Delegation of the European Union to the Republic of Moldova

Le Burundi et l'UE

11/05/2016 - 15:17
EU relations with Country

Les relations entre le Burundi et l’Union européenne (UE) reposent sur trois piliers complémentaires: la dimension politique, la coopération économique et commerciale et la coopération au développement.

Les relations entre l'UE et le Burundi sont actuellement régies par l'accord de Cotonou qui vise à bâtir un partenariat global. Cet accord prévoit en son article 8 un dialogue politique régulier.

Ainsi, la Délégation de l'UE avec les Etats membres entretiennent un dialogue politique avec les autorités burundaises sur des questions d'intérêt commun.

Ces échanges portent principalement sur le soutien au processus de sortie de crise, la consolidation de la paix, le renforcement de la démocratie et la lutte contre la pauvreté.  

A partir de fin 2014, l'UE et le Burundi s'étaient engagés dans un dialogue intensifié, en application des dispositions de l'accord de Cotonou.

Cependant, l'UE a considéré, en 2016, que le gouvernement du Burundi ne respectait plus les principes essentiels du partenariat définis dans l'accord, et une Décision du Conseil du 14 mars 2016, au titre de l'article 96 de l'accord de Cotonou, a suspendu les appuis financiers directs fournis à l'administration burundaise (y compris les appuis budgétaires) tout en maintenant le soutien à la population, l'aide régionale et l'aide humanitaire.

Tant en 2010 qu'en 2015, l'UE a déployé une mission d'observation électorale (retirée en cours du processus en 2015).

L'économie du Burundi est dominée par le secteur agricole (café, thé, coton, élevage). Elle est ainsi très vulnérable aux chocs liés aux conditions climatiques et, pour l’exportation, aux variations des prix. L'agriculture représente environ la moitié du PIB et la majorité de la population vit de l’agriculture vivrière.

La croissance du PIB est faible. Les éléments qui freinent le développement économique et l’augmentation sensible du revenu par habitant sont :

  • le manque d'électricité (moins de 5% des ménages ont accès à l'électricité),
  • une croissance démographique importante,
  • des systèmes de production agricole peu efficaces,
  • une forte dépendance du budget de l'État à l'aide extérieure (environ 50%),
  • un niveau de corruption élevé,
  • un faible développement du secteur privé (dû au manque d’électricité).

Une grande partie de l'appui de l'Union européenne était destinée au soutien macro-économique. Depuis une dizaine d'années, l'UE appuyait le gouvernement du Burundi pour le maintien de la paix et la stabilisation des finances publiques, la reconstruction de l'administration et des services publics, l'amélioration de la gouvernance économique et la mise en œuvre des politiques sectorielles. L'appui budgétaire s'est élevé à environ 196 M€ de 2004 à 2015.

Depuis l'adoption de mesures appropriées au titre de l'article 96, l'UE apporte ses appuis le plus directement possible aux populations du Burundi avec, entre autres, un projet d'appui à la santé de 40 M€ qui permet le financement direct des soins de santé et un appui de 15 M€ pour la nutrition et les subsides aux engrais.

Le commerce extérieur du Burundi est structurellement déficitaire et la couverture des importations par les recettes d'exportation reste très faible (environ 20%). Les principales filières d’exportation vers l’UE sont le café, le thé, le coton et les minerais.

Pour l’année 2015, les importations en provenance de l’UE représentent 110 M€ - soit 25% du total des importations - pour seulement 25 M€ d’exportations vers cette zone (essentiellement du café), l'équivalent  de 28% du total des exportations.

Le déficit de la balance commerciale résulte surtout de la faible diversification des exportations, dominées par des produits de base à faible valeur ajoutée et fortement exposés aux variations de prix.

En tant que PMA, le Burundi bénéficie d'un accès préférentiel au marché de l'UE, selon la règle "Everything but Arms" (EBA). Un Accord de Partenariat Economique (APE) entre l'UE et l'EAC (dont le Burundi est membre) devrait être signé prochainement.

L'UE est le premier partenaire au développement du Burundi. Pour la période 2014-2020 (11ème FED) il était prévu que l'aide de l'UE s'articule autour des secteurs suivants:

  • les infrastructures et le développement rural,
  • la santé,
  • l'appui budgétaire général,
  • la bonne gouvernance,
  • la facilité technique de coopération,
  • le soutien aux acteurs non étatiques,
  • le soutien à l'Accord de partenariat économique.

En conséquence de la décision prise en application de l'article 96, l'aide de l'UE vient exclusivement en appui direct aux populations.

L'UE finance également des projets plus sociaux dans divers domaines tels que :

  • la promotion des droits de l'homme,
  • l'appui aux ONG et aux acteurs locaux,
  • les programmes dans le secteur de la sécurité alimentaire. 
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