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La banque d’uranium faiblement enrichi hébergée dans une installation spécialisée au Kazakhstan et cofinancée par l’UE est opérationnelle

Vienna, 17/10/2019 - 17:00, UNIQUE ID: 191017_24
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L’UE, avec ses États membres, est le deuxième plus grand donateur au Fonds de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) pour la sécurité nucléaire, ses contributions s’élevant à elles seules à plus de 50 millions d’euros pour la période 2009-2019. En outre, l’UE a contribué à hauteur de plus de 24 millions d’euros à la mise en place et à la gestion sécurisée d’une banque d’uranium faiblement enrichi (UFE) placée sous le contrôle de l’AIEA. La contribution financière de plus de 4 millions d’euros vise à garantir que l'approvisionnement en combustible nucléaire se fait dans des conditions de sûreté et de sécurité, et à aider l'AIEA à assurer la sécurité et la sûreté des transports d'UFE, depuis l'acquisition jusqu'à la fourniture, ainsi qu'au cours de l'entreposage sur le site de la banque. Dans le cadre de l'instrument de stabilité, la Commission européenne a accordé 20 millions d'euros pour l'acquisition d’UFE.

L’AIEA a réceptionné aujourd’hui une livraison d’uranium faiblement enrichi (UFE) dans une installation spécialisée située au Kazakhstan, officialisant ainsi la banque d’UFE de l’AIEA, qui vise à donner à ses États membres l’assurance de la disponibilité de combustible nucléaire.

Détenue par l’AIEA et hébergée par le Kazakhstan, la banque d’UFE est un des projets les plus ambitieux et les plus complexes de l’Agence depuis sa création en 1957.

«Avec l’arrivée de la première livraison, la banque d’UFE de l’AIEA est désormais établie et opérationnelle», a déclaré le directeur général par intérim de l’AIEA, Cornel Feruta. «C’est la première fois que l’Agence entreprend un projet d’une telle complexité juridique, opérationnelle et logistique», a-t-il ajouté.

Des efforts concertés ont dû être déployés dans de nombreux domaines d’activité de l’AIEA pour faire aboutir le projet, qui a notamment nécessité de:

  • négocier un cadre juridique pour la banque d’UFE de l’AIEA avec le Kazakhstan et l’exploitant, l’usine métallurgique d’Oulba, située dans la ville orientale d’Oust-Kamenogorsk;
  • concevoir et construire une installation d'entreposage d'UFE, conformément aux normes de sûreté et aux orientations sur la sécurité de l'AIEA;
  • coopérer avec le gouvernement du Kazakhstan pour améliorer son cadre juridique et réglementaire;
  • conclure avec la Chine et la Fédération de Russie des accords de transit pour transporter l’UFE à partir et à destination du site, ainsi que des contrats de transport séparés avec l’entreprise kazakhe KTZ Express JSC et l’entreprise russe TENEX JSC;
  • acquérir auprès de deux vendeurs 90 tonnes d’UFE représentant dans l’histoire de l’AIEA une dépense inégalée pour un seul contrat.

La première cargaison d’UFE en provenance de la société française Orano Cycle a été transportée par camion vers un port français, puis par bateau vers la Fédération de Russie et en train jusqu’au Kazakhstan. À l’arrivée sur le site, les 32 cylindres d’UFE, suffisants pour un rechargement d’un réacteur à eau légère, ont été contrôlés sur place par des experts de l’AIEA. L’AIEA devrait recevoir la deuxième cargaison d’UFE en provenance de l’entreprise kazakhe Kazatomprom JSC, la société nationale d'énergie atomique, d’ici à la fin de 2019.

Marta Ferrari, responsable de projet faisant fonction de l’AIEA pour la banque d’UFE, était présente sur le site pour inspecter la cargaison et signer les documents de livraison. «En raison des grandes distances à parcourir, il a fallu plus de quatre semaines pour transporter l’UFE sur le site. Cela a exigé une coordination entre de nombreux partenaires participant au projet» a-t-elle expliqué. «Nous avons acquis une expérience précieuse et avons désormais l’assurance que nous pouvons utiliser cet itinéraire de transport si un pays demande un approvisionnement en UFE», a-t-elle ajouté.

Le directeur général de l’AIEA, Yukiya Amano, décédé depuis, et le président du Kazakhstan, Nursultan Nazarbayev, ont inauguré en août 2017 l’installation d’entreposage d’UFE de l’AIEA située sur le site de l’usine métallurgique d’Oulba.

La mise en place et l’exploitation de la banque sont entièrement financées par des contributions volontaires d’États membres de l’AIEA et d’autres donateurs pour un montant total de 150 millions de dollars américains couvrant les coûts estimés pour 20 années d’exploitation. Les donateurs englobent la Nuclear Threat Initiative (NTI), les États-Unis, l’Union européenne, les Émirats arabes unis, le Koweït, la Norvège et le Kazakhstan. Le Kazakhstan a également contribué en nature en hébergeant la banque d’UFE de l’AIEA.

«Je remercie les donateurs pour leurs généreuses contributions qui ont rendu ce projet possible, ainsi que le Kazakhstan, la Chine et la Fédération de Russie pour leur précieuse collaboration», a déclaré M. Feruta.

Contexte

Le conseil des gouverneurs de l’AIEA a décidé en décembre 2010 de créer la banque d’UFE de l’AIEA (lien externe), qui constitue un mécanisme de dernier recours d’assurance de l’approvisionnement pour les États membres de l’AIEA confrontés à une interruption de l’approvisionnement due à des circonstances exceptionnelles et qui sont dans l’impossibilité d’acquérir du combustible nucléaire sur le marché commercial, en recourant à des accords bilatéraux ou par tout autre moyen. La banque constituera une réserve physique de 90 tonnes métriques d’UFE, le matériau de base servant à fabriquer du combustible destiné aux centrales nucléaires.

D’autres mécanismes d’assurance de l’approvisionnement établis avec l’approbation de l’AIEA comprennent une réserve physique garantie d’UFE gérée par la Fédération de Russie au Centre international d’enrichissement d’uranium, à Angarsk (Russie), et une garantie d’assurance de l’approvisionnement au Royaume-Uni pour les services d’enrichissement d’UFE.

Il y a aujourd’hui environ 450 réacteurs nucléaires en activité dans le monde, qui fournissent quelque 10 % de l’électricité de la planète et un tiers de l’ensemble de l’électricité à faibles émissions de carbone. Cinquante-deux réacteurs nucléaires sont en construction.

 

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