussi, espérons-nous que le décaissement par l'Union européenne de 10 millions d'euros au profit de la MINUSMA permettra de lancer rapidement un soutien efficace à la Force conjointe. Nous invitons d'autres partenaires à utiliser ce mécanisme pleinement opérationnel pour acheminer leur financement à la MINUSMA. C'est là un élément essentiel. En effet le type de soutien que la MINUSMA peut apporter sur le terrain à la Force conjointe ne peut être fourni directement par aucun autre canal, y compris bilatéral.

L'UE prépare également une contribution de 10 millions d'euros en faveur de l'établissement et la mise en œuvre d'un cadre de conformité aux droits de l'Homme et au droit international humanitaire. En outre, nous fournissons un soutien de 70 millions d'euros pour la fourniture d'équipements, d'infrastructures et de services à la Force conjointe.

Madame la Présidente,

L'Union Européenne est convaincue que la Force conjointe doit être fermement ancrée dans un cadre politique et institutionnel plus vaste, pour guider ses opérations et faire en sorte qu'elles ne constituent qu'un élément d'une stratégie régionale large.

L'UE s'est donc également engagée à hauteur de 5 MEURO à soutenir le G5 Sahel dans l'opérationnalisation de son fonds fiduciaire, la mise en place du «Comité de Soutien» et du «Comité de Contrôle» ainsi que du «Bureau de Défense et de Sécurité du Secrétariat Permanent».

Nous saluons cette nouvelle dynamique, favorable à la poursuite du leadership et de l'intégration du G5 Sahel, aux niveaux national et régional, et saluons les efforts déployés à cet égard par M. Sidikou.

A ce titre, il est essentiel de prendre en compte le protocole d'accord récemment conclu entre l'Union Africaine et le G5 Sahel, qui confère un rôle de coordination à l'Union Africaine et considère la Force conjointe comme faisant partie de l'architecture africaine de paix.

Parallèlement, l'UE continuera de gérer le centre de coordination, le "coordination hub", aussi longtemps qu'il sera jugé nécessaire pour aider la Force conjointe et le Secrétariat Permanent du G5 à organiser et apporter de la cohérence aux contributions volontaires internationales à la Force.

Actuellement, il se réunit une fois par mois à Bruxelles avec les représentants du G5 et de tous les partenaires internationaux pour faire le point des soutiens en cours et identifier les lacunes. Il est aussi en contact tous les quinze jours avec le Secrétariat Permanent du G5 à Nouakchott, avec la Présidence du G5 à Niamey et avec la Force conjointe à Bamako.

Madame la Présidente,

Au-delà du soutien financier et institutionnel, les efforts européens de renforcement des capacités de défense et de sécurité dans la région, notamment au Mali et au Niger, sont actuellement réévalués afin d'étendre leurs activités à la formation et à la fourniture de conseils à la Force conjointe, dans le plein respect des prérogatives et de l'autorité du G5 Sahel. Nous travaillons à cet égard en étroite coopération avec le commandant de la Force conjointe, le général Dacko.

L'UE soutient également fermement le développement et l'opérationnalisation de la composante police de la Force conjointe du G5. C'est là la clé pour assurer une judiciarisation adéquate de toute action contre le crime organisé et le terrorisme, ainsi que pour s'assurer de l'aval et garantir une protection appropriée de la population civile. Les missions de renforcement des capacités de sécurité de l'UE au Mali et au Niger engagent les autorités maliennes et nigériennes à développer des éléments de police pour la Force conjointe, en coordination avec l'ONUDC et d'autres partenaires.

Enfin, il est également important de ne pas perdre de vue la dimension sécuritaire de la contribution européenne au développement économique, social et politique de la région. À cet égard, l'UE a apporté une aide de 8 milliards d'euros au Sahel au cours des sept dernières années. L'UE est également un fervent partisan de l'Alliance Sahel, créée pour promouvoir, amplifier et accélérer cette approche intégrée de sécurité et de développement, et des résultats tangibles.

Il n'y a pas besoin de rappeler aussi qu’aucun progrès durable ne sera réalisé sans des avancées concomitantes sur le plan politique. Nous devons plus que jamais mettre à profit l’ensemble des leviers dont nous disposons pour encourager les parties maliennes à mettre en œuvre leurs engagements.

Madame la Présidente,

Permettez-moi de terminer en faisant référence à ce que le Secrétaire général signale à juste titre dans son rapport. En un an seulement après l'autorisation de son déploiement par le Conseil de paix et de sécurité de l'Union africaine, nos efforts collectifs ont permis de réaliser des progrès considérables dans la mobilisation des ressources et dans le soutien à la Force conjointe G5-Sahel.

À l'avenir, il est essentiel que nous continuions tous à jouer notre rôle respectif et à démontrer notre soutien à la Force conjointe du G5 Sahel, notamment en apportant un soutien pérenne à la MINUSMA. Mais si nous le faisons, nous devons aussi nous assurer de la cohérence d'ensemble de nos dons et de notre aide à la Force conjointe, et devons travailler dans une transparence absolue, dans le respect de l'autorité et la participation du G5 Sahel.

Je vous remercie.

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