Delegation of the European Union
to the United Nations - New York

 

Déclaration au nom de l'UE -- Débat du Conseil de Sécurité sur la situation en Haïti (UN Mission MINUJUSTH)

New York , 03/04/2018 - 18:09, UNIQUE ID: 180410_19
Statements on behalf of the EU

3 avril 2018, New York - Déclaration au nom de l'Union européenne et de ses Etats membres prononcée par S.E. M. João Vale de Almeida, Chef de la Délégation de l'Union européenne auprès des Nations Unies, Débat du Conseil de Sécurité sur la situation en Haïti (UN Mission MINUJUSTH)

 

Déclaration au nom de l'UE -- Débat du Conseil de Sécurité sur la situation en Haïti (UN Mission MINUJUSTH)

 

 

 

Vérifier au prononcé

 

Monsieur le Président,

 

J'ai l'honneur de prendre la parole au nom de l'Union européenne et de ses Etats membres. Je remercie le Secrétaire Général pour son rapport et le Secrétaire Général adjoint Jean-Pierre Lacroix pour sa présentation.

 

La Turquie, l'ancienne République yougoslave de Macédoine*, le Monténégro*, la Serbie* et l'Albanie*, pays candidats, la Bosnie-Herzégovine, pays du processus de stabilisation et d'association et candidat potentiel, ainsi que l'Ukraine, la République de Moldavie, et la Géorgie se rallient à la présente déclaration.

 

 

Monsieur le Président,

 

Le 13 avril 2017, le Conseil de Sécurité a adopté la résolution 2350 (2017) mettant fin au mandat de MINUSTAH  le  15 octobre 2017.  La résolution contient le cadre légal pour la transition vers la Mission des NU pour l'appui à la Justice en Haïti (MINUJUSTH), dont l'objectif premier est le renforcement de l'Etat de droit, de la police ainsi que la défense et la promotion des droits de l'homme.

 

Le long cycle d'instabilité institutionnelle qui a caractérisé le processus électoral en Haïti en 2015 et 2016 s'est finalement clôturé avec l'élection du Président Moïse et d'un nouveau parlement. Soutien de longue date du peuple haïtien, l’Union européenne se félicite du retour du pays à un fonctionnement constitutionnel normal, malgré d'importantes difficultés rencontrées. C'est à nos yeux une "conditio sine qua non" pour qu'Haïti puisse faire face aux nombreux défis politiques, économiques, sociaux et environnementaux auxquels le pays est confronté.

 

Mais le retour à l'ordre constitutionnel est une condition nécessaire mais non suffisante pour garantir la stabilité démocratique et le développement durable dont le pays a besoin. Les racines de l'instabilité sont encore intactes. Par conséquent, des réformes courageuses de la Constitution, du système électoral et du système judiciaire sont  urgentes pour redonner au peuple haïtien confiance en sa démocratie et en son système politique. Il est particulièrement important d'assurer l'accès réel pour tous à une justice impartiale, équitable et efficace.

 

Des signes de volonté de réforme ont été donnés.  Il faut maintenant les concrétiser et saisir l'occasion historique offerte par cette période de relative stabilité et de légitimité démocratique.

Comme  pendant les dernières années, les efforts de tous pour garantir la stabilité et la sécurité des citoyens restent et resteront nécessaires  au processus de consolidation démocratique. Comme l'a indiqué la MINUJUSTH dans les "Benchmarks for an Exit Strategy", une réforme consensuelle et profonde du système électoral serait un élément clé pour éviter de nouvelles crises et regagner la confiance de la population.

 

L'Union européenne demeure un partenaire engagé et fidèle de la République d’Haïti. Nous sommes déterminés à soutenir le pays dans cette phase sensible, en concertation avec tous les autres partenaires, y compris dans le nécessaire processus de réforme évoqué.

 

 

Monsieur le Président,

 

L'Union européenne apprécie et appuie le travail fait par la MINUJUSTH, concentré sur le développement de la Police Nationale, de la Justice, de l'Etat de Droit, sur la défense et la promotion des Droits de l'Homme.

 

Malgré une amélioration de la situation sécuritaire, grâce à la stabilité politique cette dernière année, l'Union européenne estime que les causes structurelles de l'instabilité en Haïti restent à traiter et que la situation sécuritaire demeure très fragile.

 

Nous considérons donc essentiel de compléter le travail de renforcement et de professionnalisation de la Police haïtienne, d’insister sur la nécessité d’une réforme de la Justice et du système pénitentiaire, de consolider enfin les Droits de l'Homme.

 

Dans ce cadre, la  poursuite de la mise en œuvre du mandat de la MINUJUSTH pendant une période de temps suffisante pour la transition des responsabilités à l'Equipe Pays pour pouvoir le mettre intégralement en œuvre et pour répondre à tous ces défis nous semble essentielle. Ce délai est nécessaire pour obtenir des progrès suffisamment substantiels permettant d'envisager une vraie continuité après le départ de la mission des Nations Unies, ainsi que l'irréversibilité des réformes menées. 

 

 

 

En conclusion, Monsieur le Président,

 

Laissez-moi exprimer l'appréciation positive de l'UE concernant la contribution de la MINUJUSTH en termes de sécurité, de prévention des conflits, de consolidation de la démocratie et de l'Etat de droit en Haïti. Une contribution que nous devons a’ tout son personnel, a’ son engagement et a’ sa compétence, qu’ils en soient vivement remerciés de notre part à tous.

Cependant, nous aurons d'ores et déjà penser à l'avenir. L'organisation de la transition de la MINUJUSTH nous semble, à ce titre, fondamentale.

 

Une attention spéciale au respect des droits de l'homme dans l'action sécuritaire, ainsi qu'à l'accès à la justice impartiale pour tous, sera particulièrement nécessaire. Il est essentiel que la police et le système judiciaire haïtiens soient efficacement préparés à assumer à l’avenir toutes les tâches actuellement réalisées par la mission des Nations Unies.

 

L'UE soutiendra, avec les Nations Unies et la communauté internationale, les autorités haïtiennes pour qu'elles puissent consolider leur engagement et leurs efforts visant à assurer un meilleur futur, dans la paix, la démocratie, la stabilité et le bien-être, à l'ensemble du peuple haïtien.

 

* L'ancienne République yougoslave de Macédoine, le Monténégro, la Serbie et l'Albanie continuent à participer au processus de stabilisation et d'association.

Editorial Sections: