Delegation of the European Union to Mexico

Remarks by High Representative/Vice-President Federica Mogherini at the press conference following the Foreign Affairs Council (Defence)

Bruxelles, 14/05/2019 - 21:18, UNIQUE ID: 190514_52
Remarks

Remarks by High Representative/Vice-President Federica Mogherini at the press conference following the Foreign Affairs Council (Defence)

Brussels, 14 May 2019

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Je vais commencer en français parce que nous avons commencé la journée avec les ministres de la défense et des affaires étrangères des 28 États membres de l'Union européenne avec les ministres des affaires étrangères et de la défense des cinq pays du G5 Sahel, pour discuter ensemble comment de renforcer encore davantage notre partenariat qui est très fort sur le plan politique, parce que nous avons des dialogues réguliers entre l'Union européenne et le G5 Sahel; nous avons des réunions annuelles avec les ministres des affaires étrangères du G5 Sahel et moi-même pour renforcer la coopération dans différents domaines qui sont d'intérêt commun comme la Libye ou d'autres situations comme le processus de paix au Mali et d'autres questions sur lesquelles nous travaillons ensemble et qui sont prioritaires pour les deux régions, l'Europe et le Sahel.

La prochaine de ces réunions ministérielles que j'aurai avec nos partenaires au Sahel sera notamment à Ouagadougou en juillet prochain. Nous avons aussi utilisé cette opportunité aujourd'hui pour préparer cette échéance.

Nous sommes aussi des partenaires dans les domaines de la sécurité et de la défense. Nous avons déjà fourni environ 147 millions d'euros pour la création de la Force Conjointe du G5 Sahel. Nous avons discuté de la meilleure façon d'arriver à une opérationnalisation complète de la Force Conjointe, des défis auxquels il faut encore faire face, et de la coopération que nous avons dans le domaine de la sécurité et de la défense, en particulier la lutte contre les groupes terroristes et les réseaux criminels dans la région, aussi avec nos deux missions au Mali [EUTM Mali, EUCAP Sahel Mali] et une mission au Niger [EUCAP Sahel Niger].

Notre soutien et partenariat est également fort sur l'aspect de l'aide au développement. L’Union européenne, avec ses États membres, est le principal donateur de la région avec 8 milliards d’euros sur la période 2014-2020. Nous avons aussi discuté d'avoir une approche intégrée plus efficace encore dans le futur.

Je dois dire que nous avons eu un très bon échange, très franc et très constructif, où nous avons décidé de poursuivre dans différents domaines d'action, certaines mesures qui sont nécessaires pour différents aspects. Nous avons donc décidé d'aller de l'avant pour renforcer encore plus cette coopération qui est essentielle pour la sécurité et la stabilité de l'Europe-même.

We then started our meeting with the European Union Member States’ Defence Ministers.

We started with the usual session with NATO. The Deputy Secretary-General of NATO Rose Gottemoeller joined us for a working lunch. We have never had such a good level of cooperation with NATO. Today we discussed in particular our common work on hybrid threats, and we have decided to continue working closely together. I will present in June the joint [progress] report together with Jens Stoltenberg, NATO Secretary-General, on our common projects that we have launched in the last years.

We then continued with the Defence Ministers only with a state of play of the Permanent Structured Cooperation [PESCO] projects. I think that close to 18 months after the launch of PESCO, a common assessment is that the implementation is progressing rapidly and well.

We have 34 projects that are existing now. Most of them are obviously still in the initial phase. Most of them have been launched one year ago, or even less, but we already see today an increase in both the defence budgets level and the joint defence investments. The common assessment has been that the implementation is proceeding well.

There is one point that is still under discussion among Member States and that is the Council Decision regarding the participation of third States in PESCO projects. I hope that the Member States will find common view on this by the June Council so that we can take a decision on that.

Link to the opening remarks: https://audiovisual.ec.europa.eu/en/video/I-172116

 

Q&A

Q. Could you tell us what discussions you had following the letter from the US expressing serious concerns about the way PESCO was progressing with regards to third countries?

Discussions are ongoing among Member States, so obviously I will not comment on an outcome that is not there yet.

