Délégation de l'Union européenne en Tunisie

Intervention de de la haute représentante/vice présidente, Federica Mogherini, à son arrivée à la réunion informelle des ministres des affaires étrangères (Gymnich) à Luxembourg, le 4 septembre 2015

Luxembourg, 04/09/2015 - 00:00, UNIQUE ID: 150904_01
Remarks

SEUL LE TEXTE PRONONCÉ FAIT FOI

Aujourd'hui, nous allons commencer par une question qui est très importante pour nous tous,  le processus de paix au Proche-Orient entre Israéliens et Palestiniens, une question qui est aussi liée à la stabilité, à la sécurité et à la paix dans la région. Nous ne devrions pas oublier les crises lorsqu'elles échappent pour ainsi dire à l'attention; il faut se préoccuper également des dossiers qui sont en souffrance depuis des dizaines d'années, comme en l'espèce.

Je peux déjà vous informer ce jour que nous avons réalisé des progrès; l'Union européenne a relancé les travaux du Quatuor au cours des derniers mois. À l'heure où je vous parle, le Secrétaire général des Nations unies Ben Ki-moon a adressé des  lettres d'invitation aux ministres des affaires étrangères du Quatuor pour convoquer d'ici quelques semaines une réunion du Quatuor au plus haut niveau, qui se tiendra à New York en marge de l'assemblée générale des Nations unies. Et également à l'initiative de l'Union européenne, il a adressé des invitations similaires aux ministres égyptien, jordanien et saoudien des affaires étrangères, ainsi qu'au Secrétaire général de la Ligue arabe. Nous espérons que ce redémarrage du processus se traduira par des améliorations sur le terrain et permettra de redonner une perspective et un horizon politique aux négociations.

Toujours sur le Proche-Orient, nous aurons également à notre ordre du jour quelque chose de positif, car parfois les crises trouvent une issue heureuse. Nous n'y sommes pas encore, mais nous nous en rapprochons. Nous débattrons du suivi de l'accord sur le dossier iranien et de ses implications pour la région. Cette question est aussi fortement liée à la crise migratoire, car nous savons pertinemment que nombre de crises des réfugiés auxquelles l'Europe est confrontée aujourd'hui - en Europe, mais aussi au Proche-Orient - ont leurs racines dans les crises et les conflits qui sévissent en Syrie et plus généralement au Proche-Orient. Nous entamerons donc les discussions à ce sujet; bien entendu, cette question, et en particulier la crise syrienne, sera réexaminée par les ministres des affaires étrangères réunis en session formelle lors du prochain Conseil des affaires étrangères, mais nous commencerons à débattre avec les ministres du suivi de l'accord sur le dossier iranien.

Les crises migratoires et des réfugiés seront certainement au cœur de nos travaux au cours de ces deux jours, comme cela a été le cas avec les ministres de la défense hier, où nous avons débattu du passage à la deuxième phase de l'opération que nous menons en Méditerranée contre les passeurs et les trafiquants. Avec les ministres des affaires étrangères, je m'attends à ce que les travaux portent principalement sur les efforts déployés avec les pays tiers (pays d'origine et de transit). Pour ma part, je me rendrai au Niger très prochainement, dans le courant du mois et avant l'assemblée générale des Nations unies. Nous viendrons ainsi compléter le travail des ministres de la défense et le travail qu'auront à faire les ministres de l'intérieur, une partie importante de notre politique sur les mesures à prendre pour faire face à la crise des réfugiés devant être doté d'une approche cohérente également dans le cadre de nos politiques internes. Naturellement, il s'agit là d'une question que je traite en qualité de vice-présidente de la Commission, mais je ne m'attends pas à ce que les ministres des affaires étrangères y consacrent trop de temps, même s'ils sont responsables politiques et font partie de gouvernements; c'est donc une discussion qui pourrait être abordée. Ce point est pour demain matin; vous en saurez donc plus demain, probablement à la conférence de presse.

Dernier aspect, mais non le moindre, si vous le permettez: je répétais depuis des mois que pendant que nous nous concentrions sur notre voisinage oriental, où nous étions aux prises avec une crise ukrainienne qui avait atteint des sommets, il ne fallait pas oublier ce qui se passait en Libye, en Syrie et au Proche-Orient. Aujourd'hui, je puis donc affirmer: n'oublions pas ce qui se passe à l'est et dans notre voisinage oriental. C'est la raison pour laquelle nous aurons une discussion ouverte et tournée vers l'avenir sur nos relations avec la Russie, nos relations avec nos amis de l'est, en commençant bien entendu par l'Ukraine, mais aussi la Biélorussie, la Moldavie, la Géorgie, l'Azerbaïdjan et l'Arménie, ainsi que sur le soutien que nous leur apportons.

Je prévois donc que nous aurons, comme vous pouvez d'ailleurs le constater,  un ordre du jour bien rempli et très substantiel, comme c'est toujours le cas lorsque des discussions ont lieu avec les ministres des affaires étrangères, et a fortiori lorsque nous tenons des discussions informelles particulièrement ouvertes, productives et substantielles.

Je vous remercie.

Vidéo:

http://ec.europa.eu/avservices/video/player.cfm?ref=I108271

 

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