Delegation of the European Union to Morocco

Discours à la conférence régionale pilote sur les risques liés aux agents et matériaux biologiques

Rabat, 25/10/2017 - 12:48, UNIQUE ID: 171025_10
Speeches of the Ambassador

Initiative de l'UE des Centres d'Excellence pour la réduction des risques liés aux agents nucléaires, radiologiques, biologiques et chimiques Rabat – 25 et 26 octobre 2017 - Hôtel Tour Hassan Discours d'Alession Cappellani, Chef adjoint de la Délégation de l'Union européenne

Monsieur le Directeur,   

Madame l'Ambassadeur d'Italie,

Mesdames et Messieurs les Représentants Mesdames et Messieurs, Chers collègues,

 

Les incidents liés aux matériaux et agents biologiques, qu'il s'agisse de virus, bactéries, toxines ou champignons d'origine naturelle, accidentelle ou criminelle, constituent l'une des plus grandes sources de risques et de menaces pour notre santé. Comme la terrible crise de l’Ebola l’a dramatiquement démontrée, ces incidents peuvent avoir des répercussions déstabilisatrices sur les systèmes socio-économiques des pays touchés et mettre en péril la sécurité physique des populations au sens large.

En tenant compte des crises épidémiques, force est de constater que, si nous sommes tous vulnérables, les pays de l'Afrique subsaharienne le sont encore davantage. Avec 13% de la population mondiale, cette région concentre globalement 24% des maladies, enregistrant un taux d'infection deux fois plus important que la moyenne générale. Certaines régions comme l'Afrique de l'Ouest et Centrale sont encore plus particulièrement touchées du fait des conditions climatiques et du contexte économique, démographique, urbanistique et sanitaire.

Les questions de biosécurité et de bio-sûreté en Afrique, qui feront l'objet de vos discussions ces deux prochains jours, sont donc une problématique d'importance majeure au vu de leurs enjeux en termes de santé mais aussi en termes économiques. Elles sont par ailleurs d'une actualité aigüe, vu le contexte sécuritaire global et régional. Si les matériaux radiologiques et nucléaires sont encore relativement hors de portée des réseaux terroristes, les matériaux chimiques et biologiques ne le sont plus. Aujourd'hui, par exemple, le virus de la variole peut être recréé de façon relativement facile en commandant par Internet les éléments de base nécessaires à sa fabrication, puisqu'il y a un vide juridique à ce sujet. Un autre exemple pour bien comprendre l'ampleur de la menace : un seul gramme de toxine botulique qui prolifère dans tout aliment riche en glucose dont la mise en conserve ne respecte pas la procédure de stérilisation pourrait tuer jusqu'à 20 millions de personnes en étant dispersé dans l’air. Au-delà de la facilité avec laquelle certaines armes biologiques peuvent être reproduites, des  groupes malveillants ont une expertise pointue pour les développer. Le gramme d’anthrax contenu dans les enveloppes acheminées par la Poste aux États-Unis il y a quelques années présentait par exemple une concentration de 1 trillion de spores. C’est une qualité bien supérieure aux spores produits par les laboratoires des armées parmi les plus puissantes au monde et qui lui confère une faculté de contamination démultipliée.

L'UE accorde donc une importance considérable à la biosécurité et à la bio-sûreté qui sont des priorités politiques de son agenda sécuritaire et sanitaire. Ceci se traduit par des mesures et des initiatives dans le cadre de ses frontières mais aussi à l'extérieur de celles-ci. Il s'agit en effet d'une problématique qui nous concerne toutes et tous et surtout vis-à-vis de laquelle nous sommes interdépendants.

Un des mécanismes à notre disposition est  l'Initiative des Centres d'Excellence pour la réduction des risques liés aux matériaux et agents nucléaires  radiologiques, biologiques et chimiques. Lancée en 2010, avec un budget de 250 millions d'euros à l'horizon 2020, cette action vise le renforcement des capacités de prévention, détection, préparation, et réponse aux incidents NRBC qu'ils soient d'origine accidentelle, naturelle ou criminelle. A l'heure actuelle, elle met en réseau 60 pays regroupés dans le cadre de 8 centres d'excellence, y inclus 28 Etats Africains et 3 bureaux régionaux, dont vous êtes les représentants. Comme vous le savez, ce programme intervient à trois niveaux. Le premier est institutionnel, avec la mise en place d'un coordinateur et d'une équipe nationale, et le développement d'un réseau régional et international. Le deuxième est politique et stratégique: il vise l'élaboration de plans d'action nationaux et, par la suite, régionaux. Le troisième est opérationnel et vise le financement de projets de renforcement de capacités au niveau régional ou transrégional.

Notre action est à la fois englobante et structurante. D'une part, elle couvre un large éventail de thématiques et de dimensions dans le cadre d'une interprétation large de la problématique NRBC et des réponses à y apporter. D'autre part, elle cherche à s'aligner au plus près des besoins de ses membres dans une optique d'appropriation et de durabilité de ses acquis.

Cette conférence pilote a donc une résonnance très pertinente pour nos objectifs. Nous voulons avec notre Initiative établir un mécanisme de coordination et de coopération entre diverses démarches. Nous voulons également promouvoir les synergies et les économies d'échelle. Les actions en matière de biosécurité et bio-sûreté, y compris  notre Initiative, plus large, des Centres d'Excellence NRBC, trouvent leur fondement dans divers documents (Résolutions et autres), aussi bien au niveau Onusien qu'au niveau de l'UE.

De par le thème qu'elle aborde, mais aussi de par son objectif opérationnel, cette conférence, la première de son genre, revêt donc une importance particulière. Au nom de l'UE, je tiens à saluer cette initiative conjointe de la Présidence italienne du G7 et des Centres d’Excellence NRBC et je vous souhaite de fructueuses et constructives discussions. 

 

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