As I said, I hope that the decision can be taken as soon as possible. The less uncertainty there is the better it is, because I think it is creating unnecessary agitations. But obviously, we are preparing together with the Commission, in agreement with Member States also, a clear and complete reply to the concerns of the US administration.

Let me be very clear already, and we share this with Member States, that the European Union is and remains open to US companies and equipment. The PESCO projects are an additional element that comes on top of everything we have already in place when it comes to cooperation, including on defence, industrial and research projects.

Let me also say that at the moment the EU is actually much more open than the US procurement market is for the European Union companies and equipment. In the EU there is no “Buy European Act" - and around 81% of international contracts go to US firms in Europe today. I do not see real reasons for concern.

As I said, the PESCO projects are not substituting nor changing the procurement rules and are not substituting any other projects that are already ongoing. They are an additional instrument that is aimed at incentivising, increasing cooperation among the EU Member States that are participating in that particular PESCO project.

It is a circle that is intended to go deeper and that, by definition, is more restricted than even the membership of the European Union at 28. It is not defined to be an instrument for partnership, we have other instruments for partnership. It does not substitute other partnerships, including in the defence industry and research that we have already in place and that are essential for us.

Q. Sur le Sahel, la dégradation de la situation sécuritaire sur place a été lourdement mentionnée dans les conclusions du Conseil hier et notamment toutes les causes profondes que l’on peut trouver sur place dans la région. Puisque l’Union européenne est impliquée dans le soutien à ces pays depuis de longues années, notamment avec les missions EUTM, au cours de la réflexion, n’y-a-t-il pas eu des idées qui émergent sur ce que l’Union européenne pourrait faire de plus, de mieux, voire différemment? Est-ce qu’on n’a pas une part de « responsabilité » dans cette dégradation de la situation ?

Nous avons eu cette réunion effectivement précisément pour discuter de la manière de faire face à cette situation, en effet assez paradoxale, que les efforts que ce soit du côté du G5 Sahel et des pays qui en font partie, ou du côté de l’Union européenne et de ses États membres, augmentent mais la situation sécuritaire se détériore.

La première réaction serait d’imaginer quel type de situation nous pourrions sur le terrain si nous n’avions pas investi tellement d’efforts et de ressources matérielles et financières pour prévenir certains développements qui pourraient être encore pire aujourd’hui si nous n’étions pas là.

Ceci étant dit, il est clair que nous avons surtout réfléchi aujourd’hui à la façon de faire face à ces défis de manière plus efficace car il faut mesurer l’efficacité de notre coopération dans le domaine de la sécurité, surtout lorsqu’il s’agit du défi terroriste et des réseaux criminels dans la région, sur la base de résultats.

Nous avons donc étudié certains axes de travail sur lesquels nous allons nous concentrer dans les prochains mois.

Premièrement, comme je le disais, une opérationnalisation complète de la Force Conjointe est nécessaire, respectant les cadres de conformité des droits de l’Homme, ce qui est extrêmement important pour restaurer la confiance des populations dans les forces de sécurité et de défense, en insistant aussi sur la composante police qui peut jouer un rôle très important, surtout en matière de lutte contre les organisations criminelles et réseaux de trafic en tous genre.

Nous avons aussi fait un point sur la nécessité de relancer et d’investir dans les processus de dialogue et de réconciliation puisque l’on voit que les violences communautaires augmentent dans certaines régions, et menacent gravement la cohésion nationale de certains de ces pays. Nous avons beaucoup insisté sur ce point-là et sur la nécessité de désarmer effectivement les milices dans certaines de ces régions, en particulier dans le centre du Mali et au Burkina Faso.

Nous avons aussi insisté sur l’appui que nous pouvons donner au travail que les autorités de ces pays sont en train de mener pour redéployer l’autorité et les services de l’État dans les zones sensibles. Je pense aux écoles qui ont été fermées, aux services publics qui ont été suspendus à cause d’une situation sécuritaire difficile, mais qui réduisent encore plus l’espace de vie normale des populations dans ces régions difficiles.

Nous avons aussi insisté sur la nécessité de travailler davantage ensemble sur la réforme des appareils sécuritaires, y compris sur le comportement des forces de sécurité et de défense qui doit être exemplaire. Nous avons discuté de la nécessité de ne pas avoir d’impunité, ce qui est très important pour s’attaquer aux causes de la perte de confiance de la population civile dans les forces de sécurité.

