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(West Bank and Gaza Strip, UNRWA)

Déclaration au nom de l'UE au débat du Conseil de sécurité sur Paix et Sécurité en Afrique

New York, 26/09/2019 - 19:16, UNIQUE ID: 191001_9
Statements on behalf of the EU

26 September 2019, New York - Déclaration au nom de l'UE et de ses États Membres de S.E. M. Jean-Christophe Belliard, Secrétaire général adjoint, Directeur politique du Service Européen pour l'Action Extérieure, au débat du Conseil de sécurité sur Paix et Sécurité en Afrique: Les partenariats qui renforcent la paix et sécurité régionale

J’ai l’honneur de prendre la parole au nom de l’UE et des États Membres.

 

La République de Macédoine du Nord*, le Monténégro*, la Serbie* et l'Albanie*, pays candidats, la Bosnie-Herzégovine, pays du processus de stabilisation et d'association et candidat potentiel, ainsi que l'Ukraine et la République de Moldavie se rallient à la présente déclaration.

Tout d’abord, le continent africain ne se définit pas - plus - en termes de conflits.  C’est un continent en pleine mutation, marqué par une jeunesse dynamique et des opportunités de croissance que l’UE est déterminée à soutenir. À part l’UE, construction de paix elle-même, l’Afrique est le seul continent à  s’être doté des moyens et instruments pour assurer la paix et la stabilité sur son territoire. L’action de l’UA depuis le début de ce siècle a été déterminante. Il n’existe plus de conflits majeurs entre les États d'Afrique.

Mais il est vrai que des défis sécuritaires importants subsistent souvent liés à l’incapacité des États à assurer une présence et une sécurité sur l'ensemble de leur territoire, ou encore à répondre aux aspirations politiques et économiques de leurs populations. Ces fragilités sont aggravées, sinon exploitées, par des menaces et trafics transnationaux qui souvent alimentent le terrorisme avec des actions visant à irrémédiablement déstabiliser les Etats. Il faut donc continuer à se mobiliser pour soutenir les efforts africains. À ce titre, l’action déterminée de l’UA au Soudan a valeur d’exemple au-delà du continent africain. Plus généralement, l’UE soutient pleinement la campagne de l’AU à « faire taire les armes d’ici 2020 ». 

Comme cela a également été exprimé à ce forum l'année dernière, afin de contribuer à la paix et à la stabilisation, tel que demandé par le Secrétaire général, l'Union européenne a placé la prévention des conflits, les mesures d'alerte précoce, la médiation et les réponses aux crises au cœur de notre Stratégie globale pour la politique étrangère et de sécurité. Cette vision stratégique de l’UE consiste à soutenir le système multilatéral et à unir nos forces avec celles des partenaires à travers la coopération internationale. La Charte nous encourage à prendre des mesures collectives efficaces et à poursuivre une coopération internationale pour renforcer la paix universelle. La prévention des conflits est une obligation de la communauté internationale et non pas une ingérence, car c’est précisément par la prévention des conflits que nous pouvons éviter des interventions plus énergiques, comme les opérations de maintien de la paix.

 

Parce que les conflits et leurs causes ont de multiples facettes et ont souvent de profondes racines socio-économiques, historiques et climatiques, nous nous sommes engagés à poursuivre une "approche intégrée" et à renforcer la résilience des États et des sociétés. Cette approche intégrée exige une démarche multidimensionnelle coordonnée des acteurs politiques, sécuritaires, humanitaires et du développement en collaboration avec les organisations régionales. Notre propre expérience en Europe a montré que l'inclusion politique, sociale et économique et la mise en place d'institutions de sécurité et de justice efficaces et responsables contribuent à prévenir les conflits et à maintenir la paix. Il s'agit ensuite de renforcer la résilience de la population. Les femmes et les jeunes doivent être notre priorité à cet égard.

 

Le Sahel est peut-être le meilleur exemple de cette approche intégrée que l'Union européenne a adoptée au cours de ces dernières années. Ici, nos instruments et initiatives politiques, diplomatiques, de sécurité, de développement et humanitaires ont travaillé de concert, aux côtés de tous les acteurs internationaux, étatiques et non étatiques impliqués pour une paix durable dans la région. Au Sahel, l'UE déploie de multiples instruments de développement, de l'aide humanitaire ainsi que des missions militaires et civiles de la PSDC. Ces 4 dernières années, L'UE et ses États membres ont ainsi investi 8 milliards d'euros au Sahel. Sur le terrain, ces programmes et acteurs servent un objectif commun sous une approche intégrée. Le Sahel est un laboratoire d’essai de grande importance pour la modélisation de nos actions et duquel nous tirons enseignements et propositions que nous sommes toujours prêts à discuter et à partager. À l'avenir, il peut devenir la norme à utiliser pour le traitement des crises qui sévissent dans nos régions environnantes, proches et lointaines.

