Délégation de l'Union européenne au Sénégal

Le Sénégal et l'UE

12/05/2016 - 17:21
EU relations with Country

D'étroites relations lient le Sénégal et l'UE depuis plus de 50 ans. Aujourd'hui, cette relation comprend à la fois un dialogue politique structuré, des relations commerciales fortes, un accord de pêche, et une coopération technique et financière en appui aux populations du pays. Elle implique un partenariat constant tant avec les autorités gouvernementales, les institutions publiques qu'avec la société civile et le secteur privé.

Le partenariat UE- Afrique, dans sa stratégie commune, envisage les relations selon une approche innovante en considérant l'Europe et l'Afrique comme un seul et unique continent, déterminé à aborder ensemble les défis globaux auxquels ils sont confrontés.

Un dialogue politique ouvert

Régies par l'Accord de partenariat signé à Cotonou en juin 2000, et revu tous les 5 ans, les relations entre l'UE et les partenaires ACP prévoient la tenue d'un dialogue politique régulier entre l'UE et les autorités des pays, où ils sont représentés.

Le dialogue porte sur des questions d'intérêt commun aussi bien au niveau national, que régional, continental et mondial. Il a pour objectif de contribuer à la paix et la sécurité et vise à promouvoir un environnement politique stable et démocratique.

Les échanges de vues dans le cadre de ce dialogue permettent une évaluation des avancées des partenaires relatives au respect des droits de l'homme et des libertés fondamentales, des principes démocratiques et de l'État de droit et à la gestion transparente des affaires publiques. 

L'UE et ses États membres favorisent l’ouverture des échanges et l’intégration régionale et commerciale comme éléments clés de la réussite des stratégies de croissance et de développement.

Dans ce contexte, le Sénégal bénéficie d’un régime commercial préférentiel octroyé aux pays en voie de développement, ainsi que des programmes spécifiques de facilitation du commerce et d’intégration commerciale. Depuis le 1er janvier 2014, une nouvelle version du Système des Préférences généralisées (SPG) a été mise en place dans le but d'améliorer les préférences commerciales octroyées par l'UE aux pays qui en ont le plus besoin.

L'UE appuie l'intégration régionale

L'un des objectifs majeurs des interventions de l'UE au Sénégal vise à lui permettre de tirer parti de l'intégration des économies de la région Afrique de l'Ouest et du développement des échanges. Cet objectif est poursuivi par un appui au renforcement des infrastructures de transport d'intérêt régional et à l'amélioration de la compétitivité de l'économie nationale.

Par exemple, dans le cadre du Programme Indicatif National (PIN) du 10ème Fonds Européen de Développement, l'UE a financé, la mise en œuvre du programme d'"Appui à la Stratégie de Croissance Accéléré (SCA) et à l'amélioration de la compétitivité de l'économie" (10 millions d'euros). Ce programme i s'articule autour de deux composantes : "intégration commerciale" et "compétitivité de l'économie". Dans ce cadre, l'UE a aussi participé au co-financement du programme national de mise à niveau des entreprises et du programme de croissance des très petites entreprises du Sénégal. Les résultats ont été au rendez-vous avec quelques réussites exemplaires au Sénégal suite aux appuis de l'UE.

L'UE continue d'appuyer l'intégration régionale et commerciale par le Programme Indicatif Régional Afrique de l’Ouest–UE pour la période 2014- 2017.

Après la région Afrique de l'Ouest, l'UE est le premier partenaire commercial du Sénégal. 40,96 % des échanges commerciaux en 2014 se sont fait avec l'UE, alors que les deux autres principaux partenaires commerciaux du Sénégal, le Mali et le Nigéria, représentent respectivement 14,5 % et 11,64 % des échanges.

On observe une augmentation des échanges entre le Sénégal et l'UE depuis 2009, aussi bien au niveau des importations que des exportations.

Les accords de partenariat économique (APE)

Le potentiel de croissance des exportations du Sénégal vers le marché européen est important, à en juger par le solde de la balance commerciale entre le Sénégal et l'UE.

