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Remarques de la Haute Représentante Mogherini lors de la conférence de presse conjointe de l'Union européenne et du G5 Sahel

Bruxelles, 18/06/2018 - 19:00, UNIQUE ID: 180618_17
Remarks

Remarques de la Haute Représentante/Vice-Présidente Federica Mogherini lors de la conférence de presse conjointe de l'Union européenne et du G5 Sahel faisant suite à la réunion ministérielle annuelle UE-G5 Sahel

Bruxelles, 18 juin 2018

 

Seule la version prononcée fait foi!

 

Nous avons passé toute la matinée et une partie de l'après-midi ensemble. J'ai eu l'honneur et le plaisir d'avoir une rencontre bilatérale avec chacun des ministres des pays du G5 Sahel [Burkina Faso, Mali, Mauritanie, Niger, Tchad] et surtout, nous avons eu la 4ème réunion ministérielle entre l'Union européenne d'une part et les cinq pays du G5 Sahel d'autre part: le Niger - qui assure actuellement la présidence tournante du G5 -, le Burkina Faso, le Mali, la Mauritanie et le Tchad.

J'avais inauguré ce format en 2015 et depuis, cela s'est consolidé comme un instrument de travail commun et un très fort témoignage de la solidité de notre partenariat. Nous travaillons ensemble sur beaucoup de dossiers et aujourd'hui, nous avons eu la possibilité de faire le suivi d'un travail important qui a été fait en particulier ces derniers mois.

Vous vous souvenez probablement que lors du sommet d'Abidjan entre l'Union européenne et l'Union africaine, l'Union européenne et le G5 Sahel ont renforcé leur coopération, encore davantage que dans le passé.

En février dernier, l'Union européenne a organisé ici à Bruxelles une Conférence de haut niveau de soutien au Sahel avec 32 chefs d'état ou de gouvernement. Dans ce contexte, il y eut une mobilisation énorme de la communauté internationale pour soutenir le G5 Sahel, en particulier la mise en place d’une Force Conjointe pour lutter contre le terrorisme et toutes formes de trafics illicites, que ce soit d'armes, de drogues ou d'êtres humains. 414 millions d’euros ont été mobilisés, l’Union européenne contribuant à hauteur de 100 millions d’euros.

Aujourd'hui, nous avons examiné l'état des lieux du déboursement de ces contributions, qui a été fait du côté de l'Union européenne, mais également l'état de réalisation du soutien des autres partenaires.

Du côté de l'Union européenne, en ce qui concerne le volet sécurité et le soutien à la Force Conjointe du G5 Sahel, nous avons commencé à agir très concrètement sur le terrain: notre soutien financier a été déboursé. Nous finançons la présence des membres des postes de commandement de la Force Conjointe, nous aidons la MINUSMA [Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali] qui œuvre aux côtés de la Force Conjointe; nous contribuons aussi à coordonner l’aide internationale à travers une plateforme dédiée – le coordination hub – et nous avons renforcé le dispositif de nos missions de formation et de conseil au Mali et au Niger pour qu’elles puissent également apporter leur soutien aux personnels de la Force Conjointe.

Nous avons discuté aujourd'hui des nouvelles mesures que nous allons mettre en place dans les semaines et mois qui viennent pour coordonner encore davantage au Sahel le soutien que l'Union européenne va donner à la Force Conjointe.

Avant de donner la parole à mon ami Monsieur le Ministre [des affaires étrangères du Niger, Kalla Ankourao], j'aimerais cependant souligner que le travail que nous faisons ne concerne pas seulement le volet sécurité. Cela est très important pour nous, dans l'Union européenne comme au Sahel, d'avoir une approche intégrée; il n'y a pas de façon de lutter contre le trafic d'êtres humains, d'armes ou de drogues, y compris contre le terrorisme, si l'on n'a pas également une approche visant au développement économique de la région.

La priorité est donc donnée aux moyens, surtout pour les femmes et les jeunes de la région, pour avoir une économie, officielle qui ne soit pas liée aux organisations criminelles. C'est aussi pour cela que l'Union européenne est le premier partenaire du G5 Sahel, aussi dans le domaine du développement. Nous sommes le premier donateur avec 8 milliards d'euros pour la période 2014-2020 - la période actuelle du budget européen.

Nous allons garder un niveau de soutien au développement économique et social de la région dans le futur, parce que c'est notre priorité, c'est aussi notre intérêt; nous sommes voisins, nous sommes amis, nous sommes partenaires, nous avons aussi très bien travaillé aujourd'hui.

Pour nous, garantir la stabilité, la sécurité, le développement de la région est aussi le meilleur investissement dans notre propre stabilité et sécurité.