 

Monsieur le Président,

 

Le soutien des initiatives de Paix et de Sécurité Africaines menées par la communauté internationale doivent nécessairement respecter les engagements pris par les Africains en ce qui concerne ce que nous pourrions appeler la gouvernance sécuritaire du continent. À ce propos, nous notons que la fonction de coordination des initiatives de Paix, sécurité et stabilité en Afrique a été très clairement assignée à l'Union Africaine qui est, de fait, un acteur incontournable. Nous avons appris à écouter la voix du Conseil de Paix et de Sécurité de l'UA et à ancrer nos actions dans l'appropriation africaine.

 

L'Union Européenne va entrer dans la 4e phase de l'appui qu'elle apporte à l'architecture de Paix et de sécurité africaine dont elle soutient le développement des capacités depuis 2007. D'autres soutiens, en appui direct aux initiatives sont mis à la disposition de l'Afrique et je citerai, parmi les 2,7 milliards € dédiés aux financements des initiatives africaines depuis 2007, le mécanisme de financement rapide qui permet aux acteurs régionaux et sous régionaux, de conduire, dans le cadre de l'Union Africaine, et sans délai des actions de diplomatie préventive ou encore le volume conséquent de ressources financières allouées aux Opérations de soutien à la Paix mandatées ou autorisées par l'Union Africaine.

 

L'Union Africaine et l'Union Européenne ont établi un partenariat stratégique lors de leur premier sommet tenu en Egypte, au Caire en 2000.  Ce partenariat officialise la façon dont les deux organisations travaillent ensemble et se réfère à la stratégie conjointe EU-UA adoptée lors du sommet de Lisbonne en 2007.  Le dernier sommet des Chefs d'états et de gouvernement de l'UE et de l'UA tenu à Abidjan a été l'occasion de redéfinir nos priorités communes qui ont été officialisées, pour le domaine Paix, sécurité, stabilité et gouvernance en actions concrètes à conduire, au travers d'un mémorandum signé en mai 2018 entre les deux organisations. Des réunions ministérielles, dont la prochaine est prévue au Rwanda en début 2020, les rencontres des Conseils de Paix et Sécurité des deux organisations ou des Collèges de Commissaires, les réunions de haut niveau pour le suivi du MOU de mai 2018 sont autant d'occasion de concrétiser et de dynamiser ces engagements à toujours travailler mieux ensemble.

 

Monsieur le Président,

 

Je ne peux terminer ce propos sans évoquer notre relation trilatérale Nations Unies, Union Africaine et Union Européenne qui fait l'objet d'un partenariat spécifique et cadre l'actuelle coopération entre les trois organisations en Afrique et la manière de mieux coordonner leurs efforts afin de faire face aux défis mondiaux contemporains. Tirant profit d'une forme de  coopération (trilatérale) innovante, l'UA, l'UE et les Nations Unies œuvrent à accroître leurs coordination et coopération aux niveaux politique, économique et opérationnel sur tout un ensemble de questions, en particulier dans les domaines de la Paix et de la Sécurité, notamment en matière de médiation et la prévention des conflits ; de la mise en œuvre de l'Agenda 2030 pour le Développement durable et l'Agenda 2063 de l'Union Africaine; d'une croissance soutenable et inclusive, des droits de l'Homme et de la lutte contre le changement climatique, ainsi que dans la mise en œuvre des réformes de l'UA et de l'ONU. Je souligne, à ce propos, la coopération actuelle et les résultats obtenus par le Groupe de travail conjoint UA-UE-ONU sur la situation des migrants en Libye, lancé à Abidjan en novembre 2017 ou encore notre travail conjoint en République centrafricaine.

 

Je vous remercie, Monsieur le Président.

 

* La République de Macédoine du Nord, le Monténégro, la Serbie et l'Albanie continuent à participer au processus de stabilisation et d'association.

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