Enfin, également très important, nous avons discuté de la volonté de travailler davantage ensemble pour l’accélération de la mise en œuvre de l’accord de paix au Mali qui peut jouer un rôle très important, voire déterminant, non seulement pour la sécurité dans le pays et dans la région, mais aussi pour la revue du mandat de la MINUSMA qui sera discuté en juin prochain et que nous souhaitons être à la hauteur des enjeux.

J’espère avoir été plus complète dans ma réponse. Nous avons eu une discussion très approfondie, très positive, très franche, et très utile. Nous nous sommes mis d’accord sur le fait que nos équipes ont développé ces différents axes d’action, qui font déjà partie de notre action commune, mais sur lesquels nous voulons investir encore plus, de façon à ce que lorsque j’irai à Ouagadougou au mois de juillet pour la réunion ministérielle, nous pourrons faire le point sur ces différents plans d’action de façon très opérationnelle.

Q. E' l'ultimo Consiglio prima delle elezioni europee e lei in questi cinque anni, per unanime consenso, ha portato l'ufficio dell'Alto Rappresentante ad un peso notevole. Si può fare un bilancio di questi cinque anni?La seconda domanda è molto più italiana: rimango abbastanza stupito dagli articoli che appaiono su di lei sulla stampa italiana. Mentre lei è abbastanza apprezzata a Bruxelles, sulla stampa italiana appaiono a volte articoli anche abbastanza violenti nei suoi confronti. Volevo capire se lei si è data una spiegazione di questa discrasia tra l'atteggiamento della stampa internazionale e quella italiana nei suoi confronti.

Non voglio deludere un collega italiano, ma devo dire che non mi sono particolarmente posta la domanda. Sappiamo bene che il contesto del dibattito politico italiano è piuttosto particolare. Ho l'abitudine, credo sana, di concentrarmi più sul mio lavoro che sulla lettura degli articoli di stampa che mi riguardano. So che non è un'abitudine molto frequente in chi fa il mio lavoro. Ma è una sana abitudine di igiene mentale. Può essere un buon approccio e può preservare una certa serenità. Grazie comunque per la domanda.

Ho già risposto una volta a un collega in sala. Io cercherò di fare un bilancio dei cinque anni alla fine dei cinque anni.

Contrariamente a molti dei miei colleghi che hanno nell’attività con il Parlamento il centro del loro lavoro, nel mio caso quando si tratta di sicurezza, di difesa, di politica estera - fino all’ultimo minuto in cui sono in carica, come vedete tutti i giorni, tutte le ore - i dossier di cui occuparsi a tempo pieno non mancano. La mia attività istituzionale non rallenta e non segue il calendario né politico né istituzionale dell’Unione europea, ma segue i fatti del mondo e le grandi sfide della sicurezza, della difesa e della politica estera attuale che sono più serie di ora in ora.

Il tempo per bilanci ancora non ce l’ho. Spero di averlo da novembre in poi, quindi ci rivediamo tra qualche mese per trarre qualche bilancio.

Però forse una cosa posso dirla a conclusione di questo Consiglio difesa. Se c’è un settore – ce ne sono molti nel campo della politica estera e della difesa – ma se c’è un settore su cui provo grande soddisfazione - anche e soprattutto per il modo in cui siamo riusciti a lavorare costruendo unanimità tra i Paesi membri e sinergie mai create prima tra le diverse istituzioni dell’Unione europea (Parlamento, Commissione, Consiglio, diverse formazioni del Consiglio, Agenzia europea della difesa) - è il campo della difesa dove siamo riusciti veramente in questi ultimi 2-3 anni a fare più di quanto non sia stato fatto nei decenni precedenti nell’Unione europea. Anche se sarà un lavoro che porterà frutti tangibili soprattutto nel campo degli investimenti della difesa e della ricerca, nel settore industriale europeo, credo che questo sia uno degli elementi di « Legacy » che mi rende più orgogliosa.