Nous travaillons aussi très bien sur la lutte contre le trafic d'êtres humains et la gestion des flux migratoires. En dehors de la chorégraphie du G5 Sahel, je voudrais remercier en particulier Monsieur le Ministre [Kalla Ankourao] pour le travail que le Niger est en train de faire en coopération avec nous, mais aussi l'OIM [Organisation Internationale pour les Migrations], pour la gestion des flux migratoires, et surtout la sauvegarde des droits des hommes et des femmes qui ont été dans les centres de détention en Libye. Le travail que le Niger a fait avec nous ces mois-ci est vraiment exemplaire et je voudrais vous remercier personnellement pour cela.

 

Q. Avez-vous une vision pour arrêter cet appel d'air [migratoire d'Afrique vers l'Europe] dont les conséquences peuvent être dramatiques à la fois sur l'Union européenne – on l'a vu avec le Brexit, cela peut détruire l'Union européenne - et cela peut aussi appauvrir considérablement l'Afrique avec tout cet argent qui va dans les passeurs et qui prend les jeunes hommes les plus entreprenants?

Premièrement, j'aimerais remercier Monsieur le Ministre parce que je pense qu'il a déjà partagé avec nous, avec vous, la vision commune que nous avons sur les questions migratoires.

J'aimerais dire une chose qui n'est pas très populaire en Europe aujourd'hui mais je suis convaincue qu'il s'agit de la vérité: ici, il ne s'agit pas d'arrêter les migrations.

Les migrations ont toujours existées et il y a deux facteurs à rappeler sur ce point. Tout d'abord, ce que me Ministre disait, il y a plus de migrations à l'intérieur de l'Afrique que d'Afrique vers l'Europe, et parfois nous oublions cela.

Deuxièmement, certains secteurs économiques en Europe qui, sans immigration, ne marcheraient simplement plus du jour au lendemain.

Ce qu'il faut arrêter est le trafic d'êtres humains, l'immigration irrégulière, l'exploitation de la disparition des gens – les gens qui ont faim sont prêts à tout, y compris à monter sur un bateau de fortune et essayer de traverser la mer.

La priorité est de combattre le trafic d'êtres humains et les organisations criminelles qui sont derrière cela. Parfois, souvent, les trafics d'êtres humains sont liés à des trafic d'autres genres – d'armes, de drogues – et aussi au financement d'organisations terroristes.

C'est pour cela que nous avons décidé de cette double approche – c'est la vision de l'Union européenne partagée avec nos partenaires non seulement du Sahel mais aussi africains – d'avoir, premièrement, un travail ciblé, en commun, conjoint pour démanteler les organisations criminelles qui opèrent le trafic, c'est un business. Deuxièmement, de développer des opportunités économiques sur place, surtout dans les communautés qui sont le plus affectées par les flux migratoires, soit parce qu'elles sont des communautés d'origine, soit parce qu'elles sont des communautés de transit qui font de l'économie du trafic une alternative aux économies légales.

C'est pour cela que nous investissons tellement de fonds européens pour le développement socio-économique mais aussi la mise en sécurité de certaines zones, parce que nous pensons que le développement de l'Afrique en général est une bonne chose pour nous qui sommes le continent le plus proche et le partenaire le plus solide.

Telle est notre vision: le développement économique, pas seulement à l'aide de fonds publics européens mais aussi d'investissements privés, c'est pour cela que l'Union européen a mis en place et garde en place le Fonds d'Investissement Extérieur pour encourager le secteur privé d'investir en Afrique, c'est important, c'est nécessaire, pour soutenir aussi l'entreprenariat en Afrique.

Le Ministre [Kalla Ankourao] m'a racontée une très belle histoire sur le fait que nous avons travaillé pour l'électrification d'une partie du Niger qui a amenée immédiatement la production de glaces qui ont été exportées vers un pays voisin et dans un très court délai, le village a connu une croissance économique impressionnante grâce à l'électrification de la zone.

Parfois, même si ce n'est pas toujours évident ni facile, cela suffit d'avoir non seulement des fonds mais aussi un partenariat avec les pays d'origine et de transit pour se faire une idée très claire de quoi, où et à quel moment il faut agir pour développer des zones. Il peut d'agir de très petites interventions ciblées et qui amènent des résultats importants.

J'aimerais également dire une chose que nous avons oublié d'ajouter: nous avons décidé d'avoir notre prochaine réunion avec les ministres du G5 Sahel au Sahel. L'année passée c'était à Bamako au Mali, cette année nous l'avons fait ici à Bruxelles, et l'année prochaine cela sera encore une fois dans un pays du G5 Sahel.

 

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