Délégation de l'Union européenne auprès de la République Togolaise

Élimination de la violence sexuelle en temps de conflit: déclaration conjointe de Josep Borrell, haut représentant de l’UE, et Pramilla Patten, représentante spéciale des Nations unies chargée de la question des violences sexuelles commises en période de

Brussels/New York, 18/06/2020 - 15:00, UNIQUE ID: 200617_13
Joint Statements

Déclaration conjointe de Josep Borrell, haut représentant de l’UE, et Pramilla Patten, représentante spéciale des Nations unies chargée de la question des violences sexuelles commises en période de conflit, à l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination de la violence sexuelle en temps de conflit.

Alors que le 20e anniversaire de la résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations unies devrait marquer une étape décisive pour le programme «Femmes, paix et sécurité», la pandémie de Covid-19 a mis en péril les progrès réalisés jusqu’à présent, notamment pour les survivants et les personnes exposées à la violence sexuelle liée aux conflits là où les combats sont nombreux et où la gouvernance est faible

À l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination de la violence sexuelle en temps de conflit, les Nations unies et l’Union européenne unissent leurs voix pour inviter la communauté internationale à redoubler d’efforts afin d’éliminer le fléau de la violence sexuelle et sexiste.

La pandémie de COVID-19 a des implications considérables et multiples dans le monde entier. Elle constitue une menace grave pour le maintien de la paix et la sécurité et accroît les risques de violence. Elle comporte des risques particulièrement dévastateurs pour les femmes et les filles dans les situations de fragilité et de conflit et crée un climat susceptible d’aggraver la violence à l’égard des femmes et des enfants, y compris la violence sexuelle et la violence exercée par un partenaire intime. Les victimes de la violence sexuelle liée aux conflits sont parmi celles qui portent le poids de la pandémie. Nous devons faire en sorte que la réaction à la pandémie et la reprise qui suivra soient fondées sur le plein respect des droits de l’homme pour tous et accordent une attention particulière aux besoins et aux préoccupations des victimes.

Les voix des personnes qui ont survécu à la violence sexuelle liée aux conflits risquent d’être réduites au silence et oubliées. Les restrictions actuelles à la circulation des personnes empêchent les survivants d’accéder aux services essentiels, notamment à la sécurité, à la protection et aux services de santé sexuelle et génésique, et entravent leurs démarches en vue d’obtenir justice. La pandémie a une incidence négative sur la réponse de l’état de droit, y compris sur la mise en œuvre de l’obligation de répondre des actes de violence sexuelle liée aux conflits. Elle empêche, par exemple, les autorités chargées de faire respecter la loi d’enquêter sur les incidents de violence sexuelle et les autorités judiciaires d’entendre les affaires.

Les quarantaines et autres restrictions de mouvement perturbent les travaux des entités des Nations Unies concernant la collecte d’informations, la vérification des violations et le renforcement du respect des obligations internationales par les parties étatiques et non étatiques, y compris l’interdiction de la violence sexuelle liée aux conflits.  Nous sommes déterminés à renforcer encore leurs travaux pour atténuer les effets de la pandémie sur la vie des survivants de la violence sexuelle liée aux conflits, notamment en apportant à ces derniers un soutien pour les aider à reconstruire leur vie et leurs moyens de subsistance.

Un changement dans les attitudes sociales s’impose à tous les niveaux. Cet objectif peut être atteint en faisant en sorte que les voix des survivants et des personnes à risque soient entendues, tout en garantissant la participation des femmes aux processus de prise de décision et de consolidation de la paix. Plus que jamais, les gouvernements doivent être transparents, réactifs et tenus de rendre des comptes. La société civile, les organisations internationales et régionales, les défenseurs des droits de l’homme, les bâtisseurs de paix, les chefs traditionnels et religieux, les médias et le secteur privé ont tous un rôle essentiel à jouer dans la remise en cause des normes sexospécifiques néfastes qui perpétuent la violence sexuelle.

En ce jour, nous renouvelons notre engagement à travailler ensemble pour prévenir la violence sexuelle liée aux conflits, protéger les victimes, mettre fin à l’impunité des auteurs et garantir l’accès des survivants à la justice, aux réparations et à l’indemnisation. Leurs voix devraient guider les efforts que nous déployons pour rendre nos sociétés plus sûres, plus justes, plus sécurisées et plus pacifiques.

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