Q. Depuis l’adoption de l’accord d’Alger pour la paix au Mali, on voit comment cet accord peine à se mettre en place, pour toute une série de raisons, l’absence de sanctions qui sont prises à l’égard des différents groupes ethniques ou milices qui sont impliqués dans le conflit, et on voit les conséquences sur la paix pour le G5 Sahel. J’aimerais savoir dans les discussions que vous avez eues aujourd’hui si cette question a été abordée et comment encourager, accompagner le Mali à mettre en place ces sanctions? Qu’est-ce qui a été dit concrètement par rapport à cet aspect-là ?

Le soutien à la mise en œuvre de l’accord de paix et de réconciliation au Mali a été un des points de nos discussions, non seulement lors de la réunion des ministres mais aussi lors de mes échanges au niveau bilatéral avec les ministres du Mali.

Je ne pense pas pouvoir partager en détail à ce stade les différentes pistes d’action que nous sommes déjà en train de mettre en place et que nous pourrons développer davantage, mais je suis sûre que nous pouvons partager avec vous les données sur le soutien que l’Union Européenne est en train d'apporter à ce processus.

J'ai moi-même rencontré deux fois - une fois à Bamako et une fois ici à Bruxelles - certains des interlocuteurs clés dans ce processus, pour encourager, soutenir et passer des messages assez durs quand il le faut, afin de souligner l’importance de s’investir sérieusement dans la mise en œuvre de cet accord qui est fondamental.

J’ai reçu aujourd’hui des messages de réassurance de la part des autorités du Mali, notamment du ministère des affaires étrangères [Tiébilé Dramé], notamment sur la volonté de mettre en œuvre l’accord avec toute la détermination nécessaire et j’ai confirmé la volonté ferme et totale de l’Union européenne et ma volonté personnelle d’accompagner ce processus avec tous les moyens que nous avons.

Je suis sûre que lors d'une prochaine visite à Bamako – je l'espère- j’aurais l’occasion d’en discuter encore plus en profondeur. Mais le soutien que l’Union européenne est en train de donner à la mise en œuvre de l’accord, soit du point de vue politique, soit du point de vue financier, est déjà consistant.

Je n’ai pas les données maintenant avec moi mais je suis sûre que mon équipe pourra échanger avec vous les chiffres et les différentes actions que nous sommes déjà en train de mettre en œuvre pour accompagner le processus - bien sûr pas seulement nous, mais avec les autres partenaires internationaux.

Q. Could you tell us what practical results are already there? Could you name several projects that are the most advanced, the most close to their readiness? You said that the percentage of investment increased. Could you tell us some numbers?

We have noticed that, in parallel with the launch of the European Union Defence Initiative in these last couple of years, the national budgets of most Member States dedicated to defence investments have increased.

Obviously, as I have always said, this is a national decision, a national productive that lies in the hands of national governments and national parliaments. But I think it is not by coincidence that the two things have happened at the same time.

This is obviously something that is also noticed in the NATO headquarters as a positive and encouraging sign and as a proof of the fact that investing in the European Union defence is also a way of strengthening the European Union Member States’ capacity to respond to capability gaps and increase their defence budget, which is also good for NATO as much as these EU Member States are also NATO allies.

This is somehow natural, because the moment you incentivise European Union Member States’ cooperation on defence initiatives, they are also encouraged to dedicate specific resources to especially industrial and research projects that are relevant to fill the gaps when it comes to capability.

There are many projects that are bringing good results also here. I can mention one flagship project when it comes to both relevance for this work we are doing in the European Union for NATO, but also a flagship project when it comes to interinstitutional cooperation among the EU institutions which is quite extraordinary, which is the military mobility, where we started the work one year and a few months ago and today we are advancing very well.

That implies different strands of work including the work that we are doing with the Commission with my colleague [Commissioner for Transport] Violeta Bulc, including work on regulation and legislation. It is covering a set of fields of action from investments, to normative issues that only the European Union can take in a concrete and concerted manner, at the service of both the security of the Member States but also of the effectiveness of NATO mobility.

This is maybe the single project that I would mention if I had to mention one in terms of results that have been already - I could not say achieved because we are still again only one plus year since it was launched - but at a very good level of advancement and where added value is already very clear and self-evident for all.

Link to the Q&A: https://audiovisual.ec.europa.eu/en/video/I-172117