Délégation de l'Union européenne en Mauritanie

Déclaration conjointe de Federica Mogherini, haute représentante de l'UE pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, et Pramilla Patten, représentante spéciale des Nations unies chargée de la question des violences sexuelles commises en péri

Brussels/New York, 18/06/2019 - 12:00, UNIQUE ID: 190617_18
Joint Statements

Déclaration conjointe de Federica Mogherini, haute représentante de l'UE pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, et Pramilla Patten, représentante spéciale des Nations unies chargée de la question des violences sexuelles commises en période de conflit, à l'occasion de la Journée internationale pour l’élimination de la violence sexuelle en temps de conflit

À l'occasion de la Journée internationale pour l’élimination de la violence sexuelle en temps de conflit, l'Union européenne et les Nations unies unissent leurs voix pour inviter la communauté internationale à redoubler d’efforts afin d'éliminer le fléau des violences sexuelles, quelles qu'elles soient, y compris lorsqu'elles servent de stratégie de guerre et de tactique de la terreur.

 

La violence sexuelle en temps de conflit constitue une grave violation des droits humains, qui a des effets dévastateurs sur le plan physique, psychologique et social. Elle entrave en outre le développement économique, la cohésion sociale et le maintien d'un climat de paix et de sécurité durable. Si les femmes et les filles sont de très loin les premières cibles, aussi bien en temps de guerre qu'en temps de paix, les hommes et les garçons sont aussi touchés. 

 

La violence sexuelle est un crime qui peut être empêché, elle n'est pas une fatalité. C'est pourquoi la Commission européenne et les Nations unies se sont engagées à renforcer encore leur action en matière de prévention, de protection et de poursuites, mais aussi d'aide globale aux victimes, afin de les aider à reconstruire leur vie et à rétablir leurs moyens de subsistance au sein de leurs communautés.

 

À cette fin, le Conseil de sécurité des Nations unies a appelé à adopter une démarche centrée sur les victimes ayant survécu, qui englobe à la fois les mesures de prévention et les mesures de réaction aux violences sexuelles commises dans le cadre de conflits, afin de renforcer la résilience des personnes touchées et de réduire le plus possible le risque d'exclusion, de mise à l'index et de représailles. Il est donc essentiel de garantir à ces victimes l’accès à un large éventail de services de qualité, notamment en ce qui concerne les soins médicaux, les soins de santé sexuelle et génésique, l'aide psychosociale, l'assistance juridique et l'aide au rétablissement de leurs moyens de subsistance.

 

L'UE et les Nations unies ont collaboré à des projets concrets, tels que l'initiative lancée en République démocratique du Congo, qui a contribué à créer des cellules spéciales pour la répression des infractions de violences sexuelles, afin d'aider les autorités militaires à traduire en justice les auteurs d'infractions graves, et notamment de violences sexuelles. Ce projet a permis d’identifier et de poursuivre les auteurs au sein des forces de sécurité nationales et des groupes armés, qui auraient sinon continué à sévir en toute impunité. 

 

Enfin, nos actions ne peuvent avoir des effets durables que si elles s’accompagnent d’un changement de regard et d'une prise de conscience de la part de la société, en amplifiant la voix des victimes et en permettant aux femmes de participer aux processus de décision politique et aux processus de paix. Les États, les organisations internationales et régionales, le secteur privé et la société civile ont toutes et tous un rôle à jouer pour lutter contre les normes sexistes délétères et empêcher les violences sexuelles.

 

Aujourd’hui, nous nous engageons à poursuivre notre coopération pour mettre fin à l’impunité des auteurs de violences sexuelles en période de conflit et garantir aux victimes l’accès à la justice, à la protection et aux services qui leur sont destinés. Leur voix, leurs droits et leurs besoins doivent guider les mesures que nous prendrons pour instaurer des sociétés plus équitables et plus pacifiques.

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