Dans ce contexte, l'Accord de partenariat économique (APE) pourrait aider le Sénégal à mieux profiter de ses potentialités, en contribuant à son développement économique et commercial durable. La mise en œuvre d'un tel accord permettra au Sénégal de poursuivre son émergence économique.

L’APE entre l'UE et l’Afrique de l’Ouest, représentée par la CEDEAO et l’UEMOA, vise à renforcer l’intégration régionale et à mieux répondre aux défis de la globalisation des échanges commerciaux auxquels les pays ACP (Afrique, Caraïbes, Pacifique) sont confrontés.

Document utile :

L'accord de partenariat dans le domaine de la pêche

L'accord de partenariat de pêche en vigueur conclus entre l'UE et le Sénégal couvre la période du 20 novembre 2014 au 19 novembre 2019, et est renouvelable par reconduction tacite pour des périodes de 5 ans.

Au titre de cet accord, 38 navires de l'UE, ciblant essentiellement les thonidés, sont autorisés à opérer dans la Zone Économique Exclusive sénégalaise, moyennant le paiement d'une compensation financière globale de près de 14 millions d'euros pour les 5 années à venir.

Documents utiles :

Plus d'infos sur les accords de pêche bilatéraux avec le Sénégal

La politique de coopération Sénégal-UE met l'accent sur les questions liées à la protection des droits humainset des libertés fondamentales, aux principes démocratiques, à l’État de droit et à l’accès équitable à la justice, à la lutte contre la corruption et le blanchiment de capitaux, et à la gestion responsable des fonds publics. L’objectif est de garantir un environnement transparent, démocratique et contribuant à un développement et une croissance durables et inclusifs. Dans le Plan Sénégal Emergent (PSE), adopté en février 2014, le Sénégal a réaffirmé sa volonté de protéger les droits humains et les libertés fondamentales, de renforcer l’État de droit avec des institutions fortes et un appareil judiciaire efficace.

Dans le domaine du développement, l'Union européenne est présente au Sénégal à travers l'aide gérée par les institutions européennes (liste des principales interventions en cours) et l'aide bilatérale de sept Etats membres : Allemagne, Belgique, Espagne, France, Italie, Luxembourg, Pays-Bas. S'y ajoute la Banque européenne d'investissement (BEI).

Ainsi, en accord avec la stratégie de développement du Sénégal, le 11ème Fonds européen de Développement contribuera à la promotion d'une économie durable et inclusive, au renforcement de la gouvernance démocratique et à l'amélioration des conditions de vie des populations les plus vulnérables. En particulier, trois secteurs de concentration ont été retenus pour le période 2014 – 2020 :

  1. le renforcement de la gouvernance démocratique,
  2. le développement agricole durable et la sécurité alimentaire,
  3. l'eau et l'assainissement.

A ces axes de coopération prioritaires, s'ajoute également un appui à la société civile.

L'allocation globale de ce 11ème FED pour le Sénégal est de 227,6 milliards FCFA (347 M€) répartie en deux phases : le premier Programme Indicatif National (PIN) couvre la période 2014-2017 avec une enveloppe budgétaire de 131,1 milliards FCFA (200 M€). La seconde phase est prévue de 2018 à 2020 et fera l'objet d'une programmation conjointe avec les Etats membres de l'Union européenne et la Banque européenne d'investissement (BEI).

Par ailleurs, l'Union européenne soutient également à travers son programme indicatif régional pour l'Afrique de l'Ouest le renforcement de l'intégration régionale, des infrastructures, du commerce, de la bonne gouvernance et de la paix et la sécurité au niveau sous-régional.

Développement agricole durable et sécurité alimentaire

L'agriculture emploie 50% de la population active et représente le troisième poste budgétaire en termes d'investissements publics (13% des dépenses). Cependant, le secteur ne représente que 7,1% du Produit intérieur brut (PIB).

