Délégation de l'Union européenne auprès de la République Togolaise

L'UE et l'Afrique: rencontre entre la Commission européenne et la Commission de l'Union africaine à Addis-Abeba

28/02/2020 - 12:41
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C'était un peu comme un "voyage scolaire de la Commission", mais nous avons envoyé un signal fort. Pas moins de 20 commissaires européens et la présidente Mme von der Leyen ont participé hier à la 10e réunion conjointe de la Commission européenne et de la Commission de l'Union africaine à Addis-Abeba, en Éthiopie. Le fait qu'autant de membres de la Commission ont fait le voyage prouve clairement la priorité que représentent les relations avec l'Afrique pour la nouvelle Commission européenne.

La stabilité et la sécurité sont des conditions sine qua non de la prospérité et l'UE est là pour aider à instaurer la sécurité. La formation des forces africaines et la mise à disposition des capacités et équipements militaires adéquats sont des éléments essentiels de la stabilité.

L'Europe se tourne vers l'Afrique avec un regard neuf. Nous souhaitons définir une nouvelle stratégie intégrée avec l'Afrique, notre continent frère, et le faire ensemble. Nous voulons voir les choses en grand et le temps est venu de nous appuyer sur notre coopération dans un grand nombre de domaines d'action clés — commerce, innovation, changement climatique, cyberespace, sécurité, investissements et migration — pour concrétiser notre discours. L'Afrique sera une priorité pour nos travaux en 2020; certaines réunions importantes sont déjà prévues, à commencer par la réunion annuelle de la Commission européenne et de la Commission de l'Union africaine qui se tient cette semaine, suivie de la réunion UE-UA des ministres des affaires étrangères prévue cette année à Kigali et, enfin, du sommet UE-Afrique qui aura lieu en octobre.

Tous ces événements servent l'objectif consistant à élaborer une stratégie commune associant les Africains et les Européens afin de faire face aux nouvelles menaces auxquelles nos deux continents sont confrontés et de tirer davantage parti des possibilités que nous offre notre avenir commun. La semaine prochaine, l'UE présentera ses idées pour cette nouvelle stratégie, sur la base d'une compréhension claire de nos intérêts politiques, économiques et en matière de sécurité. Mais il ne s'agira là que de la première étape. Notre objectif commun est de parvenir à une stratégie partagée avec nos partenaires africains à l'automne.

 

La réunion qui a eu lieu hier entre les deux commissions (UE et UA) a constitué une étape importante de ce processus. J'ai été vraiment impressionné par le niveau d'investissement qui a caractérisé cette réunion, ainsi que par le sens aigu des valeurs et intérêts communs. J'ai ressenti l'opportunité et la volonté de mettre en place un partenariat encore plus fort.

Notre partenariat reposera principalement sur trois principes simples:

  1. Ce qui se produit en Afrique a des répercussion en Europe et vice versa. L'époque où l'instabilité et l'insécurité en Afrique étaient confinées à ce continent et n'avaient aucun intérêt pour l'Europe est totalement révolue. Nous partageons donc l'intérêt d'assurer une paix et une sécurité durables en Afrique.
  2. Les problèmes de l'Afrique ont besoin de solutions africaines. Les États africains, soutenus par les organisations régionales et continentales, devraient être les principaux acteurs de leurs stabilité et sécurité.
  3. Nous devons nous adapter. En Europe comme en Afrique, nous sommes confrontés à la nature changeante des menaces. Nous devons donc adapter nos méthodes de travail.

J'ai eu le plaisir de présider une séance consacrée à la paix, à la sécurité, à la gouvernance et à la résilience avec M. Smail Chergui, commissaire à la paix et à la sécurité de l'UA, et mes collègues commissaires, Mme Jourová (valeurs et transparence), M. Reynders (justice), Mme Urpilainen (partenariats internationaux) et M. Lenarcic (gestion des crises).

Un accord est intervenu autour de la table: pour construire une croissance durable et obtenir des avantages pour les deux parties, nous avons besoin de paix et de stabilité. Lors de notre séance , nous nous sommes mis d'accord sur ces bases et avons discuté de la manière dont nous pouvons adapter nos instruments et nos méthodes de travail aux nouveaux défis auxquels nous sommes confrontés en matière de paix et de sécurité.

Ce que Moussa Faki, président de la Commission de l'Union africaine, a dit à cet égard lors de son allocution de clôture, mérite d'être souligné. Il a déclaré que pour lutter contre la "violence et les armes des terroristes qui tuent continuellement des civils et sabotent les évolutions positives, nous avons nous aussi besoin d'armes et de bras". La stabilité et la sécurité sont des conditions sine qua non de la prospérité et l'UE est là pour aider à instaurer la sécurité. La formation des forces africaines et la mise à disposition des capacités et équipements militaires adéquats sont des éléments essentiels à la stabilité. Il ne suffit pas de se sentir concerné et de condamner. L'Union africaine et l'UE doivent être prêtes à agir et à s'engager. Et à le faire de manière robuste, le cas échéant.

À l'heure actuelle, l'UE déploie déjà 10 missions en Afrique au titre de la politique de sécurité et de défense commune. Ces missions fournissent des conseils et une formation à plus de 30 000 membres du personnel militaire, policier et judiciaire en Afrique. Depuis 2004, l'UE a mobilisé plus de 3,5 milliards d'euros pour des opérations de maintien de la paix dans le cadre de la facilité de soutien à la paix pour l'Afrique. Nous renforçons notre engagement, non seulement en matière de sécurité, mais également dans les domaines du développement, de l'aide humanitaire et de la politique. Et nous sommes prêts à aller encore plus loin à l'avenir.

D'un point de vue opérationnel, nous avons discuté de la manière d'aborder les énormes défis et l'instabilité auxquels nous sommes confrontés en Libye, au Sahel et en Somalie. Nous avons également eu un échange fructueux sur ce que nous pouvons faire ensemble dans le domaine de la numérisation, des fausses informations et de la cybercriminalité.

Je vais maintenant poursuivre ma visite en Éthiopie et me rendrai ensuite au Soudan. Notre soutien en faveur de la transition démocratique en Éthiopie et au Soudan et de l'élaboration d'un nouvel ordre de sécurité pour la région démontrent clairement la manière dont l'UE peut agir concrètement et corroborer notre discours ambitieux.