L'appui de l'Union européenne devrait contribuer à mettre en place les infrastructures (pistes, aménagements, stockage, énergie) et les inputs nécessaires (en termes de connaissances techniques, environnementales, de gestion et d'accès au financement) pour accroitre de façon significative la part de l'agriculture/ élevage durable dans le PIB et renforcer la sécurité alimentaire et nutritionnelle.

Les objectifs à atteindre :

  • Améliorer la prévention et la réponse aux crises alimentaires et nutritionnelles.
  • Améliorer la productivité agricole durable et résiliente aux changements climatiques.
  • Favoriser l'accès au marché et la disponibilité des aliments.
  • Améliorer la gouvernance de la gestion durable des facteurs de production et la commercialisation des produits agricoles.

Accès à l'eau et à l'assainissement

Pour la réalisation des OMD, le gouvernement du Sénégal a mis en place un cadre unifié d'intervention sectorielle à travers une approche programmatique dénommé PEPAM (Programme d’eau Potable et d’Assainissement du Millénaire). Le PEPAM vise l’amélioration de l’accès à l’eau potable et à l’assainissement des populations. Il s’agit de faire passer le taux d’accès à l’eau potable de 64% à 82% (entre 2005 et 2015) et celui de l’assainissement de 17% à 59% d’ici 2015

L’accès à l’eau potable et à l’assainissement en milieu rural est un secteur nécessitant un rattrapage massif. Dans ce secteur, l’écart entre ville et campagne tend à se creuser (taux accès à l'eau de 78% en milieu rural vs 99% en milieu urbain).

Le secteur bénéficie d'un soutien constant de l'UE depuis le 8e FED. Cet engagement se poursuivra au cours des prochaines années puisque le secteur de l'eau et de l'assainissement a été choisi comme troisième axe d'intervention dans le cadre du 11e FED. La somme de 65 millions d'euros, sous forme de don, sera allouée par l'UE à l'État sénégalais pendant la période 2014-2017.

Les objectifs à atteindre :

  • Améliorer l'accès et corriger les disparités d'accès à une eau potable en milieu rural ;
  • Améliorer l'accès et corriger les disparités d'accès à des systèmes d'assainissement appropriés ;
  • Assurer la préservation du patrimoine des infrastructures d'eau potable et d'assainissement ;
  • Assurer la mise en place de mécanisme de gestion durable des ressources en eau ;
  • Mettre en place les outils de gouvernance sectorielle pour préparer le secteur à un Contrat de Réforme Sectorielle (CRS).

Malgré les efforts menés pour stimuler l’économie et assurer des services sociaux de base, la pauvreté et le chômage demeurent importants. La baisse des revenus dans certaines régions a érodé la résilience de familles entières, plongeant plus de deux millions de personnes dans l’insécurité alimentaire (source : PREGEC). La population sénégalaise est également affectée par les phénomènes climatiques, comme les vagues de sécheresse et les inondations. Cette situation, combinée à une flambée des prix des denrées alimentaires, rend les populations d’autant plus vulnérables.

Le service de la Commission européenne à l’aide humanitaire et à la protection civile (ECHO) finance l’organisation d’une assistance alimentaire et de soins nutritionnels pour les Sénégalais les plus vulnérables. Ceci comprend un approvisionnement en aliments thérapeutiques prêts à l’emploi.

Les partenaires humanitaires de l'Union européenne apportent leur soutien aux centres de santé dans le cadre du traitement des enfants sévèrement malnutris, à Diourbel, Tambacounda et Matam, à proximité de la frontière avec la Mauritanie. La Commission finance aussi une assistance alimentaire sous la forme de dons en nature et de transferts d’espèces aux familles vulnérables des zones à haut risque.

Les fonds humanitaires alloués au Sénégal en 2015 ont atteint les 10,5 millions d'euros.

Au Sénégal, comme dans d’autres pays du Sahel, l'Union européenne promeut l’approche d’une ’économie des ménages’. En permettant une meilleure compréhension des façons dont les ménages joignent les deux bouts, cette approche garantit une planification améliorée et des interventions humanitaires plus efficaces, ciblant les segments les plus pauvres de la population.

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